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Je me lève un samedi matin. Je me rends dans la cuisine pour prendre un café. Là se trouve ma petite dernière de 4 ans qui prend son petit-déjeuner. À l’improviste, elle me lance : « Tu sais papa, je l’aime ta femme ».

Mes enfants savent que Sophia est plus que leur mère, c’est ma femme. En tant que telle je la défends. Quand ils entendent « Fais attention à la manière dont tu t’adresses à ma femme », ils savent que le lion est sorti de sa cage.

Nous vivons dans une société qui désacralise le mariage constamment. Et pourtant, cette sainteté du mariage, sa mise à part, est ce qui le rend si beau. Une beauté qui se protège.

Les valeurs liées à la famille et au mariage sont raillées, dépréciées, rejetées par la société. Et pourtant…nos contemporains avouent très rapidement que l’immoralité les attire, mais que les valeurs de la famille sont « belles ». On ne dit plus que s’abstenir avant le mariage « c’est bien », mais souvent on entend que « c’est beau ». On ne dira pas de deux septuagénaires qui se tiennent encore par la main après 50 ans de mariage que « c’est moralement bien », mais on dira quand même que « c’est beau ». Notre société, sans l’avouer, soupire après la sainteté du mariage.

 

La pureté du mariage

Nous vivons dans une société qui a soif de pureté.

Littéralement. Même si l’eau du robinet est potable, il y a 175 bouteilles d’eau vendues chaque seconde en France. Les français aiment l’eau pure. En France, le marché bio explose et s’approche des 10 milliards d’euros en chiffre d’affaire annuel. Nous aimons la nourriture saine et pure.

Nos cinq sens raffolent de ce qui est pur. On aime faire vibrer nos papilles de nourriture et de boissons pures, on aime aussi voir ce qui est pur. On aime la beauté de l’or pur ou d’un joyau pur, comme on aime avoir la peau pure.  On aime voir un pur-sang courir, comme la pureté des dribbles réussis d’un footballeur qui s’est entrainé toute sa vie à cela ou les beaux gestes d’autres athlètes. La pureté, on a aussi envie de la sentir. L’air pur de la campagne ou les parfums purs de fragrances raffinées. On aime entendre des albums de musique où le son est pur, c’est pour cela qu’on enregistre dans des studios bien isolés et pas la fenêtre ouverte à côté du périph. On aime toucher ce qui est pur. Laisser ses empreintes sur le sol un lendemain de neige, caresser la peau d’un bébé.

Et c’est comme cela que Dieu a conçu le mariage, pour qu’il soit beau, pur, nettoyé des saletés qui déconstruisent nos vies. L’auteur de l’épitre aux Hébreux le résume bien :

Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure : ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle et à l’adultère, Dieu les jugera. (Héb 13.4)

Le but du mariage, avant tout, est la sainteté. Le rôle primaire du mari comme de l’épouse, c’est de grandir en sainteté :

Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Église. Il s’est donné lui-même pour elle afin de la conduire à la sainteté après l’avoir purifiée et lavée par l’eau de la parole (Eph 5.25-26).

 

L’institution du mariage

Trois des dix commandements concernent la famille, que ce soit l’honneur aux parents, l’interdiction de l’adultère ou de la convoitise. C’est au centre du cœur de Dieu. L’institution du mariage est aussi l’un des premiers actes après la création. Comme si Dieu avait hâte de l’instaurer. Il a inventé le concept, et il l’a institué pour l’équilibre et le bonheur de sa création, et pour refléter sa propre image. Le mariage est sacré pour Dieu, mis à part, et il est directement impliqué dans le processus de lier deux êtres ensemble. Ainsi enseigne Jésus :

Il répondit: «N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, a fait l’homme et la femme et qu’il a dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’un ? Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu’un. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.» (Mat 19.4-6)

Dieu unit deux êtres par le mariage. C’est un lien spirituel et divin, sacré.

Il y a quelques temps Emmanuel Macron a dit dans un de ses discours : « nous devons redéfinir ce qu’est la famille ». Le bilan sociétal est celui de familles éclatées, de relations à court-terme, de la perte de communauté au profit de l’individualisme. Les valeurs de la famille ont été attaquées pendant des décennies et n’ont connu que très peu de défenseurs. Le témoignage de couples et de familles qui connaissent l’équilibre et la puissance de l’Évangile est extrêmement pertinent et nécessaire.

Quand Dieu institue le mariage, il le fait aussi en termes d’alliance sacrée. Et comme toute alliance, elle se fait avec témoins, de manière officielle et engage autant de responsabilités que de privilèges. La désacralisation moderne du mariage encourage à goûter aux privilèges sans les responsabilités, et a transformé une pratique communautaire en pratique individualiste où chacun fait ce qu’il veut sans soumission et respect ni à Dieu ni à son prochain.

 

Le surnaturel du mariage

Le mariage est une invention divine. Quand Dieu donne la recette : 1+1=1, c’est au-dessus de la logique humaine. Le mariage biblique, c’est de devenir un avec une autre personne, de tout donner. C’est tout bonnement surnaturel et impossible sans l’aide du Créateur. Un auteur écrivait : « le mariage sur Terre se rapprochera autant du ciel que Dieu y est présent, et autant de l’enfer que le diable y est présent. »

Le mariage représente le cœur de Dieu, un cœur qui se donne sans compter, qui aime sans limites et inconditionnellement. Dans la Bible, le mariage est un échange perpétuel de cadeaux où l’on se donne librement et entièrement, et où l’on reçoit l’autre entièrement comme il est.

« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Cant. 6.3) dit le chant de Salomon. Chacun appartient à l’autre. C’est surnaturel, et la clé d’une relation de couple réussie selon Dieu.

Le mariage est aussi une grâce directe de Dieu, un cadeau immérité : « Celui qui trouve une femme a trouvé le bonheur ; c’est une faveur qu’il a reçue de l’Eternel » (Prov 18.22). Recevoir de Dieu un conjoint est un cadeau qui se découvre et se redécouvre à chaque étape de la vie partagée, et avec un esprit de reconnaissance.

 

Implications

Le mariage est sacré. C’est un fait. Quelles en sont les implications ?

  • Parce que le mariage est sacré, je peux être fier de sa beauté et m’en réjouir
  • Parce que le mariage est sacré, je l’approche de manière spirituelle et en dépendant de Dieu
  • Parce que le mariage est sacré, je l’accepte comme un don immérité de Dieu avec reconnaissance et humilité
  • Parce que le mariage est sacré, je dois œuvrer à ma propre sanctification et constamment cheminer vers la pureté
  • Parce que le mariage est sacré, je dois protéger mon couple, défendre mon conjoint, nourrir cette relation, donner à mon couple une place d’honneur et prioritaire
  • Parce que le mariage est sacré, je peux être encouragé de savoir que Dieu est présent dans cette relation et engagé pour son épanouissement
  • Parce que le mariage est sacré, je sais avec optimisme que malgré les hauts et les bas qui résultent de nos péchés ou des circonstances, Dieu sera toujours mon défenseur et mon soutien pour que je persévère
  • Parce que le mariage est sacré, je peux avoir la confiance que Dieu va utiliser mon mariage pour témoigner de sa gloire au monde, si je vis dans l’obéissance
  • Parce que le mariage est sacré, je sais que tout investissement dans cette relation, motivé par la foi, ne sera pas vain mais aura un fruit éternel et plaira à Dieu
  • Parce que le mariage est sacré, je défends sa sainteté comme Dieu a défendu la sienne, en mourant à moi-même et étant au service de ma famille
  • Parce que le mariage est sacré, je peux avoir la conviction que construire mon mariage me mènera vers une vie plus équilibrée et plus fructueuse
  • Parce que le mariage est sacré, je considère sa dissolution seulement en dernier ressort, en suivant les instructions bibliques et autant que possible les conseils des responsables de mon Église locale

 

 

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