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Avec la crise sanitaire, de nombreuses Églises se sont vidées. La couverture médiatique de l’épisode de Mulhouse nous a certainement poussé à faire du zèle en matière d’isolement et de témoignage public de soumission aux consignes gouvernementales. Alors qu’un an plus tard la pandémie continue, les raisons légitimes de se confiner restent nombreuses.

Aujourd’hui les Églises sont ouvertes, mais toutes ne se remplissent pas comme avant. Face à une situation unique et confuse, la dernière chose que nous voudrions faire serait de juger les autres trop rapidement. Cependant, il est aussi important pour chaque croyant d’évaluer son propre cœur vis-à-vis de son comportement face à la crise.

Ci-dessous, 7 questions de cœur à se poser pour tous ceux qui ne viennent plus à l’Église à cause du COVID.

Suis-je cohérent ?

Une sœur de l’Église me partageait : « Entre mon travail, les courses et la vie quotidienne, l’endroit où je me sens le plus sûr sur le plan sanitaire est l’Église ». Les Églises évangéliques ont en effet mis en place des protocoles strictes pour la plupart. Dans notre assemblée, au bout d’un an d’épidémie, aucune contamination interne entre membres de familles différentes n’a été recensée. Ceci n’empêche pas qu’elles pourraient arriver, cependant c’est important de prendre en compte que les « risques » à l’Église sont peut-être moindre qu’ailleurs. Et si nous sommes prêts à prendre des « risques » pour des activités diverses et peut-être secondaires, pourquoi adopterions-nous un traitement plus sévère vis-à-vis de l’église locale ?

Suis-je motivé par la peur ?

Pendant les crises sanitaires au cours de l’histoire, les chrétiens ont souvent été au premier rang et au service des plus démunis, à cause de leur assurance de salut et de vie éternelle. Non pas qu’il ne faille pas être prudent et sage, mais ce ne devrait pas être la peur qui nous motive, peu importe nos choix. Que ce soit face au virus lui-même ou face aux critiques des autres sur la nécessité de l’ouverture des Églises alors que d’autres lieux sont fermés, Dieu nous appelle à faire confiance en lui.

Suis-je trop attaché aux cultes confortables ?

Les cultes sous protocoles sont différents. Les masques, la distance, les restrictions…tout cela donne une expérience « diminuée » des cultes. Pour beaucoup, on finit par s’habituer, pour d’autres c’est une véritable épreuve à chaque fois. Mais Dieu ne mérite-il pas nos cultes, même si cela nous coûte ?  Même avec les limites, l’amour fraternel et l’adoration sont encore au rendez-vous lors des cultes. Nos aïeux les Huguenots ont adoré Dieu dans des forêts à voix basse et au risque de leur vie, ça met les choses en perspective.

Suis-je fidèle en amour ?

La marque principale du christianisme, c’est l’amour. Notre amour pour Dieu, notre amour les uns pour les autres. Nous ne pouvons pas vivre cet appel sans prendre des initiatives pour aller au contact des autres, et au contact de Dieu.  Dans tous les cas, dans une situation comme la nôtre, il est important de regarder si notre amour n’est pas en train de refroidir. Ce sont dans les moments de crise où nous avons encore plus besoin d’amour, et où chaque croyant peut encore plus briller par la mise en pratique de ses dons spirituels. En s’écartant de l’Église non seulement nous nous privons nous-mêmes, mais nous privons les autres de ce que Dieu peut faire pour eux au travers de nous.

Suis-je attristé par les limites des cultes en ligne ou l’absence de cultes ?

Je suis convaincu que les cultes en ligne sont nécessaires et une bénédiction pour de nombreuses personnes. Seulement, ils ne peuvent pas remplacer l’Église locale, et ses réalités de participation, d’édification réciproque, de consécration publique qui honore Dieu, de moment unique sacré partagé en communauté, d’opportunités imprévues que Dieu permet. Malgré de nombreux points forts des cultes en ligne, ses limites devraient au moins nous attrister.

Ma foi est-elle ma priorité ?

L’adoration à laquelle Dieu nous appelle est une adoration où Dieu mérite le 1er rang. C’est pour cela que le culte chrétien est si important, il rythme nos semaines, nos vies, s’ancre comme pilier de notre adoration. Malheureusement un des risques des cultes en ligne c’est de traiter Dieu comme un autre produit de consommation que nous consommons seulement quand nous en avons envie, et souvent avec un engagement plus distant de l’âme. Ces moments de tests ne sont-ils pas de belles opportunités pour discerner les idoles de nos cœurs et y renoncer ?

Suis-je un bon témoin pour mon entourage ?

Suite à Mulhouse, l’Église a fait du zèle pour avoir un témoignage de sérieux et de prudence vis-à-vis de l’État. Cependant, l’État n’est pas notre seul auditoire. Une dame de notre Église confiait « Quel témoignage je donne à mes enfants si je ne vais plus à l’Église quand c’est difficile ? » Selon notre entourage, certaines décisions peuvent être soit un encouragement, soit une occasion de chute. La sagesse et la prière doivent nous éclairer.

La question de présence à l’Église ou non doit rester une décision personnelle, de conscience et de sagesse. Je ne voudrais surtout pas lancer un jugement hâtif, mais aider chacun à s’examiner lui-même. Sans minimiser la crise sanitaire, nous devons aussi faire attention de ne pas minimiser la crise spirituelle qui affecte de nombreuses assemblées.

Si dans votre situation vous jugez plus sage de ne plus participer aux cultes en présentiel, voici quelques pistes d’encouragements :

  1. Préservez un moment mis à part pour rendre un culte à Dieu
  2. Trouvez des opportunités pour utiliser vos dons spirituels
  3. Restez connectés aux frères et sœurs
  4. Priez avec zèle pour votre Église locale

 

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