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Depuis plus d’un an, les jeunes parlent avec beaucoup de conviction de cet « ennemi qui vole la jeunesse » : le COVID et ses restrictions. Cependant, le manque « d’expériences » n’est certainement pas le plus grand ennemi de nos jeunes. Un nombre croissant de croyants, et pas seulement les jeunes, s’attristent d’années « volées » par un combat contre la pureté qui souvent inflige une double peine : une relation avec Dieu définie par la honte, plus une confiance en soi détruite par cette même honte.

Mais est-ce vraiment ce que Dieu souhaite ?

L’idolâtrie sexuelle, omniprésente dans notre société rend le combat particulièrement difficile. Les tentations n’ont jamais été aussi proches et accessibles. Les mauvaises expériences vécues de plus en plus tôt rendent aussi le champ propice aux récidives. Pour certains, la lutte durera toute la vie. La pureté est probablement l’un des plus grands combats de l’Église d’aujourd’hui et de demain, nous ne pouvons pas l’ignorer. Et bien sûr, ce que l’ennemi souhaite plus que tout autre chose, c’est que les croyants baissent les bras, perdent confiance, et vivent des vies spirituelles médiocres.

Ce qui nous mène à notre question : La honte doit-elle me définir si je lutte avec la pureté ? 

 

1. La honte nous protège du péché

Avant l’apparition du péché, la honte n’existait pas. C’était un concept étranger : « L’homme et sa femme étaient tous les deux nus, et ils n’en avaient pas honte » (Genèse 2.25). Mais dès que le péché prend racine, la honte prend le dessus. Adam et Ève se cachent. Ils perdent confiance, ils sont perdus, ils s’éloignent de Dieu. Ils ont honte et cette honte les isole des bénédictions de Dieu.

Tout de suite Dieu intervient. Il leur fait verbaliser leur faute, prendre conscience du mal qu’ils ont fait, et immédiatement prend l’initiative de couvrir leur honte. Une fois qu’il y a eu une prise de conscience face au péché et un désir d’obéissance à Dieu, la honte a fait son travail, elle n’a plus raison de perdurer.

La honte est nécessaire. En confrontant les multiples péchés et écarts de l’Église de Corinthe, Paul ajoute plusieurs fois dans sa lettre « Je le dis à votre honte » (1 Cor 6.5, 15.34). L’apôtre met également l’Église d’Éphèse en garde : les œuvres du monde sont honteuses, il faut au contraire chercher à plaire à Dieu (Eph 5.10-12). Le Psalmiste s’engage de même dans l’obéissance pour ne pas vivre dans la honte : « 5Que mes actions soient bien réglées, afin que je respecte tes prescriptions ! 6Alors je ne rougirai pas de honte devant tous tes commandements. » (Psaume 119.5-6).

L’absence de honte face au péché est dangereuse. Comme l’indique le prophète : « celui qui est injuste ne connaît pas la honte » (Sophonie 3.5).  Les cœurs endurcis ne connaissent pas l’avertissement de la honte qui protège du péché.

 

2. La honte disparaît avec la repentance

La honte, c’est le goût amer du péché qui reste dans la bouche. Seulement, ce goût n’est pas voué à perdurer. Le péché doit être « digéré » et évacué. C’est vraiment cela le but de la repentance : la digestion du péché qui permet de l’évacuer pour passer à autre chose.

La honte qui perdure est signe d’une repentance qui n’est pas finie : soit parce que cette repentance n’est faite qu’à demi mesure, soit parce que les mensonges de Satan nous font croire que la repentance est inefficace et que le sacrifice de Jésus n’est pas suffisant.

Si la honte persiste, il est important d’examiner si la repentance biblique a bien eu lieu comme l’a décrit l’apôtre Paul :

10En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance qui conduit au salut et que l’on ne regrette jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. 11Cette même tristesse selon Dieu, voyez quel empressement elle a produit en vous! Quelles excuses, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition! Vous avez démontré à tout point de vue que vous étiez purs dans cette affaire. (2 Cor 7.10-11)

La repentance selon Dieu est une tristesse qui ne dure pas (2 Cor 7.8) et qui mène au changement, à des désirs rétablis de servir Dieu, à une crainte de Dieu renouvelée, à un engagement de correction des fautes commises. Cette repentance est aussi un changement d’attitude et d’habitudes, où les pratiques pécheresses sont remplacées par des pratiques qui honorent Dieu :

22On vous a enseigné à vous débarrasser du vieil homme qui correspond à votre ancienne manière de vivre et se détruit sous l’effet de ses désirs trompeurs, 23à vous laisser renouveler par l’Esprit dans votre intelligence 24et à vous revêtir de l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté que produit la vérité. (Eph 4.22-24).

Si le changement en maturité prend du temps, le changement de direction de cœur cependant est immédiat. C’est ce qui permet à la confiance de revenir après les chutes et à l’amertume de la honte de disparaître. En pratiquant la vraie repentance, qui implique un véritable combat contre le péché, le croyant peut se relever et avancer vers la victoire malgré les échecs.

La Bible nous appelle à une pleine confiance dans les moyens libérateurs que Dieu nous a donnés : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun » (Héb 4.16). La grâce de Dieu et son pardon sont toujours au rendez-vous pour ceux qui viennent les chercher avec un cœur repentant.

Ainsi le prophète écrit suite aux infidélités d’Israël : « N’aie pas peur, car tu ne seras pas couverte de honte. Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée. Au contraire, tu oublieras la honte de ton adolescence » (Ésaïe 54.4). La restauration de Dieu supprime la honte.

 

3. Jésus a porté notre honte

Sur la croix, Jésus a porté notre honte pour que nous puissions en être allégés. Il a porté nos douleurs, nos souffrances, nos humiliations (Ésaïe 53.4-5). Non seulement Jésus a porté le poids de nos fautes pour que nous puissions être libérés une fois pour toutes, mais il œuvre aussi au quotidien pour purifier notre conscience des péchés passés :

« Si tel est le cas, le sang de Christ, qui s’est offert lui-même à Dieu par l’Esprit éternel comme une victime sans défaut, purifiera d’autant plus votre conscience des œuvres mortes afin que vous serviez le Dieu vivant! » (Héb 9.14).

Même en tant que pécheur, il est important de savoir que nous pouvons avoir une bonne conscience, si notre foi est en Christ. Il est puissant pour purifier. Et il fait cela afin que vous serviez le Dieu vivant.  En Christ, Dieu nous donne les outils pour le servir, rester actifs, rester engagés, confiants, malgré le fait que nous sommes tous en cheminement avec des luttes et des chutes.

Bien sûr, l’Église doit aussi être vigilante face à la nature, la fréquence et la profondeur des chutes de ses membres qui servent, pour ne pas tomber dans l’hypocrisie. Et tout particulièrement dans le domaine de la sexualité qui affecte autant les relations. Ainsi, si la pureté est une lutte pour vous, pour vous protéger et aussi protéger votre assemblée il est important d’être honnête avec au moins un responsable de confiance à qui vous pouvez vous ouvrir. Le renfermement sur soi n’est pas une bonne solution.

La bonne nouvelle c’est que la victoire a déjà été obtenue par Christ. Par la puissance de Dieu, il a affronté un déluge de honte plus intense que tout ce que nous pourrions imaginer, et il a porté tout cela avec joie, connaissant sa récompense.  Plus nous demeurons en lui, plus nous goûterons au fruit de sa persévérance :

« Nous donc aussi, puisque nous sommes entourés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée. Faisons-le en gardant les regards sur Jésus, qui fait naître la foi et la mène à la perfection. En échange de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix en méprisant la honte qui s’y attachait et il s’est assis à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12.1-2).

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