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Nous ne pouvons donner qu’une seule première impression

Le cerveau humain possède une rapidité de jugement incroyable. Selon une étude de la National Academy of Sciences, il suffirait d’un dixième de seconde et de deux photos de candidats pour qu’un groupe puisse prévoir le résultat d’une élection avec 70% de précision.

L’avertissement reçu lors de mes cours de prédication retentit encore dans mon esprit : « Il suffit de 3 secondes pour que les gens décident s’ils vont faire l’effort d’écouter ou non ».

Que nous le voulions ou non, le premier contact avec les visiteurs de nos assemblées laisse une marque profonde. Dès leur entrée, les nouveaux arrivants regardent, interprètent, construisent un jugement. Une idée globale se forme sur les convictions perçues, les motivations, l’identité de l’Église.

Parfois les gens n’arrivent même pas à mettre les mots sur cette expérience. « Je me sens bien ici » ou « je ne me sens pas à ma place » est un sentiment suffisant pour faire un choix déterminant si la personne va revenir ou non.

Dieu a conçu l’être humain avec une grande intelligence et la capacité de réagir rapidement à son environnement. Si la sagesse la plus précise et la plus juste est basée sur le temps et la réflexion, les premières impressions sont aussi un cadeau de Dieu pour nous aider à gagner du temps.

J’insiste là-dessus, car il serait facile de se justifier en minimisant les premières impressions des visiteurs comme toujours hâtives et manquant de sagesse. Dieu nous a donné ce mécanisme, certains l’utilisent avec plus de recul que d’autres, mais nous devons apprendre à vivre et à nous organiser en conséquence.

Parce que les premières impressions sont importantes, nous devons être intentionnels. Nous ne pouvons donner qu’une seule première impression.

Une attitude accueillante

Il est prouvé que certaines postures et attitudes aident à donner une bonne première impression, comme le sourire, la manière de s’habiller, le contact visuel, la confiance en soi, une attitude positive, l’ouverture vers les autres. Le cerveau humain reconnaît ces choses comme des signaux positifs. Dieu nous a créés en effet comme des êtres relationnels, et nous aspirons à pouvoir être connectés et appréciés des autres.

Dans le monde les mécanismes qui font « bonne impression » peuvent être utilisés à des fins personnelles, mais pour les chrétiens ils devraient être des mécanismes normaux, car l’Esprit de Dieu nous attire les uns vers les autres, et par amour vers les non-croyants.

Nous ne sommes pas appelés à nous revêtir du faux sourire exagéré du « vendeur de vieilles voitures » comme le dirait mon épouse. Mais il est triste que trop de chrétiens soient trop paresseux pour faire les efforts minimaux.

Les chrétiens qui servent le dimanche devraient tous avoir un sourire sincère. Sur l’estrade, ou à l’accueil, à la sono, ou partout ailleurs, si nous servons par amour pour Dieu et pour les autres, il n’y a pas d’excuse. Quelle envie donnons-nous à ceux qui nous visitent s’ils nous voient servir ou louer Dieu sans cela ?

De même, le contact visuel est important. Dans nos échanges, et encore plus depuis l’estrade. Parler aux gens sans les regarder est rude, et pourtant nous, les évangéliques sommes souvent connus pour avoir le nez dans nos notes, comme si notre performance était plus importante que les gens devant nous.

Les bonnes personnes au bon endroit

Un élément important de la bonne impression est la confiance en soi. Une personne épanouie, à sa place, est attirante. Ceci va bien plus loin qu’un mécanisme de manipulation bien sûr. Dans l’Église, Dieu donne des dons pour que chacun trouve sa place et puisse servir avec joie, zèle, confiance.

Quelle impression donnons-nous lorsque les mauvaises personnes exercent un ministère ? Lorsque les dons spirituels sont bien compris et appliqués dans l’Église, une foule de personnes qui ont trouvé leur place dégagent une atmosphère de paix, de bien-être, d’épanouissement. L’impact est incroyable.

Mais lorsque ce n’est pas le cas, le jugement est sévère. Comment une personne peut-elle facilement se projeter dans un lieu où les gens ne sont pas à leur place ? Lorsque ceux qui parlent ne sont pas confiants et à l’aise ? Lorsque les gens sont stressés dans leurs ministères ? Lorsque les couacs s’enchaînent parce que personne ne se sent responsable ? Lorsque le bâtiment n’est pas en état, ou propre, ou agréable, parce que personne n’a assez pris la chose à cœur ?

Le bon fonctionnement d’une Église témoigne de personnes qui se sentent concernées et se sont investies. Lorsque ce n’est pas le cas, cela fait rapidement mauvaise impression.

Il est important de souligner cependant qu’une Église en bonne santé ne fera pas forcément bonne impression sur tout le monde. Chacun vient avec ses attentes, ses désirs, son expérience, son passé. Une Église en bonne santé communiquera avec plus d’efficacité ses valeurs, et conduira plus rapidement les visiteurs à un choix éclairé.

Une forme au service du fond

Dans son histoire, le christianisme a souvent été plus concerné par la forme que le fond : les traditions, les styles, le pragmatisme, les manières de faire, etc. C’est encore un grand problème dans notre génération. Mais agir par réaction en rejetant des réflexions profondes sur la forme, comme certains le pratiquent, n’est guère mieux.

La forme est le moyen d’expression du fond.

Réfléchissez aux problèmes de fond communiqués par ce genre de phrases que nous entendons dans nos Églises :

« L’apparence du bâtiment et son entretien importent peu, car c’est ce qui se passe à l’intérieur qui compte »

« La pédagogie de la prédication et de l’animation du culte n’importent peu, car ce sont les vérités évoquées qui sont importantes »

« Le style des chants et le niveau des musiciens importent peu, car ce sont les paroles qui comptent »

« L’organisation et les réflexions trop profondes importent peu, car nous préférons la spontanéité qui témoigne de notre authenticité, nous sommes une famille »

Malheureusement nous justifions souvent par des raisonnements spirituels des péchés de cupidité ou de paresse. Nous limitons notre investissement financier et de service parce que la forme n’est pas assez « spirituelle ». Et on se retrouve trop souvent à des cultes ou les chanteurs chantent faux, la peinture tombe des murs, les animateurs parlent sans sourire, les prédicateurs sont ennuyeux, la décoration des lieux n’a pas changé depuis 10 ans, les gens sont mal habillés, la sono fonctionne mal, tout cela justifié au prétexte que la forme n’est pas importante.

Conclusion

Nos Églises ne seront jamais parfaites. Nos cultes ne seront jamais parfaitement rodés, nos interventions pourront toujours être améliorées, nos conversations pourront toujours être revisitées et optimisées. Mais lorsque nous sommes intentionnels, que les gens sont au bon endroit, avec une bonne attitude, avec une structure réfléchie, les petites erreurs pourront même avoir leur charme.

Le but de cet article n’est pas de faire de nous des esclaves de la forme, mais d’être des adorateurs intentionnels, engagés, prêts à aller plus loin pour Dieu.

La première impression est importante, et l’Évangile lui-même nous donne des outils pour utiliser cela pour la gloire de Dieu, la construction de son Église, et le salut des âmes.

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