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J’ai grandi avec 4 frères très proches en âge, et une petite sœur en dernier. Et je dois avouer que jusqu’à l’âge adulte je ne savais pas vraiment parler aux filles. Puis j’arrive dans une école biblique de 1000 jeunes chrétiens. Je me dis alors : « tu es un pêcheur face à un aquarium de plus de 500 poissons, si tu ne peux pas attraper quelque chose, c’est qu’il y a un problème. » Mais bon ! En tant qu’étudiant international, ce n’était pas facile. J’avais pourtant ma liste d’arguments. L’argument géographique : mon pays est le plus beau pays du monde ! Mais ça ne marchait pas. L’argument missionnaire : tu peux vraiment faire la différence dans mon pays, on a besoin de plus de chrétiens engagés ! Non plus. L’argument exotique : mon accent n’est-il pas attractif ? Hum… pendant mes années à l’école biblique, j’habitais dans un dortoir pour les étudiants internationaux et il y avait tellement d’échecs à ce niveau-là qu’on avait mis un poster au-dessus d’un de nos sofas avec cette phrase mythique de Bob Marley : No Woman No Cry. Et chaque fois que l’un d’entre nous avait une peine de cœur, nous sortions la guitare pour chanter ensemble. J’avais la conviction qu’en tant qu’homme il fallait que je prenne l’initiative, donc dès que je trouvais une jeune fille qui me plaisait, je priais pendant quelques mois, je jeûnais, j’allais lui parler, et puis je me prenais un râteau. Ensuite je remerciais le Seigneur d’avoir éclairé la situation, je prenais plusieurs mois pour guérir et je recommençais.

En termes de fréquentations, il n’y a pas de recette magique. La Bible le dit franchement :

18Il y a trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi, même quatre que je ne parviens pas à connaître : 19la trace de l’aigle dans le ciel, la trace du serpent sur le rocher, la trace du bateau au milieu de la mer et la trace de l’homme chez la jeune fille. (Prov 30.18-19)

Le chemin tracé entre deux personnes qui cherchent à se connaître dans le but du mariage est un chemin complexe, avec une infinité de variables. C’est un chemin délicat, qui met le cœur à nu et peut produire de grandes joies comme de grandes peines. C’est un chemin important, avec de grands enjeux, et un chemin spirituel où les convictions morales les plus profondes sont mises à l’épreuve et aiguisées.

Dans tous les cas, le chemin des fréquentations n’est pas un chemin tout tracé, comme l’indique avec humour le proverbe.

 

1. Le chemin des fréquentations, à emprunter avec humilité

Le chemin des fréquentations est un chemin à emprunter avec humilité parce que nous n’avons pas toutes les réponses. Parce qu’il n’y a pas de recette magique, le chemin des fréquentations est un chemin où le succès ne dépend pas forcément de nous. Même quand une personne semble tout faire « correctement », cela ne veut pas dire que les fréquentations vont fonctionner. Et d’autres fois, malgré nombre d’erreurs, cela aboutit quand même.

Dans tous les cas c’est un chemin complexe dont nous ne pouvons pas toujours connaître l’aboutissement. Ainsi, l’attitude essentielle pendant les fréquentations, c’est d’avoir les mains ouvertes.

Combien de fois dans des relations nous avons une posture avec les mains fermées. C’était mon cas lors de mes premières fréquentations. Finalement, la dernière semaine avant la remise du diplôme, une sœur en Christ m’avait dit oui pour des fréquentations. On était amis, on servait dans la même Église, on avait la bénédiction de tout notre entourage, je pensais que c’était « in the pocket ». Mais Dieu avait d’autres plans. Et quand ça n’a pas fonctionné, mes mains étaient fermées. Je n’étais pas prêt à lâcher.

Quand ma situation semblait bloquée j’ai prié, j’ai jeûné, j’ai combattu comme un acharné, parce que je pensais que par mes propres forces et des gestes de soi-disant piété je pourrais obtenir ce que je voulais. Jusqu’au jour où Dieu m’a humilié dans mon cœur en me faisant comprendre : « Philippe, tu te prends pour qui ? Je peux moi-même prendre soin de mes propres enfants, même sans toi. Tu as fait de cette relation une idole et il faut maintenant lâcher. »

L’attitude du croyant doit toujours être celle-ci, avec des mains ouvertes. « L’Éternel peut donner, l’Éternel peut reprendre, béni soit le nom de l’Éternel ! »

Notre société se contredit sans arrêt. On fait une idole de la relation, mais on se moque du mariage. On méprise le célibat, mais on loue la liberté. Notre vrai bonheur se trouve en Dieu, et non dans les faux standards de la société.

 

2. Le chemin des fréquentations, à emprunter avec prudence

Deuxièmement, le chemin des fréquentations est un chemin à emprunter avec prudence. C’est un chemin incompréhensible et un chemin qui n’aboutit pas toujours. Parfois, le chemin débouche sur un mur, parfois sur un précipice. Et si tu vas trop vite et tu n’anticipes pas, prendre un mur à pleine vitesse, ça fait mal.

Un des versets qui m’a le plus guidé pendant toute ma période de célibat et le verset que je partage déjà à mes jeunes enfants est celui qu’on retrouve dans le Cantique des Cantiques à trois reprises :

« Je vous en supplie, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour avant qu’elle ne le veuille! »

L’amour intime d’un couple tel qu’il est décrit dans le livre des Cantiques des cantiques est un amour qui se protège. Lors des fréquentations, la posture à adopter est celle où l’on met les mains en croix sur son cœur pour le protéger.

Ici dans le cantique l’auteur supplie son audience. Je vous en supplie ! Trois fois dans le livre il dit la même chose. L’amour intime est un trésor qui se protège, qui est sacré, qui se traite avec honneur. De nos jours la société traite les relations et la sexualité comme un sujet de consommation.

Lors de ma peine de cœur, avant d’avoir rencontré Sophia, je me souviens, je priais comme un malade, je jeûnais, jusqu’au jour où Dieu m’a fait comprendre « Philippe, tu as une idole émotionnelle et il faut que tu lâches tout. Arrête même de prier, laisse d’autres s’en charger ». Parce que j’avais fait une idole, je n’avais pas bien protégé mon cœur. Les fréquentations existent pour être brisées si besoin. C’est l’attitude qu’on doit avoir en s’y engageant.

Trop souvent je vois des gens qui se mettent en couple avec la mauvaise personne, souvent sans le Seigneur. Puis l’attachement vient, émotionnel, physique, et il devient extrêmement difficile de revenir en arrière. C’est comme un sparadrap que l’on laisse trop longtemps ; quand on essaie de l’enlever, la moitié de la peau part avec. Ça fait mal, mais quand la relation est malsaine il faut arracher le sparadrap le plus vite possible. Cela fait moins mal que les années perdues et les souffrances futures en dehors du plan de Dieu.

Notre société décrit les fréquentations comme un lieu où on se fait plaisir, on tente tout, on multiplie les expériences, on vit pleinement. La Bible nous dit de penser différemment. Bien sûr, si l’on n’est pas heureux ensemble, il faut se poser des questions. Mais le temps des fréquentations est une période où il faut faire attention, être vigilant, agir avec prudence.

 

3. Le chemin des fréquentations, à emprunter avec sagesse

Finalement, le chemin des fréquentations est un chemin à emprunter avec sagesse. Et c’est vraiment le cœur du Proverbe. Le chemin d’un homme vers le cœur d’une jeune femme est tellement unique pour chacun, tellement complexe, avec tant de variables, que l’ingrédient indispensable au cas par cas, c’est la sagesse.

Le mariage, c’est pour la vie. Si on fréquente dans le but du mariage, le vrai but légitime des fréquentations, c’est pour trouver la bonne personne. Une personne qui aime Dieu et avec qui on va pouvoir construire une vie de couple selon Dieu. Une personne avec qui on est prêt à vivre tous les jours jusqu’au bout.

Seul Dieu peut changer une personne. Nous, on ne peut pas changer quelqu’un. La personne avec qui on se marie pourrait rester la même pendant très longtemps avant de mûrir, ou même ne jamais vraiment mûrir dans certains domaines. On n’épouse pas un projet, on épouse une personne.

Après coup, j’ai vraiment vu la main de Dieu dans le fait que ma relation avant Sophia ne fonctionne pas, parce que la sœur voulait beaucoup changer en moi. « Ça j’aime pas ça, pourquoi tu fais ça, est-ce que tu te rends compte que quand tu réfléchis tu fronces les sourcils et c’est vraiment moche ? »

Et puis j’ai rencontré Sophia et un jour elle me dit : « Tu sais Philippe, quand tu réfléchis tu fronces les sourcils…c’est vraiment mignon ! » Là j’ai compris que c’était la bonne.

Faire le bon choix c’est critique, et pour cela il faut avoir de la sagesse. S’entourer de mentors, d’amis proches, et rester bien actif dans son Église locale.

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