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Dieu a créé le monde bon. En méditant sur son œuvre, Il prend plaisir à avoir partagé le plaisir : « Dieu regarda tout ce qu’il avait fait, et il constata que c’était très bon » (Gen 1.31). La sexualité fait partie du cadeau de Dieu pour l’humanité.

Dès son origine, l’intimité du couple est conçue pour être « mise à part », sacrée. Elle est réservée au mariage, entre un homme et une femme qui deviennent une seule chair. Comme la montagne sacrée du Sinaï pendant la révélation des 10 commandements, c’est à la fois un lieu de bénédiction et un terrain marqué de zones « intouchables ».

Cette intimité du couple est aussi profondément humaine, elle révèle certains aspects de Dieu sans pourtant être une réalité partagée par Dieu. C’est une invention divine mais qui reste étrangère du paradis. Si le divin est selon le dictionnaire « ce qui appartient à Dieu », dans ce sens, la sexualité ne pas être divinisée, elle est terrestre et passagère, elle appartient à l’expérience humaine et non celle de Dieu (même si dans un sens plus large tout appartient à Dieu bien entendu).

Dans son dessein Dieu imagine ainsi un cadeau bien unique : une pratique terrestre mais sacrée. Contrairement à la révélation du Temple terrestre construit selon le modèle du Temple céleste (Hb 8.5), la sexualité est différente.  Ce n’est pas une ombre ou un reflet d’une réalité céleste équivoque, c’est tout simplement un cadeau éphémère.

Mais voici que le péché va tout bouleverser. Depuis la chute la sexualité est divinisée, élevée à un rang de reine, de déesse, d’idole. Celle-ci accepte toutes les offrandes, tous les sacrifices, et est pleine de fausses promesses. Ironiquement, plus on la divinise, plus elle se désacralise. Plus on l’adore, plus ce qu’elle donne perd de sa pureté et de sa valeur.

C’est ici le combat entre Dieu et les hommes. Pour préserver un cadeau si beau et précieux Dieu l’a sacralisé. L’humanité, de son côté, cherche aussi à trouver de la valeur dans la sexualité mais par une autre approche, en la divinisant, en l’idolâtrant.

Sacraliser le sexe : respecter l’intouchable

Le sacré fait référence à ce qui est pur et mis à part. Conçu par Dieu, ce qui est sacré n’a pas besoin d’être amélioré, falsifié, retouché. C’est à accepter tel quel, comme un cadeau complet, prêt, réfléchi, abouti. Les règles ont été établies par Dieu et sont donc intouchables. La zone de bénédiction a été tracée, la vie s’y trouve à l’intérieur, en dehors de ce lieu saint tout devient profane et corrompu.

Tout simplement, lorsque Dieu sacralise une pratique, c’est qu’il a décidé que ce serait cela et pas autre chose. Il n’y a pas d’autres options acceptables. La sexualité comme Dieu l’a instituée est entre un homme et une femme liés par alliance dans le mariage. Dans ce cadre-là une grande liberté existe, en-dehors cependant nous ne parlons plus du projet de Dieu mais d’idolâtrie.

On dit souvent que c’est la curiosité qui a causé la chute d’Adam et Eve. D’un côté oui, mais d’un autre non. Dieu sera toujours beaucoup plus intéressant que le péché. Si Adam et Eve avaient été plus curieux de découvrir la volonté de Dieu, l’abondance de ses cadeaux, sa personne, ils n’auraient pas eu besoin de cette curiosité mal placée. La déesse du sexe promet que notre curiosité sera satisfaite dans le terrain du profane, la Bible elle promet que notre curiosité sera satisfaite de manière exponentielle lorsque nous étudions les cadeaux de Dieu pour ce qu’ils sont vraiment et apprenons surtout à le connaître Lui. Rejoignons dons le Psalmiste et sa soif pour la vérité :

« Je vois un terme à tout ce qui est parfait, mais tes commandements sont sans limite. Combien j’aime ta loi! Je la médite toute la journée. » (Ps 119.96-97)

Diviniser le sexe : l’élévation qui va vers le bas

Un des premiers signes des fausses religions ou des faux enseignants, nous dit la Bible, est l’immoralité sexuelle. Celle-ci et l’idolâtrie œuvrent de pair. Des prostituées sacrées de l’antiquité à l’idolâtrie des images par la pornographie de nos jours, le cadre change mais le tableau reste le même.

Aujourd’hui la sexualité est décrite dans la société comme cette déesse qui répond à tous les espoirs, toutes les attentes, toutes les aspirations, toutes les satisfactions. C’est beaucoup trop pour un cadeau qui certes a été créé bon, mais qui a ses limites. Et surtout, dans l’élan de promettre toujours plus, c’est sur le terrain du sacré qu’on empiète, en explorant les interdits.

Dans le Jardin d’Eden, l’arbre de la connaissance du bien et du mal était sacré, mis à part, servait à un but précis. En faisant une idole de la connaissance et en désacralisant cet arbre, le résultat a été terrible : destruction, mort, et désespoir.

De même la sexualité est un arbre dont le fruit, lui, est accessible mais selon les saisons et selon les règles de Dieu. Sans cela le fruit n’est pas de saison, il n’est pas mûr, ou il est déjà pourri. Quand on s’attaque au sacré, on touche à la loi de Dieu, les conséquences sont toujours nombreuses et pesantes.  Aujourd’hui la sexualité dépeinte par la société est un arbre qui a été arraché et posé sur du béton, sans racines, sans connexion à ses origines, sans lien avec la source de vie. On invite tout le monde à manger à satiété sans se soucier de la qualité du fruit.

La vérité est que ce que Dieu a institué et sacralisé était très bon. Quand on y touche, nous ne pouvons que le corrompre. L’idolâtrie prétend élever la sexualité en la divinisant, mais l’application concrète c’est la débauche, l’immoralité, la dévaluation de l’acte et de la relation. C’est une élévation vers le bas, une ironie complète. D’un cadeau sacré le sexe est commercialisé et vendu comme produit de consommation. On traite un restaurant 5 étoiles comme un fast-food et on s’étonne de ne pas être rassasié.

Spiritualiser le sexe : la vie de l’âme dans le corps

L’invention de Dieu du mariage est profondément spirituelle. Devenir un c’est tout donné et tout accepté de l’autre. Un don de soi si complet et un accueil aussi généreux est impossible sans l’aide de l’Esprit. Ce que Dieu a conçu est impossible à vivre sans la nouvelle naissance et la dépendance de la force que Dieu donne par sa grâce. Devenir « un » est extrêmement riche et touche à tous les domaines de la vie : l’unité familiale, l’unité financière, l’unité de pensée, l’unité de direction, l’unité physique et intime, et aussi l’unité spirituelle.

Ce n’est pas parce que la sexualité est une activité terrestre qu’elle n’en ai pas moins spirituelle et liée à la vie de l’âme. Notre manière de vivre la sexualité fait partie de notre adoration, notre vie d’obéissance et d’amour – ou d’idolâtrie.

Conclusion

Même si la sexualité ne fait pas partie de la vie divine, il est cependant remarquable que pour l’apôtre Paul, une des premières applications de l’imitation de Dieu est la pureté sexuelle : « Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l’amour en suivant l’exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s’est donné lui-même pour nous comme une offrande et un sacrifice dont l’odeur est agréable à Dieu. Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints … Vous le savez bien en effet, aucun être immoral, impur ou toujours désireux de posséder plus – c’est-à-dire idolâtre – n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu » (Ep 5.1-3, 5) 

Dieu est saint et nous appelle à vivre dans la sainteté. Si la Bible est aussi stricte sur le terrain de la sexualité, c’est parce que celle-ci, dans son caractère sacré, illustre si bien notre relation avec le Dieu saint. Comme peu d’autres domaines, notre capacité -ou incapacité- à respecter ce territoire sacré est révélateur de l’état de notre cœur, s’il vit dans l’adoration ou l’idolâtrie, s’il accepte un Dieu saint ou non.

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Le non-respect de la sexualité selon Dieu est l’un des signes les plus clairs d’un non-respect de Dieu lui-même.

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