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Le culte chrétien est-il l’héritier du culte du Temple ou de la synagogue ?

La question est une question sans en être une. Bien sûr le culte chrétien est l’héritier des deux formes de cultes présents en Israël du temps des apôtres. Il est cependant intéressant de voir comment deux cultures de célébrations extrêmement différentes ont fondé la pratique des premiers cultes chrétiens.

 

L’influence du culte du Temple sur l’Église

Les célébrations du Temple dans la Bible n’étaient rien de moins qu’épiques (dans tous les sens du terme). Avec ses 4000 Lévites musiciens au temps de David, la louange du Temple lors des grandes fêtes était sans aucun doute une expérience bouleversante et mémorable. Est-ce pour autant ce genre de culte qu’il faut reproduire dans nos Églises locales ?

Le culte du Temple n’est pas local. En donnant sa loi, Dieu avait prescrit que trois fois par an tous les hommes d’Israël devraient se retrouver au sanctuaire de Dieu pour des grands moments de fête. Ce sont souvent ces fêtes qui sont décrites dans les Psaumes ou même dans le Nouveau Testament, lorsque des milliers de personnes se rassemblent pour ces temps mis à part.

Le culte du Temple est événementiel. On pourrait presque dire, dans un sens, que le Temple servait de lieu de conférence. En mettant le paquet, les musiciens professionnels et dédiés, les Lévites consacrés à plein temps, la crème de la crème des orateurs et animateurs, le Temple pouvait offrir une expérience intense et transcendantale.

Le culte du Temple est qualitatif. Les descriptions des célébrations dans le Temple laissent penser à une planification élaborée, avec des réalisations de qualité, des temps de louange préparés, des portiers (accueil et protection) et autres serviteurs attentionnés et dédiés. Pour la louange, des textes directement inspirés du Saint-Esprit -les Psaumes- sont chantés avec puissance. La ville entière se mobilise pour permettre aux assistants de vivre des moments de qualité inoubliables.

Le culte du Temple est spectaculaire. La multitude des instruments et le travail de « production » laisse imaginer que pour les réalisations au Temple l’auditoire est davantage spectateur que participant. Certains orateurs comme Esdras font des longues prédications textuelles pleines de puissance pendant que le peuple écoute sagement. Dieu habite aussi dans le Temple, c’est sa demeure, les célébrations qui s’y font sont uniques avec un ressenti inimitable de sa présence.

 

L’influence du culte de la synagogue sur l’Église

Contrairement au Temple, les synagogues étaient réellement un lieu de vie. Elles servaient d’école, de centre communal, de lieu de partage et bien entendu de lieu de célébration pour les cultes du sabbat.

Le culte de la synagogue est sans instrument. Encore de nos jours c’est le cas. Les instruments étaient réservés au Temple. Les cultes de la synagogue restent plus sobres et simples. Nous sommes loin des grandes « productions » de la colline de Sion.

Le culte de la synagogue est plus informel. Les orateurs de passage sont souvent invités à apporter une parole. L’ambiance est familiale, c’est la communauté qui est rassemblée. On se connaît, on se tutoie. Contrairement au Temple, il n’y a pas de lieu Très Saint où Dieu réside. L’accent est davantage sur sa parole que sa présence.

Le culte de la synagogue est interactif et participatif. Les échanges et les questions sont encouragés. L’enseignement est souvent interactif, au travers de questions posées et de discussions. La louange et les prières se font beaucoup de manière alternative entre un dirigeant et l’assemblée qui répond ou répète les paroles.

 

Réflexions

Cette diversité des deux cultes apporte un équilibre intéressant, entre intensité et authenticité, « production » et improvisation, réalisation et participation, professionnalisation et informel, émotions fortes et relations fortes. Il serait facile de condamner un modèle pour adopter l’autre. Or il est frappant de voir le silence du Nouveau Testament vis-à-vis de la forme des cultes : c’est donc qu’une certaine liberté existe. Chaque Église locale a le devoir de développer sa propre culture du culte. Il est juste important, avant de juger rapidement certains modèles, de bien réfléchir à notre équilibre. Après tout, même s’ils ne restent que des exemples de cultes d’il y a longtemps, nous avons deux parents en la matière.

 

 

 

 

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