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Étudiant, j’avais un voisin avec qui je m’entendais super bien. Il était bon vivant, relationnel, professait Christ et aimait chanter des cantiques. Il a rencontré son épouse dans une chorale chrétienne. Il était bien apprécié de son entourage, et sa vie semblait suivre le bon cours, il a eu trois enfants, est devenu policier, était fidèle dans une Église locale. Puis un jour, à l’incompréhension de tous, il a fait la une des journaux pour avoir commis un crime dont j’aurais honte de parler. Il a écopé de trois ans de prison ferme.

La relation de l’humanité avec le péché est compliquée. Elle est complexe en ce que nous sommes rarement motivés à poursuivre le mal pour l’amour de faire du mal, et pourtant nous sommes constamment trompés par le mal et nous finissons par faire du mal. Nous vivons dans un monde déchu, et pourtant, je n’ai encore jamais rencontré une personne dont la motivation primaire était de faire du mal aux autres. C’est plus subtil, c’est mélangé. La méchanceté pure telle que nous l’observons chez le diable ou les démons est rarement aussi manifeste chez les humains. Peu de personnes se réveillent le matin en cherchant qui dévorer, détruire, accuser, calomnier. Cela peut être attribué à la grâce de Dieu qui nous a laissé une conscience, une armée d’anges qui veillent sur nous et l’action du Saint-Esprit. Même les pires escrocs savent montrer de la bienveillance pour leurs proches. Mon voisin était vraiment un type sympa, mais ce qu’il a commis a été affreux. Le mal est partout, mais mon impression est que c’est est plus une conséquence qu’une motivation. Le fruit du mal mûrit parce que c’est le seul fruit qui peut éclore lorsque nous sommes passifs ou indécis face à la volonté de Dieu.

 

De l’ignorance au mensonge

Le péché n’est pas toujours commis en connaissance de cause. En réalité, l’apôtre Paul décrit les non-croyants comme agissant par ignorance : « Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur » (Ep. 4.18).

Le péché est trompeur. Ils se nourrit de l’ignorance et œuvre pour la faire perdurer. Il ne s’ancre pas nécessairement dans la connaissance du mal, mais dans les ténèbres, le flou, en mélangeant toujours une part de vérité mais sans aller jusqu’au bout des choses.

Peu de gens sont motivés par la connaissance du mal, de la destruction, de la haine. Mais la complaisance dans l’ignorance crée le mal et le multiplie.

Notre génération vit dans le mensonge, pas nécessairement parce qu’elle le recherche activement et souhaite vivre dans le faux, mais parce qu’elle est passive face à la recherche de la vérité. La conséquence est évidente, un monde rempli de superficialité. C’est la grande ironie de l’âge de la raison qui refuse de réellement réfléchir sur les questions les plus importantes de notre existence. Sur les questions de notre destinée, du sens de la vie, de notre origine, de la moralité, notre génération préfère fermer les yeux.

La passivité face à la vérité crée un endurcissement du cœur qui ne va que croissant. Ce n’est pas un jeu dans lequel le croyant doit se laisser embarquer. L’appel de Dieu pour ses enfants est d’être ambitieux dans leur recherche de vérité, de sens et d’intentionnalité. L’autre option n’est rien de moins que le gâchis de nos vies.

 

De l’amoralité à l’immoralité

La progression du péché comme Paul le décrit passe par l’amoralité avant d’arriver à l’immoralité : « Ils ont perdu tout sens moral et se sont livrés à la débauche pour commettre avec avidité toutes sortes d’impuretés. » (Ep 4.19).

Ce qui précède l’immoralité selon Paul est la perte de tout sens moral. Avant immoralité il y a amoralité, la passivité de décision face aux questions morales de la vie. Le manque de réflexion, d’intentionnalité et de recherche de compas moral ne mène pas à une zone neutre, mais à une zone qui mène inévitablement à l’immoralité. Dieu par sa Parole donne un sens moral, mais lorsque nous détournons le regard, nous nous retrouvons dans une zone sans repères, sans limites, sans sacré. L’amoralité n’est jamais une plaine neutre, c’est une pente glissante qui mène à une expression toujours croissante de l’immoralité. Nous le constatons clairement de nos jours. Les repères des générations précédentes ont été enlevés, les excès d’immoralité ne vont faire qu’augmenter. Il n’y a plus de barrières pour les arrêter.

Les croyants ne doivent pas céder à la passivité morale de notre génération. Face aux questions éthiques et morales le peuple de Dieu doit activement rechercher des convictions. La seule autre option est une pente glissante vers le péché.

 

Des paroles sans fondement à la colère de Dieu

Satan de son côté a une motivation claire : détruire l’œuvre de Dieu. C’est le fondement de sa quête. Peu d’êtres humains partagent une telle ambition. En réalité, le problème de l’humanité n’est pas d’avoir un mauvais fondement, mais de ne pas avoir de fondement du tout. Ainsi Paul écrit, toujours dans la continuité de cette lettre aux Éphésiens : « Que personne ne vous trompe par des paroles sans fondement, car c’est pour cela que la colère de Dieu vient sur les hommes rebelles » (Ep 5.6).

Religions humaines, fakes news, extraterrestres, signes du zodiaque, complots omniprésents à élucider, dogmes scientifiques fondés sur les théories du moment, moralité à la sauce du jour…la liste pourrait être longue pour décrire toutes les perspectives sans fondement dans lesquelles le monde s’embarque. Chacun fait sa soupe. On prend à gauche, à droite, on fait un mélange, peu importe d’où les affirmations viennent tant qu’elles nous permettent d’être nos propres petits rois.

Et c’est cette passivité de réflexion face au fondement de la vie qui est la cause de la colère de Dieu. Dieu n’est pas seulement en colère parce que l’humanité pèche, mais aussi parce l’humanité gâche sa vie. Chaque action entreprise en-dehors de la volonté de Dieu est une œuvre gâchée et un affront direct envers le créateur de la vie.

 

Conclusion

C’est la passivité morale et spirituelle qui mène le monde à sa destruction. Dieu nous appelle à l’opposé. À être résolus, convaincus, actifs, innovants, initiateurs, intentionnels, réfléchis. Que l’année 2022 soit remplie de notre obéissance active et passionnée !

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