Lévitique 24 ; Psaumes 31 ; Ecclésiaste 7 ; 2 Timothée 3

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Dans Ecclésiaste 7, la forme du livre change et adopte la construction plus typique de la littérature de sagesse : un chapelet de proverbes. Or, ces proverbes sont loin d’adopter le point de vue d’une personne qui affirme que la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse (cf. Proverbes 9.10). Qohéleth reste sur sa lancée et continue d’explorer la signification de toutes choses « sous le soleil ». Ces maximes frappées du bon sens commun sont teintées d’une pointe de cynisme d’une honnêteté brutale, mais ne sont pas nourries d’une foi saine.

Les six premiers proverbes sont provocateurs par leur pessimisme. Rien dans la première partie du vers ne prépare le lecteur au coup de massue du deuxième : « Le jour de la mort [vaut mieux] que le jour de la naissance » (v. 1b). Cela ne ressemble pas du tout à la confession de foi de Philippiens 1.21 et 23. La chose la plus positive que nous pourrions dire de ce proverbe est qu’il est d’un réalisme frappant et que nous devrions tous en tenir compte et vivre dans la pensée que nous mourrons un jour, comme le déclare explicitement la deuxième partie du verset 2 : « Dans [la maison de deuil] se trouve la fin de tout homme, et le vivant en prend conscience » (cf. Psaumes 90.12). Jusqu’au verset 6, la pensée se poursuit sur la même note sombre, et la franchise des paroles a le mérite d’éveiller l’attention.

Les proverbes des versets 7 à 22 sont plus difficiles à classer. On y sent le désir de trouver un sens à ce monde, mais du point de vue d’une personne qui ne vit que pour ce monde. Les versets 8 et 9 sont certainement de bons conseils pour le croyant, mais dans ce contexte, ils ont une tonalité plutôt pragmatique. « Ne dis pas : D’où vient que les jours d’autrefois étaient meilleurs que ceux-ci ? Car ta question ne proviendrait pas de la sagesse » (v. 10). Le prédicateur ne se laisse pas impressionner par la lueur de nostalgie qui entoure le passé ; il s’est déjà exprimé à ce sujet (voir 1.9). Certes, Qohéleth fait l’éloge de la sagesse (v. 11-12), mais en insistant froidement sur sa valeur utilitaire ; elle offre des avantages, tout comme l’argent. L’humeur de l’Ecclésiaste oscille entre la pieuse résignation (v. 12) et un cynisme choquant (v. 13-18), ce que Derek Kidner appelle « le côté minable et égoïste du bon sens ». Le verset 18 contient un principe de lâcheté morale saupoudré d’un peu de stoïcisme.

La faillite finale de la sagesse qui ne commence pas avec la crainte de l’Éternel se voit dans les derniers versets du chapitre (v. 23-29). Le prédicateur est décidé à être sage, mais cette sagesse « d’en bas » ne lui permet pas de saisir grand-chose du vrai sens de la vie ; la vraie sagesse lui est restée inaccessible (v. 23-25), et sa sagesse personnelle est revêtue de cynisme à propos des relations humaines qui en disent beaucoup plus sur lui-même que sur ceux qu’il décrit (v. 27-28). Il commence à entrevoir une réponse plus sûre lorsqu’il revient au modèle de la création et de la chute (v. 29).

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