Genèse 27 ; Matthieu 26 ; Esther 3 ; Actes 26

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Dans Actes 26, Luc rapporte pour la troisième fois la conversion de Paul (voir chap. 9 et 22). Chaque récit poursuit évidemment un but différent. Ici, Paul se défend devant le gouverneur romain Porcius Festus et devant le roi Agrippa II, de Galilée. Mentionnons les faits marquants :

1° Comme lors de ses précédentes comparutions, Paul souligne la continuité avec son passé dans le judaïsme conservateur : il partage avec les Juifs non convertis l’« espérance » de ce que Dieu a promis à leurs ancêtres et l’attente de la résurrection finale (p. ex. 24.15 ; 26.6-7).

2° La remarquable question rhétorique de Paul au v. 8 poursuit plusieurs buts en même temps. L’apôtre demande : « Quoi ! Vous semble-t-il incroyable que Dieu ressuscite les morts ? » Pour les Juifs qui assistent au procès, la question prouve que sur ce point, Paul est d’accord avec le courant pharisien de la tradition juive. La question ouvre pourtant une autre piste : si les Juifs admettent que Dieu ressuscitera les morts à la fin, pourquoi aurait-il été impossible qu’il ressuscite Jésus d’entre les morts en anticipation de la résurrection finale ? Pour un homme comme le roi Agrippa, bien informé des croyances juives, la question mettait en relief des problèmes qui lui étaient déjà familiers. Pour Festus, par contre, elle visait à saper les fondements du scepticisme de son arrière-plan païen. Pour nos contemporains avec leurs opinions naturalistes, cette interrogation est un appel à la réflexion : le rejet de la réalité de la résurrection n’est que la conséquence du rejet antérieur du Dieu de la Bible. Si nous croyons au Dieu de la Bible, pourquoi est-il si difficile de croire à la résurrection ?

3° Paul s’adresse avant tout au roi Agrippa (v. 2, 13, 19), c’est-à-dire au souverain le plus au courant des Écritures et de l’héritage juif. Pour sa part, Festus reconnaît son ignorance (25.20, 26-27). À en juger par le grand savoir de Paul, il estime que ses affirmations tellement étranges prouvent que l’apôtre a perdu la raison (v. 24). Si Paul s’était adressé plus directement à Festus, il aurait sans doute adopté une approche ressemblant davantage à son discours d’Actes 17.16-31, à l’Aréopage.

4° L’interpellation directe de Paul au roi Agrippa (v. 25-29) est manifestement l’appel d’un évangéliste qui reste parfaitement respectueux de son interlocuteur. La « défense » de l’apôtre n’a vraiment rien de défensif ! Son discours ressemble beaucoup plus à une offensive d’évangélisation qu’à la supplication d’un prisonnier effrayé ou intimidé. Mais de même que sa « défense » n’est pas défensive, son « offensive » ne devient jamais une offense.

5° Festus et Agrippa se rendent compte que Paul n’a rien fait qui mérite la mort ou l’emprisonnement (v. 31). Ils l’auraient relâché si cette séance s’était tenue avant les événements rapportés dans 25.1-12. Mais au point où Paul était arrivé, il ne pouvait plus revenir sur son appel à César. Dans la providence de Dieu, Paul est donc conduit à Rome.

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