Exode 36 ; Jean 15 ; Proverbes 12 ; Éphésiens 5

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Dans le climat contemporain, la lecture pure et simple d’Éphésiens 5.21-33 est de plus en plus impopulaire. Sans entrer dans les détails, je livre ma compréhension sur le mouvement de la pensée dans ce passage.

1° Dans l’original, la proposition « soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ » (v. 21) constitue le dernier maillon d’une chaîne de participes présents qui précisent ce que signifie être remplis de l’Esprit (v. 18). La plénitude de l’Esprit se traduit par la mise en œuvre de tout ce que décrivent les versets 19 à 21. Par ailleurs, il ne faut pas comprendre l’expression « soumettez-vous les uns aux autres » comme décrivant une soumission de réciprocité mutuelle, comme si tous les chrétiens devaient se soumettre les uns aux autres. Car a) le verbe grec traduit par « soumettre » désigne toujours une soumission à un rang, jamais une déférence mutuelle ; b) l’idée est ensuite appliquée aux devoirs dans la maisonnée : l’épouse se soumet à son mari, les enfants à leurs parents et les serviteurs à leur maître (5.22-6.9) ; c) le Nouveau Testament présente ailleurs cette même vision de la soumission (Colossiens 3.18-19 ; Tite 2.4-5 ; 1 Pierre 3.1-6) ; d) en grec l’expression traduite par « les uns aux autres » n’implique pas toujours une réciprocité (p. ex. Apocalypse 6.4).

2° Il faut cependant préciser certaines choses concernant la soumission de la femme à son mari (v. 22-24). a) Il ne faut pas la confondre avec certains stéréotypes pathétiques, comme l’obséquiosité, l’apitoiement sur soi, l’inégalité de salaire à travail égal, comme si Dieu était le Dieu de l’injustice. b) Cette soumission prend exemple sur la soumission volontaire de l’Église à Christ. Cette pensée sous-entend une riche typologie que nous ne pouvons pas aborder ici. En pratique, cette soumission a pour but de limiter les critiques de la part de la femme, la dévalorisation de son mari, l’usage de la manipulation, et autres attitudes et manœuvres semblables. c) Cette soumission ne remet pas en cause la valeur égale des deux époux (tous deux sont créés à l’image de Dieu), ni leur parfaite égalité fonctionnelle dans de nombreux domaines pratiques qui contribuent à la bonne marche du couple (par exemple au niveau des droits sexuels dans 1 Corinthiens 7).

3° Le mari doit aimer sa femme comme Christ a aimé l’Église (v. 25-33), ce qui, pour le moins, signifie l’aimer jusqu’au sacrifice de soi et pour son bien. De façon plus explicite, l’amour du mari pour sa femme doit refléter l’amour de Christ pour l’Église a) dans son sacrifice volontaire (v. 25) ; b) dans son objectif (v. 26-28a), à savoir la recherche du bien de son épouse et sa sainteté ; c) dans la recherche de son propre intérêt (v. 28b-30), dans la mesure où le mari s’identifie d’une certaine manière à sa femme comme Christ s’est identifié à l’Église ; d) dans son accomplissement typologique (v. 31-33), ce qui reflète à nouveau d’importantes structures typologiques qui parcourent toute la Bible.

Les responsabilités qui incombent aux deux conjoints vont fortement à l’encontre de l’intérêt personnel.

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