2 Samuel 4 – 5; 1 Corinthiens 15; Ézéchiel 13; Psaumes 52 – 54

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Il est clair que l’auteur de 2 Samuel (dont nous ignorons l’identité) juge important de rapporter les différentes étapes au terme desquelles David finit par régner sur tout Israël. Sur le plan canonique, c’est important parce que c’est le début de la dynastie davidique qui aboutit au plus illustre des fils de David (voir la méditation du 17 mai). Dans ce cadre, j’aimerais souligner quelques caractéristiques de 2 Samuel 4 – 5.

1° Il est remarquable de voir avec quelle patience David attend de monter sur le trône, sans prendre les initiatives qui lui auraient permis d’accéder plus rapidement à la royauté sur tout le peuple. Son attitude vis-à-vis d’Ich-Bocheth n’est pas moins surprenante. Les meurtriers d’Ich-Bocheth, Rékab et Baana, qui pensaient sans doute gagner la faveur du futur roi en assassinant odieusement Ich-Bocheth (ce qui était courant à l’époque), apprennent à leurs dépens que David est respectueux de la justice : il ordonne leur exécution. On peut toutefois regretter que le roi ait adopté une double échelle de valeurs ; si les meurtriers d’Ich-Bocheth subissent la juste sanction pour leur crime (chap. 4), Joab, coupable de meurtre au chapitre précédent, échappe à toute sanction à cause de son pouvoir ; il est simplement humilié, mais non puni de la peine capitale.

2° Le livre rapporte fidèlement comment « toutes les tribus d’Israël » (5.1) viennent trouver David à Hébron et l’invitent à devenir leur roi. Dans la providence de Dieu, l’odieux crime perpétré par Rékab et Baana sert à l’accomplissement de la promesse de Dieu à David.

3° Il fallait absolument relater la prise de Jérusalem par David (5.6-12), non seulement parce que cette cité allait devenir la capitale du roi, mais aussi parce qu’elle allait abriter le tabernacle. Sous le règne de Salomon, fils de David, Jérusalem deviendra le site du Temple. De nombreux thèmes théologiques importants gravitent autour de Jérusalem et du Temple. Les prophètes d’avant et d’après l’exil les aborderont, de même que Jésus et les auteurs du Nouveau Testament. Pensons particulièrement à Jean 2.13-22; Galates 4.21-31 ; Hébreux 9 ; 12.22-23 ; Apocalypse 21 – 22.

4° Par-dessus tout, en invitant David à régner sur eux, les Israélites déclarent : « L’Éternel t’a dit : Tu feras paître mon peuple Israël, et tu seras le conducteur d’Israël » (5.2). Le thème du berger est traité plus complètement que celui du chef, et l’Écriture le décline de plusieurs façons. Au début de l’exil, Dieu fustige les faux « bergers », plus soucieux de tondre les moutons pour leur profit que de protéger et de nourrir le troupeau (Ézéchiel 34), un phénomène qui n’est pas rare aujourd’hui. C’est pourquoi Dieu répète inlassablement qu’il sera lui-même le berger de son peuple ; il enverra même son serviteur « David » (trois siècles et demi après la mort du roi David !) comme berger (Ézéchiel 34.23-24 ; voir la méditation du 20 mars). Lorsque les temps seront accomplis, le véritable héritier selon la lignée de David, déclarera : « Je suis le bon berger » (Jean 10.11).

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