2 Rois 9 ; 1 Timothée 6 ; Osée 1 ; Psaumes 119.73-96

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Le premier verset d’Osée 1 indique que cette prophétie a été annoncée au VIIIe siècle av. J.-C., du temps de Jonas et d’Amos (prophètes qui, comme Osée, exercèrent leur ministère principalement dans le royaume d’Israël, au nord), de Michée et d’Ésaïe (dans le royaume de Juda, au sud). Au début de ce siècle, les deux royaumes étaient assez prospères, mais ils allaient connaître la décadence ainsi que l’indifférence morale et religieuse. Le livre d’Osée a beau suivre immédiatement celui de Daniel dans le canon biblique, il reflète une situation antérieure de plusieurs siècles. Il n’empêche que cet ordre canonique est utile. Si la prophétie de Daniel révèle un Dieu qui exerce un contrôle souverain absolu, celui d’Osée présente un Dieu passionnément attristé par la versatilité de son peuple. Si nous voulons être fidèles à ce que la Bible dit de Dieu, nous devons impérativement conserver ce double portrait de Dieu : le Souverain transcendant et le Dieu passionné.

Lorsque l’Éternel s’adresse pour la première fois à Osée, il le fait dans un langage virulent. La Bible de Jérusalem est plus proche du sens hébreu : « Va, prends une femme se livrant à la prostitution et des enfants de prostitution, car le pays ne fait que se prostituer en se détournant de Yahvé » (v. 2). C’est ainsi qu’Osée épouse Gomer. Il semble qu’elle était déjà une prostituée quand il l’épouse, et qu’elle retournera bientôt à son ancien style de vie. Une autre lecture suppose que le commandement de Dieu la traite selon ce qu’elle deviendra plus tard ; dans ce cas, Gomer ne se prostituait pas avant son mariage avec Osée.

Quel que soit l’arrière-plan de cette femme, les chapitres suivants montrent clairement ce qu’elle est devenue. Dans ce chapitre, l’attention se porte sur ses enfants. Jizréel est un nom chargé d’une signification particulière (cf. 2.25), mais c’était surtout le nom de la ville où la maison de Jéhu avait massacré tellement de gens. C’est comme si on appelait son enfant Tchernobyl, Hiroshima ou Soweto : tout le monde fait le lien. Le massacre perpétré par Jéhu s’était produit un siècle plus tôt, mais la nation en portait encore la responsabilité parce qu’elle n’avait pas désavoué ce crime. Toujours est-il que Gomer enfanta le premier fils d’Osée (« elle […] lui enfanta un fils », v. 3, italiques ajoutées). Il n’est pas dit la même chose des deux en- fants suivants : il est probable qu’Osée n’était pas leur père : ils sont appelés respectivement « pas aimée » ou « privée de compassion », et « pas mon peuple ». Les leçons sont explicites : Dieu n’aura plus d’amour ni de compassion pour Israël, et il ajoute : « Vous n’êtes pas mon peuple, et moi je ne suis (rien) pour vous » (v. 9). Dieu brisera l’arc d’Israël (c.-à-d. sa puissance armée) dans la vallée de Jizréel (v. 5). Cela s’est produit historiquement en 733 av. J.-C., une décennie avant la destruction d’Israël; l’Assyrie marcha contre le royaume du nord et brisa ses défenses (2 Rois 15.29).

Malgré ces trois oracles terribles, la lecture de demain démarre sur une note d’espérance inouïe (2.1-2). Cette parole indique où le livre veut en arriver, qu’il s’agisse du livre d’Osée ou de la Bible tout entière.

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