1 Rois 9 ; Éphésiens 6 ; Ézéchiel 39 ; Psaumes 90

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Ézéchiel 38 avait marqué le début de l’oracle contre Gog qui se poursuit dans Ézéchiel 39. Nous nous trouvons de nouveau en présence du récit de la défaite de Gog, présenté ici en termes différents. Cela est typique du langage hébraïque partiellement poétique. Il ne s’agit pas d’un compte-rendu distinct du même événement qui serait comme cousu au récit précédent. La rhétorique hébraïque tend à revenir fréquemment sur des déclarations antérieures, pour les approfondir et les compléter, même si cette façon de faire s’oppose à notre argumentation occidentale linéaire. Deux observations :

1° De nombreux indices montrent que dans ces deux chapitres, on passe de la description largement prosaïque d’une bataille au récit apocalyptique du conflit ultime. Cela ne signifie pas que la guerre ultime n’est pas réelle ; mais la forme qu’elle prendra et les détails qui la caractériseront n’apparaissent pas en surface du texte. Les armements sont ceux du temps d’Ézéchiel (« boucliers, les arcs et les flèches, les piques et les lances », v. 9), bien que cette bataille n’ait certainement pas eu lieu, au sens littéral, au temps d’Ézéchiel ; et si elle doit se dérouler à la fin des temps, ce sera certainement avec d’autres armes de guerre. De façon typique dans la littérature apocalyptique, nous avons des périodes évocatrices : sept ans (v. 9), sept mois (v. 12, 14). Les Israélites triomphants se repaissent de la chair et du sang des vaillants hommes et princes de la terre, sacrifiés comme de vulgaires béliers, agneaux, boucs et taureaux (v. 17-19). Dire que c’est seulement une façon d’indiquer que les opposants seront complètement vaincus, c’est fournir un appui à l’interprétation proposée ici : le langage est passionné et chargé de symboles. Il faut donc analyser ce texte avec prudence.

2° C’est Dieu lui-même qui, souverainement, fait venir Gog et ses hordes « du plus profond du nord » (v. 2) pour les détruire. Cela se rapproche d’un thème important déjà rencontré chez les grands prophètes, même si la perspective est un peu différente ici. Les prophètes rappellent constamment que les puissances (Assyrie, Babylone) qui ont châtié Israël et Juda l’ont fait sous le contrôle de Dieu, même si elles sont tenues pour responsables de leur brutalité (comme dans Ésaïe 10.5s). Le tableau dépeint ici la souveraineté de Dieu sur ces nations païennes, mais cette fois-ci il ne se sert pas d’elles pour châtier la communauté de l’alliance ; il les précipite dans la destruction. C’est l’Apocalypse qui expose ce thème le plus clairement. Les croyants peuvent y puiser de l’encouragement en sachant que même dans ce monde de cruauté et d’injustice flagrantes, Dieu amènera finalement tous les pervers en jugement. La justice ne sera pas seulement rendue, mais elle le sera au vu et au su de tous. Nous ne perdons donc pas courage. Nous nous attachons à la vision apocalyptique et nous nous en nourrissons, non parce qu’elle est comme un manuel détaillé de l’Histoire à venir, mais parce qu’elle annonce le triomphe ultime de Dieu.

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