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Le privilège d’être femme selon la perspective biblique

Pour tous ceux et celles qui ont grandi comme moi dans des églises évangéliques, je crois que nous avons tous déjà entendu une prédication sur le passage dans Ep 5.22 « Femmes, soyez soumises à vos maris… ». Cependant, je ne sais pas comment celui-ci vous a été expliqué, ni comment vous avez reçu l’information. Peut-être qu’il vous est resté un goût amer et qu’encore plusieurs questions s’entrechoquent dans vos pensées. Après tout, l’image de soumission correspond rarement à la femme forte que notre société veut proposer comme modèle. Je crois que subtilement, nous nous formons une image du rôle de la femme dans son foyer, au travail et à l’église. Parfois cette image sous-entend une critique de ce que nous croyons percevoir de la Parole de Dieu. Est-il vrai que la femme est en deuxième plan ? Qu’en est-il de la complémentarité ? Est-il vrai que les deux sont créés égaux ? Subtilement, nous pouvons glisser et chercher les passages bibliques qui, de notre perspective, défendront la place de la femme (Proverbes 31), mais nous n’approchons pas ceux qui pourraient à première vue communiquer une vision limitative de notre influence (1Tim 2.12). Nous rencontrons aussi des femmes qui semblent convaincues que la soumission est caractérisée par une timidité et un effacement de soi. Comment joindre ces perspectives si différentes ? Comment s’épanouir dans ce rôle, dans le plan de Dieu pour nous, les femmes ?

L’image de soumission correspond rarement à la femme forte que notre société veut proposer comme modèle.

Pour ma part, selon ce que je comprends des passages bibliques, c’est tout un privilège que d’être une femme !

But de ma vie

Premièrement, je suis convaincue que le but de toute vie humaine est de glorifier Dieu et cela, que l’on soit un homme ou une femme. Bien que je lutte dans ma chair avec le désir de recevoir de la reconnaissance, je suis convaincue au plus profond de moi que je suis ici pour pointer les regards vers celui qui est digne de toute la gloire : Dieu. Cette notion facilite la réception de son plan spécifique pour ma vie. Une fois de plus, je ne dis pas que c’est facile d’accepter tout ce que Dieu coordonne, mais son œuvre dans ma vie me démontre qu’il est au contrôle pour mon bien. Il est le chef et le consommateur de la foi (Hébreux 12.2). Il a été fidèle au-travers des souffrances. Les épreuves ont produit en moi une conclusion semblable à celle de Job « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu. » Job 42.5.

Grâce au témoignage des gens qui m’ont précédée, à travers les récits bibliques et historiques et par son œuvre dans ma propre vie, je veux continuer de croire que ce que Dieu me réserve est mieux que ce que je peux prévoir pour moi-même. Ceci inclut les limites de mon rôle de femme et les obligations de celui-ci.

Ce rôle de femme

« Je lui ferai une aide qui soit son vis-à vis » Ge 2.18.  Je crois que l’Éternel savait que nous aurions, et ce, depuis la chute, de la difficulté à comprendre l’égalité des sexes, malgré la différence dans les responsabilités. Notez que Dieu mentionne « son vis-à-vis ». Dieu a créé l’homme et la femme à son image. Les deux y reçoivent leur valeur.

Dieu a créé l’homme et la femme à son image. Les deux y reçoivent leur valeur.

Plusieurs des rôles de l’homme et de la femme s’entrecroisent. Parfois, ce n’est pas l’appel qui diffère, mais la manière d’accomplir notre but. Par exemple, c’est l’homme avec la femme qui reçoit la directive de se reproduire, de devenir nombreux, mais aussi de soumettre et dominer la terre (Ge 1.27-28). Kevin DeYoung commente ainsi : « L’ordre [créationnel] revêt également une grande importance parce qu’il reflète la position d’Adam – qui nomme, qui domine, et qui protège – et celle d’Ève – qui prend soin, qui vient en aide, et qui apporte son soutien[1]. »

L’être humain, qu’il soit homme ou femme, reçoit donc le même appel, ultimement l’objectif de glorifier Dieu, cependant il distribue les talents à chacun différemment et c’est en équipe que nous pouvons l’accomplir.

Quel est donc ce privilège ?

« … une aide ». Avez-vous l’image de Wonder Woman qui aide le général Steve Trevor ou voyez-vous plutôt Cendrillon qui sert sa belle-mère et ses belles-sœurs ? Bien plus important, quelle est l’image que Dieu voulait transmettre par ce terme ?

Le mot hébraïque traduit en français par aide (ezer) en Ge 2.18, est souvent traduit par « secours » dans l’Ancien Testament. Ce mot est utilisé pour qualifier l’assistance de l’Éternel envers ses enfants. Il est donc impossible que ce terme, si souvent utilisé pour illustrer l’aide de Dieu envers l’être humain, désigne une conformité, une infériorité de la part de l’aide. Au contraire, celui-ci démontre la toute-puissance de Dieu et son amour alors qu’il s’investit dans nos vies. Nous ne pouvons d’aucune manière contrôler Dieu pour qu’il nous serve. Cependant, il est bon de voir son désir de nous porter secours. « Le secours [ezer] me vient de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre. » Psaumes 121.2

Personne ne peut obliger quelqu’un à servir, sauf Dieu. Il s’est acquis ce droit par son sang. De plus, c’est un privilège d’être utile pour encourager, supporter et servir son prochain. Ceci inclut premièrement l’aspect spirituel. Je me dois donc d’être à la recherche de la volonté de Dieu en me posant la question : comment Dieu veut-il que je sois une aide, pour mon mari, pour mes enfants, pour mes frères et sœurs en Christ ? Comment puis-je les aider pour qu’ils puissent eux aussi accomplir leur but : glorifier Dieu ?

Concluons ce point avec une citation de Kevin DeYoung : « Ezer (l’aide, le secours) est un terme lié à la fonction, non à la valeur[2]. » Je me dois de revenir à la définition biblique lorsque je doute ou que l’image d’une aide devient plus colorée par la société que par le rôle que Dieu me donne.

Sous la protection

J’aimerais encore soulever un privilège : Dieu nous place sous la protection de l’homme. Ceci n’indique pas une faiblesse ou un manque d’aptitude, au contraire. Nous avons un rôle unique, qui nous permet de glorifier Dieu et de lui ressembler en tant que femme, en tant qu’aide. Lorsqu’un homme ouvre la portière pour une dame, il n’est pas en train de lui signaler qu’elle est incapable de le faire, mais qu’elle est digne du respect et des égards que ce geste communique. Dieu, lors de la création, a prévu que cette protection de l’homme envers la femme soit caractérisée par le respect et la bienveillance. Je ne comprendrai jamais tous les pourquoi, mais je veux, une fois de plus, croire que c’est un bon plan.

Sans vouloir excuser ou me cacher sous l’autorité que Dieu a donnée aux hommes, je soulève ce privilège. Il est étonnant que Dieu tienne Adam responsable alors qu’Ève a goûté le fruit en premier. Il est vrai qu’elle en porte aussi les conséquences (qui sont d’ailleurs teintées par la compassion de Dieu (La 3.32)). Cependant, c’est Adam qui est considéré comme responsable (Ro 5.12).

Je choisis de m’attribuer ce privilège. Je choisis de me placer sous l’autorité des anciens. Dans mon ministère, je leur laisse le rôle décisionnel, le rôle de berger. Je ne le fais pas d’une manière insensée ou simpliste ou encore pour excuser mes mauvaises décisions. Je comprends ma responsabilité individuelle et je prie pour les leaders spirituels de mon église, j’intercède pour que mon mari et les anciens soient des dirigeants selon le cœur de Dieu. De plus, je m’efforce de rester près de la Parole pour discerner et pouvoir exhorter au besoin. Cependant, je remercie Dieu pour ce privilège de ne pas être la première responsable s’il y avait une erreur dans ma doctrine ou dans les choix ministériels. Mon mari et les anciens de mon église ressemblent à un parapluie qui reçoit, limite les risques d’être mouillés pour ceux qui s’y abritent. Une fois de plus, je ne suis pas en train de retirer la responsabilité individuelle, mais je soulève cette protection prévue par Dieu pour les femmes. Je me place volontairement sous leur autorité car je comprends que c’est mon privilège.

« Nos églises sont trop souvent le lieu où l’inversion des rôles – comme dans le jardin d’Eden – s’installe ; oui, les femmes en portent une certaine responsabilité – mais de manière ultime, comme dans le cas d’Adam, ce sont les hommes que Dieu tiendra pour responsables[3]. »

Conclusion

C’est à moi de décider, de chercher à comprendre la distinction entre les sexes, non pas de me sentir limitée, mais de m’épanouir. C’est un privilège que d’avoir de l’influence en tant qu’aide, surtout lorsque ce rôle est compris selon la perspective biblique. Au lieu de comparer les rôles respectifs de l’homme et de la femme, je décide de croire que le Dieu qui a défini ces rôles sait ce qui est le mieux pour moi et ce qui va contribuer à mon contentement.

Au lieu de comparer les rôles respectifs de l’homme et de la femme, je décide de croire que le Dieu qui a défini ces rôles sait ce qui est le mieux pour moi et ce qui va contribuer à mon contentement.

Rappelons-nous « le leadership, c’est la responsabilité d’agir pour le bien de l’autre et non un droit de commander pour son propre bénéfice[4] ». Que ce soit comme homme ou comme femme, je me dois de servir pour la gloire de Dieu.

 

[1] DEYOUNG, Kevin. Les hommes et les femmes dans l’église, Québec, Canada, Publication Chrétienne, 2022, p.97

[2] DEYOUNG, Kevin. Les hommes et les femmes dans l’église, Québec, Canada, Publication Chrétienne, 2022, p.34

[3] DEYOUNG, Kevin. Les hommes et les femmes dans l’église, Québec, Canada, Publication Chrétienne, 2022, p.110

[4] HURLEY, James. Man and Woman in Biblical Perspective, Oregon USA, Wipt and Stock Publishers, 1981 P.240 traduction libre

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