DO ; la prochaine note est-elle un FA ? Dans quelle strophe suis-je ? LA mineur ; je dois m’assurer de voir tout le monde. SOL ; ne perds pas ta place. Garde le tempo afin qu’on soit tous ensemble. DO; mets de l’énergie ici et regarde ! Est-ce que tout le monde suit comme il faut ? Sois sûr de respirer avant cette longue phrase. FA ; n’accélère pas ici. LA mineur ; conduis tout le monde jusqu’à la fin . . .
Cela vous semble familier ? C’est un aperçu de ce qui se passe dans ma conscience lorsque je dirige la louange musicale pour notre congrégation. En m’instruisant moi-même, je suis motivé par le désir de conduire notre congrégation vers une louange au Seigneur sincère et profonde .
Si vous êtes responsable de louange, je suis sûr que vous avez déjà eu des pensées similaires. Puis, lorsque le service est terminé et que vous pouvez enfin vous détendre, vous demandez-vous si vous avez vous-même loué le Seigneur sincèrement ?
Avec tout ce qu’un responsable de louange doit penser, il n’est pas toujours en mesure de méditer sur ce qu’il chante en tant que membre ordinaire de la congrégation. Lorsque j’ai réfléchi à cela, j’ai parfois ressenti de la honte et du désespoir. Je me suis senti comme un imposteur, comme un responsable hypocrite qui fait semblant alors que j’encourage tout le monde à louer Jésus sincèrement.
Si vous avez vécu cette honte en vous examinant, prenez courage : conduire la louange c’est louer Dieu. Cette vérité devrait vous donner confiance quand vous dirigez les autres et vous encourager à examiner votre propre cœur.
Un service vital
Dans le culte collectif, nous nous associons à la congrégation du peuple de Dieu en élevant notre adoration et nos actions de grâce vers Dieu. Les membres de la congrégation le font quand ils chantent depuis leurs rangs. Les conducteurs de la louange le font quand, avec leurs prières et avec leurs dons, ils conduisent le peuple de Dieu dans cette louange.
Avec tout ce qu’un responsable de louange doit penser, il n’est pas toujours en mesure de méditer sur ce qu’il chante en tant que membre ordinaire de la congrégation.
En Nombres 28:9-10 et 1 Chroniques 9:32, nous voyons que, en Israël, les prêtres et les Lévites avaient reçu des tâches particulières à accomplir lors du sabbat afin de favoriser l’adoration collective. Le sabbat devait être un jour de repos, et pourtant ils travaillaient ce jour-là, sans se rendre coupables (Matt. 12:5) parce que c’était Dieu qui leur avait assigné leurs tâches. Les prêtres adoraient le Seigneur comme il se doit à travers leur service, même si celui-ci semblait différent de ce que l’Israélite moyen était appelé à faire le jour du sabbat.
Responsables du culte, il en va de même pour vous. Votre planification, vos répétitions et votre talent musical fidèle en jouant du mieux que vous pouvez pendant le culte, constituent un service essentiel pour votre église locale. Votre service est un culte (Romains 12:1).
Sans le fil conducteur que j’ai exposé ci-dessus, ma congrégation ne saurait pas quoi faire ensuite. Elle a besoin d’un musicien fidèle pour la guider, et une telle direction exige un projet et une concentration en temps réel (1 Chr 16:4-7). Jouer l’accord suivant au bon moment tout en chantant les paroles correctes, c’est cela un culte fidèle.
Comme le dit Bob Kauflin :
Est-il possible de diriger efficacement les gens dans l’adoration, de donner des indications musicales, de jouer les bons accords et de continuer à adorer Dieu ? Absolument. En supposant que j’ai les compétences suffisantes, dois-je sacrifier mon adoration à Dieu afin de faciliter l’adoration des autres ? Non. La seule chose que je dois sacrifier, c’est ma conception étroite de ce qu’est l’adoration.
Le culte ne concerne pas seulement ce qui se passe entre moi et Dieu ; il nous concerne tous, en relation avec Dieu. En aidant les gens à louer la grandeur de Dieu à travers le chant, je contribue à la louange de Dieu. En donnant le signal verbal au bon moment, en observant la réaction des gens ou en communiquant avec le groupe, je souhaite que les gens voient et célèbrent la valeur suprême de Dieu. C’est cela, diriger le culte.
Il en va de même pour les personnes chargées du son et des images. Garder l’oreille attentive au son ou s’assurer que les paroles correctes s’affichent à l’écran nécessite de la détermination et de la concentration. Cela vous détournera parfois des paroles que vous chantez et de leur signification. Mais votre concentration, lorsque vous servez la congrégation, doit être tournée vers la louange. Cela vaut également pour les prédicateurs, les animateurs du culte des enfants et toute autre personne dont le service pendant le culte requiert une résolution consciente. Même les mamans et les papas occupés à aider leurs enfants à lire les paroles des chants ou à trouver des passages de la Bible adorent Dieu en aidant leurs petits à participer.
Je n’ai pas compris cette vérité pendant des années, et il m’en a fallu davantage pour l’accepter, mais c’est vrai ; et si vous êtes musicien ou technicien dans une église, je prie que vous la receviez.
Un miroir et non un projecteur
Il y a une exception. Si notre talent musical n’est pas mis au service de la louange de la grandeur et de la gloire de Dieu, ce n’est pas de l’adoration, du moins pas l’adoration de Dieu. C’est pourquoi, nous devons régulièrement examiner notre cœur afin de nous assurer que notre service est bien orienté.
Comme jouer de la musique requiert du talent et que les musiciens se trouvent devant l’assemblée chaque dimanche, nous sommes souvent tentés de considérer notre rôle comme une performance. Mais le culte du dimanche diffère d’un récital ou d’un concert.
Dans un récital, l’attention est portée sur le musicien ; il est là pour déployer son talent musical. Au contraire, le fait de faire de la musique le dimanche dans l’église devrait détourner l’attention du peuple de Dieu de vous, et la tourner vers le Seigneur. Votre objectif devrait être de jouer suffisamment bien pour ne pas détourner l’attention de ce but, de montrer à l’assemblée, grâce à votre pratique musicale, à quel point Dieu est merveilleux, de concentrer le regard de tous sur sa perfection et la beauté exprimée dans les vérités qu’elle chante à son sujet. Nous devons examiner notre cœur pour nous assurer que nous sommes des miroirs reflétant le Seigneur à notre assemblée, et non des projecteurs braqués sur nous-mêmes.
Le fait de faire de la musique le dimanche dans l’église devrait détourner l’attention du peuple de Dieu de vous, et la tourner vers le Seigneur.
Je loue Dieu pour les musiciens avec lesquels je travaille et qui ont cette attitude de cœur. Je le loue pour tous ceux qui aiment servir le Seigneur avec les dons musicaux qu’il leur a donnés. Je loue Dieu pour ces dons et la façon dont ils sont utilisés. En tant que musicien d’église, je me réjouis lorsque je peux me joindre à la congrégation dans une louange sincère et profonde.
Mais j’ai appris à reconnaître que lorsque mon esprit est plus concentré sur la musique que sur l’élévation de mon cœur, c’est aussi une forme d’adoration.

