×
Parcourir

Pourquoi la « Baby Shower » a-t-elle sa place dans l’Église ?

Dans nos agendas d’église, nous célébrons souvent les baptêmes ou les présentations d’enfants. Pourtant, il existe une tradition, assez récente, qui nous vient des États-Unis, perçue en France comme commerciale ou trop “américaine”, qui mérite que l’on y prête attention : la Baby Shower.

Bien plus qu’une simple fête autour de muffins et de jeux de devinettes, ces moments sont une occasion précieuse pour la communauté des femmes de l’église de se tenir aux côtés de celle qui s’apprête à donner la vie. C’est un temps où les « sœurs » deviennent des témoins. Elles y manifestent concrètement le soutien de la famille de Dieu, rappelant à la future maman qu’elle n’est pas seule, mais qu’elle est portée par une lignée de femmes qui ont, elles aussi, goûté à la fidélité de Dieu.

Mais au milieu des rires et des cadeaux, comment donner une profondeur spirituelle à cet événement ? En y intégrant une bénédiction et un temps de méditation, nous transformons une joyeuse fête en un jalon spirituel. C’est l’occasion d’ancrer les cœurs dans la vérité avant que le tourbillon de la petite enfance ne commence.

Voici un texte que j’ai écrit pour une jeune femme de notre assemblée à l’occasion de sa baby shower.

La maternité : une double école de lÉvangile

L’Évangile est le remède, mais il semble parfois théorique au milieu de la vaisselle, de la fatigue et de nos luttes intérieures.

L’Évangile est le centre de notre vie. C’est ce message glorieux qui a bouleversé l’humanité et radicalement changé le cours de nos existences. Pourtant, si nous sommes honnêtes, le tumulte du quotidien nous le fait parfois oublier.

Nous peinons à saisir la profondeur de la grâce, et cet oubli se répercute partout : nous commençons à vivre comme des personnes déconnectées de leur Père céleste. Parfois, nous agissons comme des orphelines portant seules nos fardeaux ; d’autres fois, comme des femmes cherchant à prouver leur valeur par leur performance. Les conséquences sont connues : épuisement émotionnel, tensions relationnelles et manque de joie.

L’Évangile est le remède, mais il semble parfois théorique au milieu de la vaisselle, de la fatigue et de nos luttes intérieures. Parce que nous avons du mal à le saisir par l’intellect, Dieu a semé dans nos vies des « bandes-annonces » pour nous aider à comprendre son cœur. La maternité est l’une des plus magnifiques.

1. L’amour qui précède la réponse (l’Élection)

Comment comprendre que Dieu nous ait aimées avant même la fondation du monde, sans que nous n’ayons rien fait pour lui ?

L’arrivée d’un nouveau-né nous aide à comprendre. Une mère aime son enfant avant même de le voir, sans qu’il ne puisse rien lui apporter d’autre que son besoin vital. Avant qu’il sache dire « maman », elle lui donne tout. Avant qu’il ne puisse lui faire des sourires, des câlins, ou lui offrir un collier de pâtes. Dieu nous aime de cette manière : un amour qui ne dépend pas de ce que nous pouvons lui apporter, notre apparence physique, notre personnalité, notre performance, mais de notre appartenance à Lui.

2. Le prix de la vie (le Sacrifice)

Comment saisir qu’un Dieu tout-puissant accepte de souffrir pour nous ?

En donnant naissance, le corps de la mère est marqué par la douleur pour qu’un autre vive. Son corps souffrira et se déformera, et pourtant cette maman franchira les portes de la salle d’accouchement en ayant une seule pensée en tête : rencontrer ce bébé qu’elle aime déjà. Elle balaye toute crainte d’avoir mal, tant la nécessité de ce qu’elle s’apprête à faire est prioritaire. C’est une image imparfaite, mais si parlante, de l’amour qui a conduit Jésus à la croix : un amour qui accepte de payer le prix de sa propre chair pour que nous ayons la vie.

3. La compassion face à la faiblesse (la Grâce)

Comment Dieu peut-il pardonner à des êtres aussi fragiles qui tombent chaque jour ?

Une mère regardera son enfant pousser les autres pour passer le premier, pleurer égoïstement pour un jouet, dire éhontément “c’est pas moi !” Alors qu’il est pris sur le fait. Elle verra son adolescent faire de mauvais choix malgré ses conseils. La compassion qui jaillira d’elle, de voir son enfant en proie au péché, cette tendresse qu’elle ressentira lorsqu’il reviendra vers elle en se repentant, n’est qu’une infime fraction de celle que notre Père céleste manifeste quand nous nous tournons vers lui. L’apôtre Jean nous le rappelle :

« L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés…. » (1 Jean 4:9-10)

Une double école pour l’âme

La maternité n’est pas seulement un changement de vie, c’est une école de l’Évangile qui agit dans deux directions :

  • En tant que mère, nous comprenons le cœur de Dieu : en aimant, en pardonnant inlassablement et en persévérant malgré l’épuisement, nous touchons du doigt ce que signifie l’amour inconditionnel. Chaque sacrifice devient une fenêtre ouverte sur l’immensité de la grâce. Nous ne lisons plus seulement « Dieu est amour », Nous le ressentons dans notre chair.
  • En regardant ton bébé, nous comprenons notre propre dépendance : ce petit être, totalement incapable de se débrouiller seul, est notre miroir spirituel. En le voyant s’abandonner avec confiance entre nos bras, Dieu nous rappelle : « Voilà qui tu es pour moi. » La maternité nous dépouille de l’illusion de la « femme forte » pour nous ramener à notre identité profonde : nous sommes des enfants qui ont besoin de leur Père.

Que ces vérités, illustrées par les couches et les nuits courtes, ne soient pas un fardeau de plus, mais une invitation à savourer la proximité de Dieu. Que la maternité soit, pour chaque maman, un chemin quotidien vers la croix.


Pour aller plus loin :

  1. L’identité : Dans les moments de fatigue extrême, avez-vous tendance à agir comme une « orpheline » (portant tout seule) ou comme une « enfant » (s’appuyant sur la grâce de Dieu) ?
  2. L’image du Père : Comment le fait de prendre soin d’un nouveau-né change-t-il votre compréhension de la patience de Dieu à votre égard ?
  3. La dépendance : En quoi la dépendance totale de votre enfant est-elle une invitation à renoncer à votre propre besoin de performance devant Dieu ?
  4. La croix : Le sacrifice physique lié à la maternité peut-il devenir, pour vous, un acte d’adoration plutôt qu’une simple source de frustration ?
EN VOIR PLUS
Chargement