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Les morts ne sont pas morts ?

Dans certaines cultures, on prescrit de rendre un culte aux ancêtres dès leur décès, ou à partir d’une certaine période après leur départ. Si les pratiques et les usages diffèrent d’une culture à l’autre, il faut dire que la notion de ‘culte des ancêtres’ suppose toujours l’entretien d’une communication entre les vivants et les morts.

Les raisons peuvent être diverses : certains souhaitent que les morts intercèdent auprès des dieux/des divinités en leur faveur, d’autres souhaitent être protégés contre les esprits maléfiques, ou encore souhaitent que les défunts les orientent dans leurs choix et décisions importantes.

Cela suscite de nombreuses questions. Faut-il prier pour nos morts ? Si oui, qu’est-ce que nous devons demander à Dieu pour eux ? Faut-il s’adresser aux défunts eux-mêmes ? Si oui, qu’est-ce que nous devons leur dire, ou leur demander ?

Jusqu’où la Bible nous autorise-t-elle à aller dans mon rapport aux morts ? Qu’est-ce que la Bible dit réellement au sujet des morts ?

Les morts n’ont pas le pouvoir d’agir sur les vivants

Le fameux slogan « les morts ne sont pas morts » ne nie pas la mort clinique de l’individu. Au contraire, il suppose qu’une fois mort, l’individu entre dans le cercle des ancêtres2, ces ascendants décédés qui ont désormais la responsabilité de veiller sur leurs descendants vivants et de les orienter dans leurs différents choix. Ces derniers doivent les consulter en permanence et accomplir certains rites pour entrer en contact avec eux, en vue de recevoir des faveurs, la protection et les orientations dans la vie de tous les jours. D’autres trouvent nécessaires à des moments, d’apaiser la colère de certains ancêtres pour se protéger ou annuler des malédictions dont ils feraient l’objet.

La Bible n’est pas de cet avis. Elle nous apprend que les morts n’ont plus aucune part à ce qui se passe sous le soleil3 (Ecclésiaste 9.6). Nulle part la Bible invite ou autorise à entrer en contact avec les morts pour recevoir d’eux un quelconque bénéfice. Au contraire, cette pratique est proscrite (Deutéronome 18.10-12). En Israël, une preuve d’obéissance à Dieu était de ne rien offrir pour un mort (Deutéronome 26.14) – et  c’est toujours une preuve d’obéissance à Dieu que de se garder d’entrer en contact avec les morts, de quelque manière que ce soit. Celui qui bénit Son peuple et prend soin de Lui, c’est Dieu et Lui seul (Deutéronome 26.15 ; Philippiens 4.19).

Et le jugement dans tout ça ?

Le jugement est une notion assez floue chez les adeptes du culte des ancêtres. Certains estiment qu’une fois le décès d’une personne survenu, les ancêtres doivent pardonner ses péchés et l’accueillir en leur sein, ce qui donne lieu à des paroles comme “Que la terre de nos ancêtres te soit légère” (une manière de souhaiter que ce pardon soit accordé au défunt le plus facilement et le plus rapidement possible).

Là encore, la Bible décrit autre chose. Concernant les morts et le jugement, il est dit que tous les hommes, de par leur nature pécheresse héritée depuis la Chute (Genèse 3) sont éligibles à l’enfer, car privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23). Seuls ceux qui sont unis à Son Fils par la foi, sont délivrés de la colère de Dieu, et de Son jugement éternel (1 Thessaloniciens 1.10). Jésus est Celui qui nous délivre de la colère de Dieu, et nous avons la promesse que ceux qui sont morts en croyant au Fils de Dieu ressusciteront avec Lui, à Son retour, pour la vie éternelle (1 Thessaloniciens 4.14). En attendant ce jour, les morts sont dans le séjour des morts, et attendent le jugement final (Hébreux 9.27)4.

De la bonne manière de vivre le deuil

Refuser le culte des ancêtres ne consiste pas à bannir toute idée de deuil

Afin d’éviter toute confusion: refuser le culte des ancêtres ne consiste pas à bannir toute idée de deuil. Selon nos origines, il y a des particularités dans la manière de vivre le deuil, et nous pouvons faire un tri dans ces pratiques pour garder celles qui ne sont pas en contradiction avec le message de l’Évangile. En tant que chrétien, face à un deuil, nous pouvons par exemple :

  • Aménager une pierre tombale
  • Avoir un portrait de la personne chez soi
  • Prier pour les membres de la famille en vie (prier pour la consolation, la paix, le salut pour ceux qui ne sont pas chrétiens…)…

Ceci dit, on ne saurait prendre part de façon active à une cérémonie qui conduirait à une forme d’invocation des morts, ou des prières pour les morts. Dans certains contextes, cela signifie aller à l’encontre des pratiques de personnes très proches de nous, parfois toute une famille. Mais nous avons la responsabilité de vivre et présenter clairement le message de l’Évangile avec douceur et amour.

Qu’est-ce que nous devons retenir ?

Le fait de chercher à communiquer avec les morts et/ou prier pour les morts vide le message évangélique de sa substance. Si nous avons besoin d’autres intermédiaires pour nous approcher de Dieu et susciter Ses faveurs, alors le sacrifice de Jésus à la croix est insuffisant, voire inutile. Jésus est mort et ressuscité une fois pour toutes, et Son sacrifice nous offre un accès complet à Dieu le Père. Il est le seul par qui nous ayons véritablement accès au Père (Jean 14.6 ; 1 Timothée 2.5). Nous prions un Dieu vivant (1 Thessaloniciens 1.9 ; Jérémie 10.10), et nous sommes sauvés par un Jésus vivant, qui intercède pour nous (Romains 8.34).

Nous prions – non pas les ancêtres, mais – le Père, au nom du Fils, dans la puissance de l’Esprit.

Nous devons rendre culte à Dieu seul. Et nous ne le faisons pas à notre manière, mais comme Il le recommande. Notre culte doit être nourri et motivé par la vérité qu’Il a révélée de Lui-même dans Sa Parole, et c’est en tant que personnes rachetées, renouvelées et transformées que nous Lui rendons ce culte. Nous prions – non pas les ancêtres, mais – le Père, au nom du Fils, dans la puissance de l’Esprit.

Notre Seigneur nous invite à repenser notre conception de la mort, et à nous aligner sur ce que la Bible dit à son sujet. Dire qu’une personne peut changer sa condition devant Dieu (ou intervenir dans la vie de ses proches) après la mort, n’est simplement pas biblique, et donc pas vrai. Il y a bien une vie après la mort, mais pas comme nos sociétés et nos cultures le conçoivent. Après la mort, vient la vie éternelle, et cette vie éternelle se trouve en Jésus (Jean 17.3). Nous avons besoin de l’aide du Saint-Esprit pour annoncer le message de l’Évangile avec amour, clarté, fidélité et courage. Les personnes autour de nous ont besoin de savoir que Dieu veut les sauver pendant qu’elles vivent encore, en Jésus, Son Fils.


Notes

1 syncrétisme = combinaison de doctrines initialement incompatibles

2 ancêtre ici fait plus référence aux ascendants décédés, qu’aux simples ascendants (vivants compris)

3  sous le soleil signifie sur la terre, parmi les vivants

4 Certains estiment que la séparation commencera dès le séjour des morts, entre ceux qui auront cru en Jésus (et qui auront un avant-goût du paradis), et ceux qui sont morts sans croire en Jésus. Cette question dépasse malheureusement le cadre de cet article. Le lien suivant dirige vers une vidéo qui l’aborde, et que nous recommandons : https://youtu.be/TX2a_neo3Jo?si=iTk9Ih6MKRKFLdrz

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