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Les premiers vers du psaume 78 commencent par rendre les lecteurs perplexes. Asaph les invite, ainsi que les auditeurs si le psaume était chanté, à écouter son enseignement, à prêter attention aux paroles de sa bouche (v. 1). Il ajoute : « J’ouvre la bouche pour une parabole, j’énonce les énigmes des temps anciens » (v. 2). L’impatience grandit. C’est comme si nous allions entendre des choses inédites qui ont été cachées jusqu’à la venue d’Asaph ! Celui-ci précise alors ce que sont ces « énigmes des temps anciens » : il s’agit tout simplement de « ce que nous avons entendu, ce que nous connaissons, ce que nos pères nous ont redit » (v. 3). Alors, le psalmiste est-il sur le point de nous entraîner sur les chemins d’une nouvelle révélation cachée jusqu’ici, ou va-t-il survoler l’héritage commun des Israélites ? Pourquoi ajouter alors que son propos est partiellement de révéler ces choses à la génération montante (v. 4) ?

Faisons trois remarques.

1° Le mot traduit par « parabole » recouvre une gamme étendue de sens. Il peut désigner par exemple un récit parabolique, des maximes de sagesse ou des aphorismes. Il semble qu’ici Asaph ait tout simplement l’intention de dire ce qu’il a sur le cœur dans les structures poétiques et les sages comparaisons qui caractérisent ce psaume.

2° Le contenu de ce psaume est à la fois ancien (« ce que nous avons entendu, ce que nous connaissons, ce que nos pères nous ont redit ») et nouveau (« les énigmes »). Ce psaume fait partie du groupe des psaumes historiques, qui passent en revue certaines expériences du peuple avec Dieu. Sa majeure partie est consacrée à l’exode et aux événements qui lui sont associés, à savoir les plaies d’Égypte et le don de la manne par exemple. Ce psaume déroule l’histoire jusqu’au règne de David (ce qui montre, entre autres, qu’Asaph était contemporain de ce roi ou qu’il a vécu après lui). Le psaume n’est cependant pas un simple énoncé des faits qui se sont produits à cette période. Le rappel a pour but de présenter certaines leçons qu’il faut tirer de cette histoire, des leçons qui risqueraient de passer inaperçues si on ne leur accordait pas l’attention suffisante. Parmi ces leçons figurent la triste répétition des rébellions, la patience de Dieu qui retient sa colère, sa miséricorde qui sauve constamment le peuple. Ces leçons sont « cachées » dans le texte proprement dit, mais elles s’y trouvent pourtant et Asaph les fait ressortir.

3° Asaph comprend a) que la vraie connaissance de l’Écriture et des voies de Dieu ne se limite pas à la simple connaissance des faits, mais à la compréhension du déroulement de l’action divine ; b) qu’à tout moment, le peuple de Dieu est séparé de l’extinction par une seule génération, d’où la nécessité de transmettre les connaissances accumulées à la génération future.

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