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Asaph a certainement beaucoup médité la question de ce que les croyants doivent conserver en mémoire. Le psaume 75 que nous avons médité hier souligne l’importance de se rappeler les œuvres de Dieu afin de nous rapprocher de lui ou de son « nom ». Le psaume 78 insiste également sur la nécessité de se rappeler les hauts faits du Seigneur et de les faire connaître. Ici, au psaume 77, Asaph met en lumière une autre dimension de ce thème.

Le psalmiste se trouve lui-même dans une grande détresse (v. 2). Nous n’en connaissons pas les causes, mais la plupart d’entre nous ont déjà connu la nuit noire de l’âme ; il nous semblait alors que Dieu était mort ou qu’il se désintéressait complètement de nous. Asaph était tellement abattu qu’il ne trouvait plus le sommeil ; il va même jusqu’à accuser Dieu de le priver de sommeil (v. 5). Le souvenir des jours où tout allait si bien qu’il chantait d’allégresse même pendant les heures de la nuit (v. 7) ne fait que le plonger davantage dans le découragement. L’amertume lui inspire les questions de pure forme : « Le Seigneur rejettera-t-il pour l’éternité ? Ne sera-t-il plus à nouveau favorable ? Sa bienveillance est-elle à jamais épuisée ? Ce qu’il dit est-il anéanti de génération en génération ? Dieu a-t-il oublié de faire grâce ? A-t-il, dans sa colère, retiré ses compassions ? » (v. 8-10).

Asaph décide alors de se rappeler tous les moyens par lesquels Dieu s’est révélé dans le passé. Il écrit : « Ce qui fait ma souffrance, c’est que la droite du Très-Haut n’est plus la même » (v. 11). C’est pourquoi il veut évoquer les démonstrations de force de Dieu et les œuvres de « la droite du Très-Haut » des temps passés. « Je me rappellerai les actes de l’Éternel, car u je me rappelle surtout ton miracle d’autrefois ; je méditerai sur toute ton action. Je réfléchirai sur tes hauts faits » (v. 12-13). C’est pourquoi dans la suite du psaume, Asaph passe à la deuxième personne du singulier ; il s’adresse directement à Dieu et mentionne certaines des innombrables interventions miséricordieuses et puissantes qui ont marqué les relations de Dieu avec son peuple. Il évoque les plaies d’Égypte, l’exode, la traversée de la mer Rouge, le chemin sur lequel Dieu a conduit son peuple « par la main de Moïse et d’Aaron » (v. 14-21).

Les chrétiens ont bien d’autres choses à se rappeler. De même qu’Asaph s’est souvenu de l’exode en lisant les Écritures, nous avons la Parole de Dieu plus complète. Nous ne nous rappelons pas seulement ce dont Asaph se souvenait ; nous pouvons nous rappeler des faits qui lui étaient inconnus : l’exil, le retour des Juifs dans leur pays, les années interminables d’attente de la venue du Messie. Nous nous rappelons l’incarnation, les années de la vie et du ministère de Jésus, ses paroles et ses actes puissants. Par-dessus tout, nous nous souvenons de sa mort et de sa résurrection, ainsi que de l’œuvre puissante de l’Esprit à la Pentecôte et après.

Tous ces souvenirs fortifient notre foi, renouvellent notre vision de Dieu et chassent le désespoir.

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