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Au XIXe siècle, Lord Acton a écrit que tout pouvoir corrompt et que le pou- voir absolu corrompt absolument. Les fondateurs de la République française n’auraient pas désapprouvé. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils ont imaginé une forme de gouvernement avec équilibre des pouvoirs; ils ne voulaient pas qu’un secteur ait trop de pouvoir, car ils savaient que tôt ou tard, ce serait un pouvoir corrompu. C’est aussi pour cela qu’ils ont voulu le suffrage démocratique garanti constitutionnellement. Ce n’est pas qu’ils aient eu une confiance absolue dans la sagesse du vote populaire, car leurs écrits montrent à quel point ils s’efforçaient de ne pas accorder trop d’importance au suffrage universel. Ils tenaient cependant à ce que le peuple puisse le cas échéant destituer quelqu’un de ses fonctions et le remplacer par un autre. De cette manière, personne ne pouvait accumuler sans cesse du pouvoir; tôt ou tard, le peuple pouvait le priver de tout mandat, et cela, sans effusion de sang.

Jésus connaît la nature du pouvoir dans toute hiérarchie gouvernementale: « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles » (Matthieu 20.25). C’est triste à dire, mais le pouvoir ecclésiastique peut, lui aussi, corrompre. C’est pourquoi Jésus propose un paradigme radicalement différent: « Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera vo- tre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave » (v. 26-27).

Il est d’importance vitale pour la santé de l’Église que nous comprenions bien ce passage. Trois remarques permettent d’en circonscrire la signification.

1° Le modèle suprême à cet égard est le Seigneur Jésus lui-même, lui qui « est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (v. 28). Il ne s’agit pas seulement d’un texte fondamental sur la nature substitutive de l’expiation que Jésus a accomplie en mourant sur la croix (cf. v. 17-19), mais d’un rappel puissant que la vie et la mort de Jésus constituent le modèle suprême du leadership chrétien.

2° Le fait de devenir esclave ne signifie pas du tout que les resposables doivent devenir serviles, stupides, ignorants ou tout simplement gentils, pas plus que le leadership et le sacrifice de Jésus se sont caractérisés par une telle incompétence.

3° Le leadership chrétien doit fondamentalement être altruiste et marqué par l’abnégation au profit d’autrui. Jésus aussi a renoncé à lui-même pour se mettre au service des autres. L’Église ne doit donc pas confier sa direction à des gens qui auraient la plupart des dons nécessaires à l’exercice de cette fonction mais qui seraient dénués du don d’abnégation. Pour présider ou enseigner il faut le don de présidence ou d’enseignement (Romains 12.6- 8), mais en plus, il faut être profondément imprégné de renoncement à soi pour le bien des frères et sœurs, faute de quoi on est disqualifié pour cette charge.

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