Deutéronome 19; Psaumes 106; Ésaïe 46; Apocalypse 16

Partager

La justice dont il est question dans Deutéronome 19 semble aux antipodes des idées qui prévalent de nos jours dans les nations occidentales.

La plupart d’entre nous ne peuvent qu’être d’accord avec une grande partie des vérités sur lesquelles ce texte insiste : les tribunaux ne doivent pas condamner une personne sur des preuves insuffisantes. À une époque qui n’avait pas encore toute la panoplie des outils légaux, cela signifiait la présence de plusieurs témoins unanimes (v. 15). Aujourd’hui, les tribunaux disposent de toute une gamme de preuves : les empreintes digitales, l’analyse sanguine, l’analyse de l’ADN, et ainsi de suite. La plupart d’entre nous reconnaissent que c’est une bonne chose. Mais il existe suffisamment d’exemples qui montrent que le texte biblique n’est pas démodé ! Il convient de mettre en place des procédures et des politiques qui empêchent de corrompre le tribunal et de condamner un innocent.

Le reste du chapitre (v. 16-21) semble à première vue quelque peu étrange pour des lecteurs actuels. Il y a trois raisons à cela. 1° Si des juges scrupuleux se rendent compte qu’une personne a rendu un faux témoignage, ils la frapperont de la sanction qui serait injustement tombée sur le prévenu : « Vous le traiterez comme il avait dessein de traiter son frère » (v. 19). 2° Le but de cette mesure est d’extirper ainsi « le mal du milieu de toi » (v. 19). 3° Une fois de plus, Moïse répète la loi du talion : « œil pour œil » (v. 21 ; cf. Exode 21.24, ainsi que la méditation du 11 mars).

Les tribunaux occidentaux ont adopté des attitudes très différentes sur ces trois points. 1° Les sanctions dont ils frappent le parjure ou le faux témoignage sont insignifiantes. C’est le signe que peu d’efforts sont entrepris pour stimuler une passion en faveur de la justice publique. Vous pouvez mentir tant que vous n’êtes pas pris ; vous n’éprouvez la honte que si vous êtes pris sur le fait. 2° Nos théoriciens en matière pénale estiment que l’incarcération sert à faire de la société un endroit plus sûr, favorise la transformation du condamné (mesure thérapeutique ou autre), ou oblige le coupable à s’acquitter de sa dette envers la société. On déploie tellement d’efforts dans l’analyse des conditions sociales qui jouent un rôle important pour expliquer comment un être peut devenir un criminel, qu’on hésite générale- ment à qualifier de mauvaise la personne ou l’action qu’elle a commise. C’est peut-être pour cela que certains films se doivent de décrire des scènes d’une cruauté et d’une violence inouïes chez des personnes vraiment monstrueuses afin de justifier la vengeance. La Bible adopte une attitude radicalement différente. Elle va à la racine, radix, du mal : le tribunal doit extirper le mal. 3° Nous mettons en prison ; nous envisageons rarement une sanction de justice qui correspondrait au crime. C’était pourtant l’une des fonctions de la loi du talion.

À bien réfléchir sur la justice et la responsabilité personnelle, il semble que c’est notre système judiciaire et pénal qui fait de plus en plus fausse route.

Partager
EN VOIR PLUS
Chargement