2 Samuel 3; 1 Corinthiens 14; Ézéchiel 12; Psaumes 51

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Après la mort du roi Saül, David n’est pas devenu immédiatement roi d’Israël. Il a d’abord été oint roi de Juda (2 Samuel 2.1-7) et seulement roi de Juda ; même Benjamin, qui restera du côté de Juda lors du schisme entre « Israël » et « Juda » à la mort de Salomon, était rallié aux autres tribus à la mort de Saül (2 Samuel 2.9).

Abner, le commandant de ce qui restait de l’armée de Saül, installe Ich-Bocheth, le fils survivant de Saül, comme roi d’Israël (2 Samuel 2.8-9). Des accrochages se produisent entre les troupes de David et celles d’Ich-Bocheth. En ce temps-là, de nombreuses batailles opposaient les troupes qui se livraient des combats intenses ; elles étaient suivies de harcèlement incessant ; un des adversaires fuyait, l’autre le poursuivait. Lors d’une de ses escarmouches, Abner tue Asaël, partisan de David et l’un des trois fils de Tserouya (2 Samuel 2.17-23). Le combat s’est déroulé dans les règles ; la mort d’Asaël n’est donc pas un assassinat. Mais cette mort précipite l’une des actions les plus importantes (2 Samuel 3).

La réunification des différentes factions du pays sous la houlette de David n’était pas une mince affaire ; c’était même parfois une tâche ingrate et ignoble, ce qui rappelle que Dieu se sert parfois de gens insensés et méchants pour accomplir ses desseins bienveillants. Abner couche avec l’une des anciennes concubines de Saül (v. 6-7). Par cet acte, Abner transgressait non seulement la loi, mais surtout, il revendiquait le trône pour luimême (d’après le symbolisme de ce geste à l’époque). C’était une offense grave contre Ich-Bocheth. La décision d’Abner d’encourager les onze tribus a à passer avec lui du côté de David était donc moins motivée par l’intégrité et le désir de reconnaître le choix de Dieu que par la mésentente avec Ich-Bocheth et par une certaine convoitise du pouvoir. Mais Joab, l’un des frères d’Asaël, et ses hommes assassinent Abner (v. 22-27). Dans ce cas, il s’agissait
vraiment d’un meurtre et d’une provocation, puisque David avait accordé un sauconduit.

La manière dont David gère cette crise révèle ses points forts et l’une de ses plus grandes faiblesses, forces et faiblesses qui se manifesteront bien souvent par la suite. Politiquement, David est très adroit. Il prend ses distances avec l’action de Joab et exige que Joab et les autres chefs s’associent à la cérémonie qu’il organise pour la mort brutale d’Abner. « Cela fut remarqué et approuvé de tout le peuple, approuvé comme tout ce qu’avait fait le roi » (v. 36). Mais David ne condamne pas Joab, se contentant d’esquiver ses responsabilités royales en déclarant tout simplement : « Je suis encore faible […] et ces gens, les fils de Tserouya, sont plus durs que moi » (v. 39). Le roi néglige son devoir, comme il le fera plus tard à l’égard de son fils Amnon (chap. 13), ce qui aura pour conséquence la révolte d’Absalom qui a failli coûter le trône à David. Ce n’est jamais la volonté de Dieu que l’on renonce aux responsabilités que la Bible nous donne.

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