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Ecouter les chapitres du jour sur le site Audio Bible IBG : 2 Samuel 22 ; Galates 2 ; Ézéchiel 29 ; Psaumes 78.1-39

Pour certains commentateurs, dans Galates 2.1s, Paul cherchait à être testé. Après plusieurs années il était revenu à Jérusalem pour exposer aux apôtres à Jérusalem et aux autres dirigeants chrétiens l’Évangile qu’il avait prêché aux païens. Il s’agissait d’une visite privée ; en fait, il aurait craint « de courir ou d’avoir couru en vain » (v. 2). Ce qui prouverait, selon ces commentateurs, que Paul n’était pas aussi sûr qu’il l’a prétendu au chapitre précédent. Dans ce sens, on aurait pu dire qu’il était un apôtre de second rang.

Cette façon de comprendre le texte ne tient pas. La pensée de Paul est tout à fait différente. Les Galates ont été envahis par des trouble-fête venus du dehors, des hommes qui se prétendaient envoyés officiellement par l’Église de Jérusalem, en somme avec l’aval des vrais apôtres. Le livre des Actes montre que ces gens talonnaient constamment l’apôtre Paul. Il s’était donc rendu à Jérusalem, non pour obtenir une sorte de certificat d’authenticité pour l’Évangile qu’il prêchait, ou le voir rejeté (on constate que Paul n’a pas changé d’avis ni d’orientation), mais pour s’assurer que sa prédication n’était pas mal comprise parmi les responsables de l’Église. Il voulait également les encourager à se dissocier ouvertement de ces « faux frères » qui revendiquaient injustement l’autorité des responsables de l’Église de Jérusalem pour nuire au ministère de Paul parmi les païens. En somme, Paul avait pris une initiative pour s’assurer qu’il ne courait pas en vain ; les agitateurs s’efforçaient de défaire son travail. Il voulait prendre toutes les mesures pour contrer leurs prétentions et ruiner leur influence. Actes 15 montre que c’est justement ce que le concile de Jérusalem a fait. En outre, Galates 2.11-14 suggère que Paul a compris la signification profonde de l’Évangile plus rapidement que certains des autres apôtres. Loin de soumettre le contenu de sa prédication à leur jugement, il était prêt à leur adresser des reproches s’il s’était aperçu qu’ils ne se conduisaient pas de façon conséquente.

Bien que ces confrontations s’articulent autour de questions théologiques de la plus haute importance, nous fixerons notre attention sur un aspect pratique. Si l’Évangile vaut la peine d’être défendu, il existe de bonnes et de mauvaises façons de le faire. Lorsque Pierre se conduit publiquement de façon hypocrite et cause du tort aux autres chrétiens, Paul le reprend publiquement (v. 11-21). Lorsque Paul essaie de déblayer le chemin, de voir ce qui se passe, et expose la teneur de son travail, il rencontre les responsables « en privé » (v. 2). Après tout, son souci est la propagation d’un Évangile non frelaté, pas sa justification personnelle. Lorsque nous sommes devant une situation qui nous impose de combattre fermement pour l’Évangile, réfléchissons à la meilleure manière de le faire, la plus sage et la plus efficace.

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