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La raison qui pousse les gens à demander quelque chose est au moins aussi importante que la nature de ce qu’ils demandent.

Cette remarque s’applique à de nombreux domaines de la vie. Je connais un cadre d’une entreprise moyenne qui a réussi à convaincre ses supérieurs de créer un nouveau comité. La raison invoquée était la nécessité de surveiller un nouveau développement. Mais il s’était bien gardé d’indiquer la véritable raison de sa requête : il voulait avec le temps se servir de ce comité pour en contrer un autre déjà en place, qui avait émis des réserves sur ses propres projets et ne les soutenait pas. Pour lui, le nouveau comité était un moyen d’échapper au contrôle du premier et de gravir plus rapidement les échelons. Sa proposition aurait pu passer pour un moyen astucieux de contourner paisiblement un obstacle inutile dans la structure de l’entreprise (s’il avait expliqué à ses chefs ce qu’il faisait). Toutefois, il l’avait présentée en des termes tout à fait différents. Il ne pouvait pas, en effet, dire honnêtement quelles étaient les arrière-pensées qui dictaient sa requête, car il savait très bien que, pour ses supérieurs, le comité déjà en place accomplissait un très bon travail. D’où son subterfuge.

Mais nous n’avons pas besoin d’aller aussi loin. Combien de nos requêtes – à la maison, à l’église, au travail, dans nos prières – ne cachent-elles pas des motivations égoïstes ?

C’est également ce qui sous-tend la demande des Israélites qui réclament un roi (1 Samuel 8). Le problème ne réside pas dans la requête ellemême. Après tout, Dieu finira par susciter la dynastie davidique en son d temps. Moïse avait prévu qu’un jour il y aurait un roi en Israël (Deutéronome 17). Le problème se trouve dans les mobiles que le peuple expose. Les enfants d’Israël fondent leur requête sur les démêlés récents qu’ils ont eus
avec les Cananéens, mais ils ne voient pas leurs propres fautes, leurs propres infidélités. Ils n’ont nulle envie de se conformer à la Parole de Dieu que leur révèlent les prophètes et les juges, et ne veulent pas lui obéir. Ils s’imaginent qu’ils connaîtraient la stabilité politique s’ils avaient un roi. Ils veulent être comme les autres peuples (!), avec un roi à leur tête pour les conduire dans les guerres (v. 19-20).

Non seulement Dieu comprend bien leur requête, mais il connaît aussi leurs motivations profondes et les soupèse. Dans le cas présent, il se rend compte que le peuple ne s’éloigne pas seulement du prophète Samuel, mais qu’il se détourne aussi de lui (v. 7-8). Le résultat est affligeant : les Israélites obtiennent ce qu’ils demandent, avec toute une gamme de malheurs nouveaux qui n’étaient pas prévus.

Tel est évidemment le défaut fatal de toutes les manœuvres machiavéliques. Leurs auteurs peuvent obtenir des avantages à court terme, mais Dieu règne. Non seulement la vérité finit par éclater, soit dans la vie présente, soit dans celle à venir, mais de plus nous aurons un prix exorbitant à payer au sein de notre famille et de notre culture, à cause des conséquences imprévisibles infligées par un Dieu qui aime l’intégrité de nos motivations.

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