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Dieu n’accepte jamais avec plaisir d’être traité par le mépris, ni de constater qu’on passe outre ou qu’on brave ses instructions. Si tel était le cas, il ne serait pas Dieu.

Dieu est tout à fait capable de se défendre tout seul. Si le récit se déroule de façon aussi brève et précise dans 1 Samuel 5 – 6, c’est parce qu’il est évident pour le lecteur que c’est aux Philistins que Dieu en veut en leur envoyant les terribles maux et maladies qui les atteignent et entraînent la mort de beaucoup d’entre eux. Les surprises commencent par la destruction de Dagôn, le dieu philistin de la mer. Puis viennent la plaie des hémorroïdes et l’invasion de souris multipliant les pertes en vie humaine ; ces malheurs ne frappent pas seulement Asdod, la ville où l’arche de l’alliance avait été transportée, mais aussi Gath et Ékron.

Tous les malheurs qui avaient frappé les Philistins au cours de la journée auraient pu avoir une cause naturelle ; ils ne l’ont pas pensé, mais ils n’étaient pas certains non plus de l’origine surnaturelle de leurs maux. C’est pourquoi les sacrificateurs et les devins philistins ont imaginé un test permettant de savoir que c’était la main du « Dieu d’Israël » qui était à l’origine de tous ces malheurs (6.5, 7-9). Les chefs religieux ont demandé aux Philistins de séparer les vaches de leurs veaux, de les atteler à un char qu’ils ont dirigé ensuite vers Beth-Chémech, une ville en Israël. Dieu se sert des superstitions et des peurs des Philistins.

Alors que les Israélites se réjouissent du retour de l’arche parmi d eux, « l’Éternel frappa les gens de Beth-Chémech lorsqu’ils fixèrent les regards sur l’arche de l’Éternel ; il frappa 70 hommes sur 50 000 parmi le peuple » (6.19). Rien ne prouve que cette sanction ait frappé le peuple instantanément. On peut penser qu’une personne a jeté un regard dans l’arche et qu’elle a été immédiatement châtiée ; les autres ont dû avoir peur et n’ont plus eu envie de regarder à l’intérieur du coffre de l’alliance. Rien ne laisse à penser qu’une lumière aveuglante et consumante soit sortie de l’arche dont quelqu’un aurait soulevé le couvercle, et aurait embrasé les coupables, comme on a pu le voir dans certains films avec Harrison Ford. Poussées par la curiosité, soixante-dix personnes de Beth-Chémech ont sans doute regardé à l’intérieur de l’arche, ce qui était formellement interdit sous peine de mort, et y ont certainement vu son contenu : les tables de pierre (apparemment le récipient contenant la manne et le bâton d’Aaron qui avait fleuri avaient disparu, sans doute pris par les Philistins). Puis les personnes coupables de cette profanation étaient mortes, toutes prématurément ; quelles qu’aient pu être les raisons évidentes de leur mort, la cause ne faisait aucun doute : toutes avaient regardé dans l’arche. Le peuple s’est alors interrogé : « Qui peut subsister en présence de l’Éternel, ce Dieu saint ? » (6.20). Les Israélites ne cherchaient pas tant à tirer des leçons relatives à la sainteté qu’à se débarrasser de l’arche, ce qu’avaient précisément fait les villes païennes. Dieu n’accepte pas d’être traité avec mépris ni de voir son peuple ignorer ses paroles.

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