7 armes invisibles pour un ministère efficace

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Qu’est-ce qui rend un ministère efficace ? Comment les personnes sont-elles changées ? Quelles méthodes devrions-nous utiliser ?

Dans les annales de guerre, certains chefs, certaines stratégies et certaines armes retiennent davantage l’attention : les chars et les bombardiers, l’or et les généraux, les nobles sacrifices qui, à bon droit, obtiennent des barrettes de médailles et laissent derrière eux des héritages qui résonnent jusqu’aux plus lointains horizons de l’histoire.

Ainsi en est-il de même dans notre vision de l’histoire biblique : Noé bâtit l’arche, David tue Goliath, Élie appelle le feu du ciel, Pierre tient le rôle principal à la Pentecôte, Paul navigue au travers de la Méditerranée et Apollos confond les Juifs. Ces anciens constructeur d’arche, adolescent tueur de géant, prophète qui déchire les cieux, prédicateur de réveil, missionnaire martyr et orateur d’Alexandrie ornent les musées du ministère de notre mémoire collective.

Tous ceux-là ont leur place, bien entendu. Dieu s’est servi d’eux tous et il s’en sert encore. Mais le fait est aussi indéniable que quelques unes des armes et des stratégies les plus efficaces sont en même temps les plus discrètes. L’arsenal de Dieu n’est pas limité aux chars porteurs du tonnerre, aux avions de chasse de haute altitude et aux bombes capables de détruire des bunkers. Aucune guerre ne peut être gagnée sans que ne soient mises en place les pièces du puzzle les moins visibles – les lignes d’approvisionnement qui vont lentement, les concepteurs de bretelles de fusils, les éclaireurs et topographes, les ondes sonores invisibles qui parcourent l’air avec des informations vitales.

Tant d’armes de Dieu sont lentes, discrètes, presque secrètes. Comme la levure dans la pâte à pain ou l’eau qui arrive à ébullition, Dieu aime travailler de façon qui exige une foi élargie et la sagesse de l’anticipation spirituelle. Avec ces choses dans notre pensée, voici sept armes secrètes dans le ministère.

1. La prière

La prière est l’arme invisible la plus puissante dont nous disposons. Elle supplie le ciel de semer les semences sur la terre. À quel point le ministère d’Élie, tellement accompagné de miracles, a-t-il été dynamisé par une simple prière (1 Rois 17:1; 18:41–46; Jacques 5:17–18) ? À quel point la puissance de Jésus dans son ministère venait-elle de ses marches de prière sur les collines de Galilée (Matt. 14:23; Luc 6:12; 9:28) ? À quel point notre fécondité spirituelle est-elle nourrie par les prières invisibles des saints à genoux, enfermés dans leur chambre et dont les supplications remplissent les coupes célestes jusqu’à ce que la grâce en déborde ?

La prière est le levier invisible qui touche le cœur de Dieu.

Des veuves obligées de rester à la maison prient pour des diplômés de séminaires récemment sortis de leurs études, et changent la trajectoire de l’histoire. Des parents lassés plaident pour des fils prodigues et, des années plus tard, pleurent sur leur cou quand ils reviennent confiants à la maison, attirés par les cordages invisibles de la prière. Des pasteurs d’âge moyen supplient Dieu d’accorder sa miséricorde quand ils préparent leur sermon hebdomadaire, et l’Esprit souffle le changement dans les coeurs lors d’une réunion du dimanche bien figée.

Anne pria pour avoir un fils (1 Sam. 1), et Israël reçut Samuel le faiseur de rois. Elisée pria pour la foi de son serviteur et soudainement les collines furent enflammées de la présence de chars et de chevaux de guerre (2 Rois 6:17). Néhémie pria en vue d’un second exode (Néh. 1:4–11), et la sainte cité de Jérusalem fut rebâtie. La prière est le levier invisible qui touche le cœur de Dieu.

S’il existe une arme secrète dans le ministère, c’est bien la prière.

2. Être un exemple

Au-delà de notre prière secrète dans notre chambre, quelles sortes d’interactions ont le plus grand effet dans le ministère ? Nous savons ce qui, souvent, reçoit le plus d’appréciation : les sermons et les chants, les livres et les blogs, les retraites et les conférences, les podcasts et les vidéos, les ministères organisés et les réunions programmées. Mais c’est notre exemple qui se tient debout silencieusement au centre de chaque pièce où nous sommes.

Chaque fois qu’un mari et sa femme se réconcilient devant leurs enfants, ceux-ci apprennent plus sur le péché et la grâce qu’ils ne le pourront durant une semaine lors du culte de famille. Chaque fois qu’une collégienne réoriente une conversation qui tourne au commérage, elle tisse ensemble les bords effilochés de la communauté. Chaque fois qu’un professeur s’ouvre de ses faiblesses devant sa classe, il montre quelque chose au sujet de ce que signifie réellement le fait d’enseigner.

Pas étonnant que Paul dise au jeune Timothée : « Que personne ne te méprise à cause de ta jeunesse, mais sois un exemple pour les fidèles en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4:12). Paul savait que les églises où travaillait Timothée l’observaient avant même de l’écouter. Gagne mes yeux et tu gagneras mes oreilles. Échoue devant mes yeux et mes oreilles suivront. L’exemple est l’enseignant silencieux dans chaque pièce.

3. Être cohérent

Plus vous êtes cohérents, moins les gens tendent à le remarquer. Cela devient invisible — attendu, assumé, indécelable. Labourer, semer, arroser et désherber, tout cela n’a rien de spectaculaire. Mais des vergers sont remplis et mûrissent à partir de telles monotonies.

Et cela n’est pas une métaphore employée au hasard. Jésus semait le message du royaume dans le champ des coeurs du peuple de Dieu (Marc 4:1–20). L’activité apostolique qu’il a confiée était un travail agricole (1 Cor. 3:6–9). Chaque pasteur chrétien doit être un fermier qui travaille dur (2 Tim. 2:6).

Dans le ministère, comme en agriculture, la répétition est vitale. Se réunir régulièrement, prêcher régulièrement, chanter régulièrement, évangéliser régulièrement – être constamment cohérent – ce sont là des armes secrètes dans le ministère. De sages répétitions sont le matériau du succès.

Parce que la régularité seule ne semble lassante que jusqu’à la moisson.

4. Avoir une structure

Répéter des actions saines ce n’est pas la seule voie pour réaliser la cohérence. Il est aussi important de structurer certains aspects du ministère.

Comme les poutres dans une construction, la structure est rarement ce que l’on remarque. Mais comme ces poutres, la structure porte souvent le poids des belles choses.

Les meilleures structures sont celles qu’on remarque le moins. Elles conviennent tout simplement – elles conviennent à la vérité, à la situation, aux personnes et aux besoins. Elles conviennent tellement qu’elles ne se voient pas. Telles un bon éclairage, elles accentuent la beauté plutôt qu’elles ne distraient de la voir. Telles une demoiselle d’honneur royale, elles n’attirent pas l’attention mais elles dirigent le projecteur vers l’endroit où il faut. Telles un espalier de maître-vigneron, elles n’étouffent pas la vigne, mais la soutiennent.

Comme des poutres que l’on voit rarement, la structure porte souvent le poids des belles choses.

Dans les petits ministères, les structures, la ponctualité, les processus et les procédures peuvent être aisément ignorés. Mais que votre groupe soit grand ou petit, des structures intelligentes accroissent l’efficacité.

La bonne sorte de structures – des structures raisonnables qui restent proportionnelles aux besoins – aident chacun à conserver les choses importantes comme importantes.

5. La préparation

Vous pouvez toujours reconnaître que quelqu’un n’a pas bien planifié quelque chose. Mais il faut de l’expérience et du discernement pour sentir quand quelqu’un l’a bien fait. Plus une chose est bien planifiée, moins on le ressent. Plus quelqu’un se prépare, plus les choses se font avec souplesse. Avez-vous jamais fait cette expérience, lors d’un événement ou d’une fête ou en affaires, durant laquelle vous avez pensé : Waou — ils ont pensé à tout ? Cela ne se produit jamais sans une sérieuse préparation.

Oui, il est possible de planifier et de préparer à l’excès, d’approcher de manière trop systématique les événements et, ainsi, d’écraser toute saine spontanéité et de transformer en air conditionné le souffle de l’Esprit. Il est possible de placer les dons des personnes dans un carcan avec des programmes qui les freinent et des plans inflexibles. Mais le remède à la préparation excessive n’est pas une préparation insuffisante, mais une préparation humble, attentive à ce que Dieu veut, conduite par l’Esprit et flexible.

Après tout les médaillés olympiques font apparaître leurs performances simples non par une brillante spontanéité athlétique, mais au moyen d’un entraînement physique ininterrompu.

La préparation et l’opportunité sont de beaux partenaires de danse.

6. Le ton

Une bonne communication est vitale pour toute relation, particulièrement dans les diverses communautés, les institutions hiérarchiques et les organisations comptant plusieurs départements. Mais une bonne communication demande plus que des mots précis, clairs et opportuns. Une bonne communication exige le ton juste.

Parler avec le ton juste dans des situations particulières rend votre ton virtuellement invisible (ou inaudible). Quand vous frappez juste le bon accord, il se peut qu’il ne soit pas apprécié consciemment, mais il est ressenti. Il résonne, véhiculant votre message dans le cœur de votre auditeur.

Mais quand vous faites usage du mauvais ton – même si ce que vous dites est la chose juste à formuler – votre ton va amoindrir votre message. Parce que les mêmes mots dits avec un ton différent sont des mots différents.

Le ton est semblable à un arbitre faisant son travail : Quand il le fait bien, personne ne le remarque, mais quand il le fait mal, le désordre éclate. Un arbitre faisant son travail presque invisible est essentiel pour que le jeu puisse se dérouler avec souplesse, l’ordre étant maintenu et chacun – depuis les joueurs jusqu’aux supporters en passant par les entraîneurs – étant content.

Et le ton n’est pas seulement un petit souci pratique. Depuis les plus hauts niveaux de la direction spirituelle, nationale et exécutive, Salomon et les sages d’Israël enseignent aux fils royaux de la nation à parler gentiment, à avoir une langue persuasive et un ton sagement adapté à la situation qui bâtit la confiance et persuade — tout cela parce que celui qui parle craint Dieu, exerce le contrôle de soi et ressent le besoin de l’heure.

Une réponse douce détourne la colère, mais une parole dure suscite l’irritation. (Prov. 15:1) Une langue gentille est un arbre de vie, mais si elle est perverse elle brise l’esprit. (Prov. 15:4) Un ministère efficace exige une communication biblique et une communication biblique ce n’est pas seulement ce que vous dites, mais comment vous le dites.

7. Le repos

Si les rédacteurs de l’évangile ne nous avaient pas dit que Jésus se reposait (Marc 4:37–38; Jean 4:6) et qu’il extrayait ses disciples de l’activité du ministère pour se reposer (Marc 6:31), nous n’aurions probablement pas deviné qu’il le faisait. Pourquoi se reposer quand vous pouvez guérir les malades, chasser les démons et marcher sur l’eau ? Et plus encore, même si le repos est physiquement nécessaire, en quoi est-il une part du ministère ? Tout ce qui, dans ce monde, utilise la puissance électrique doit être rechargé. Il n’y a que Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit qui ont une puissance inépuisable. Et le Fils a mis de côté l’utilisation indépendante de cet attribut quand il a pris sur lui la chair humaine. Il a été fatigué, et il s’est reposé.

Jésus n’a eu que quelques années de ministère public sur terre, et il en a passé une bonne partie à se reposer.

L’identité de Jésus n’était pas liée à son activité. Il est venu pour faire la volonté de son Père, laquelle réclamait un travail messianique immense, mais il n’était pas asservi à son œuvre. Il n’était asservi qu’à travailler selon la volonté de Dieu, ce qui le rendait libre de se reposer quand son corps, qui lui avait été donné par Dieu, le demandait.

Le repos est une arme secrète dans le ministère, mais elle si souvent négligée et même dénigrée pour un grand nombre de raisons qui s’étendent de la déraison physique jusqu’à une insécurité profondément enracinée et une arrogance ambitieuse.

Pensez seulement à ceci : Jésus n’a eu que quelques années de ministère public sur terre, et il en a passé une bonne partie à se reposer.

La puissance correspond à l’invisibilité

Les armes les plus efficaces dans la guerre qu’est le ministère ne sont pas toujours les plus évidentes, les plus remarquées ou celles dont on se souvient le plus. Mais bon nombre des simples outils que Dieu nous a donnés possèdent une puissance qui correspond à leur invisibilité.

En fait, elles possèdent souvent une puissance inversement proportionnelle à l’attention que nous leur donnons. Aussi, si nous sommes sages, nous ne voudrons pas nous servir seulement des méthodes du ministère qui sont évidentes ou remarquables. Nous apprendrons aussi à nous confier dans le Dieu qui nous a donné des voies subtiles pour gagner la guerre.

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