Nombres 23; Psaumes 64 – 65; Ésaïe 13; 1 Pierre 1

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Balaam reconnaît qu’il n’a aucun pouvoir sur les oracles qu’il reçoit (Nombres 23). Il n’est même pas sûr d’en recevoir : « Peut-être que l’Éternel viendra à ma rencontre », explique-t-il à Balaq (v. 3).

« L’Éternel mit une parole dans la bouche de Balaam » (v. 5), et ce message est révélé dans l’oracle des versets 7 à 10. 1° Présenté sous forme poétique, il souligne l’indépendance du vrai prophète. Alors que Balaq lui a donné l’ordre de maudire Israël, Balaam rétorque : « Comment vouerais-je à la malédiction celui que Dieu n’a pas maudit ? Comment répandrais-je ma fureur quand l’Éternel n’est pas en fureur ? » (v. 8). 2° La dernière partie du premier oracle concerne les Israélites. Ils se considèrent comme différents de tous les autres peuples – après tout, ils constituent le peuple de l’alliance avec Dieu – c’est pourquoi Israël ne fait pas partie des autres nations (v. 9). Non seulement le nombre des Israélites va augmenter (« Qui peut compter la poussière de Jacob et dire le nombre du quart d’Israël ? »), mais de plus ils sont déclarés comme formant une nation juste, un peuple qui ne peut qu’avoir une fin glorieuse (v. 10).

Balaq ne jette pas facilement l’éponge. Dieu donne donc à Balaam un autre oracle (v. 18-24) dans lequel il répète et accentue les mêmes thèmes. 1° Balaam ne peut prononcer sur Israël qu’une bénédiction. Dieu ne va certainement pas changer d’avis sous prétexte que Balaq insiste auprès de Balaam pour que celui-ci décoche une nouvelle volée de flèches de malédictions sur Israël. « Dieu n’est pas un homme pour mentir, ni fils d’Adam pour avoir du regret » (v. 19). Non seulement Balaam a « reçu l’ordre de bénir » (v. 20), mais de plus le prophète reconnaît que même s’il désobéissait à ce commandement, « Dieu a béni, je ne le révoquerai pas » (v. 20). « L’occultisme ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël » (v. 23). 2° En ce qui concerne Israël, Balaam n’aperçoit ni malheur ni misère, car « l’Éternel, son Dieu, est avec lui » (v. 21). Comme son Dieu est celui de l’exode, Israël a la vigueur du buffle et triomphera de ses ennemis (v. 22, 24).

Deux remarques : 1° Balaq symbolise le type d’approche religieuse préférée des gens superstitieux. Pour eux, la religion sert à s’approprier des bénédictions et à faire descendre des malédictions sur autrui. Les dieux sont à mon service. Je m’irrite et suis frustré si je n’arrive pas à les domestiquer. 2° Après la succession de révoltes et de murmures du peuple d’Israël, il est pour le moins surprenant de le voir qu’il est l’objet d’une telle louange. La raison réside évidemment en Dieu qui soutient et fortifie son peuple. Si Dieu a décidé de le bénir, aucune malédiction ne pourra l’atteindre. Et comme Dieu est la source de cet oracle, il va de soi qu’il voit les choses de cette manière. C’est la base de notre confiance et de notre espérance.

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