Juges 1; Actes 5; Jérémie 14; Matthieu 28

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L’histoire d’Ananias et Saphira, rapportée dans les débuts du christianisme à cause de leur tromperie (Actes 5.1-11), est troublante à plus d’un titre. Elle l’était déjà pour l’Église primitive (v. 5, 11). Faisons quatre remarques à propos de ce récit.

1° Le réveil spirituel ne garantit pas l’absence de péché dans une assemblée. Lorsque beaucoup de gens se convertissent et sont authentiquement transformés, que beaucoup sont renouvelés intérieurement et apprennent vraiment à haïr le péché, d’autres trouvent qu’il est plus agréable de passer pour saints que de l’être. Les réveils spirituels ouvrent souvent la voie à la tentation de l’hypocrisie, une tentation moins visible quand l’ambiance générale est celle du matérialisme ou du paganisme.

2° La faute réside moins dans l’usage de l’argent qu’Ananias et Saphira ont retiré de la vente de leur champ que dans leur mensonge. Apparemment, quelques membres de l’Église vendaient des terres et apportaient aux apôtres tout le produit de la vente pour soutenir les différents ministères, et venir en aide à leurs frères et sœurs chrétiens qui se trouvaient dans le dénuement. L’homme qu’on appelait Barnabas en était d’ailleurs un exemple (4.36-37). Il fait d’autant plus ressortir la conduite coupable d’Ananias et Saphira. En effet, eux aussi avaient vendu un champ, mais ils avaient gardé une partie de la vente pour eux-mêmes et prétendu avoir tout donné. C’est cette apparence de sainteté et d’abnégation, de générosité et de piété qui était offensante. Si elle n’avait pas été dénoncée et sanctionnée, elle aurait pu se propager et contaminer d’autres chrétiens. Elle aurait valu des félicitations à des gens qui ne les méritaient pas. Mais cette attitude était surtout un mensonge contre le Saint-Esprit, comme si l’Esprit de Dieu ne pouvait pas connaître la vérité ou s’en désintéressait. De ce point de vue, Ananias et Saphira ont commis un acte extrêmement présomptueux ; ils ont adopté une position tellement contraire à celle qu’inspire une foi authentique, à savoir une vie centrée sur Dieu, qu’elle en était devenue idolâtre.

3° La conspiration est un autre trait marquant de cette histoire. Il n’avait pas suffi qu’Ananias conçoive cette horrible machination tout seul. Il avait agi « avec le consentement de sa femme » (v. 2) ; d’ailleurs, Saphira n’a pas pris une attitude passive dans cette démarche ; elle a menti activement (v. 8), montrant ainsi qu’elle avait volontairement voulu tromper les croyants et défier Dieu.

4° Lors de réveils spirituels, la sanction peut frapper beaucoup plus rapidement qu’à des moments de relâchement et de déclin spirituels. Le pire jugement est que Dieu se détourne de l’Église et laisse le péché se multiplier en son sein ; l’issue est inévitablement catastrophique. En revanche, quand Dieu réagit promptement et sévèrement, l’Église en tire les leçons et s’épargne une sanction pire. La crainte s’empare alors non seulement de l’Église, mais également de tous ceux qui apprennent ces événements (v. 5, 11). Il est écrit : « Celui qui marche dans la droiture craint l’Éternel, mais celui qui prend des voies tortueuses le méprise » (Proverbes 14.2).

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