Genèse 43; Marc 13; Job 9; Romains 13

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Les chrétiens ont souvent été en désaccord quant à l’interprétation précise de Marc 13. Mais quelles que soient les divergences, nous ne pouvons pas ne pas remarquer le contraste saisissant entre la perspective des disciples qui s’émerveillent devant le Temple et ses abords et celle de Jésus.

Les disciples sont frappés par les « pierres » et les « constructions » imposantes (v. 1). Ce qui capte leur attention, c’est l’architecture, le résultat de la créativité et de l’ingéniosité humaines. Jésus, lui, raisonne sur un autre plan. Il aperçoit le mal qui sévit dans le monde, les prétentions des fausses religions, la persécution qui frappera les disciples et le jugement qui fondra sur le monde. Quant aux pierres et aux constructions, il annonce leur destruction: « Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée » (v. 2). Une petite quarantaine d’années s’écouleront avant que cette prophétie se réalise.

Ce passage en évoque un autre. Dans Actes 17.16s, Paul se trouve à Athènes. Ce qui frappe, c’est sa réaction à la vue de la ville. Luc ne dit pas que l’apôtre était saisi par son architecture spectaculaire, par l’histoire unique de cette grande cité, par la littérature que ses philosophes avaient répandue, ou par la gloire de son passé. Loin de là. Paul a contemplé cette vénérable cité ancienne et a eu « l’esprit exaspéré en contemplant cette ville vouée aux idoles » (Actes 17.16).

Ni le regard de Jésus sur Jérusalem, ni celui de Paul sur Athènes n’étaient superficiels. Dans les deux cas, le jugement s’alignait sur la perspective de Dieu. Ceux qui sont frappés d’admiration par les édifices grandioses et les prouesses humaines feraient bien de méditer le récit de la tour de Babel (Genèse 11). Il y a certainement eu à ce moment-là des gens impressionnés par cet édifice. Mais en considérant le cœur humain et les raisons de cette construction, Dieu n’a rien vu d’autre dans ce chef-d’œuvre que de l’outrecuidance insupportable.

Nous aussi devons apprendre à comprendre et à jauger notre culture avec le regard de Dieu. Parce qu’ils sont créés à l’image de Dieu, les êtres humains sont capables de faire des choses dignes et admirables. C’est le résultat de ce qu’on appelle la « grâce commune » en théologie. Mais nous risquons d’être tellement fascinés par la richesse, la puissance, l’architecture, la renommée, l’érudition, les performances physiques et les prouesses technologiques que nous ne voyons plus l’état moral et spirituel du monde qui nous environne. Nous apercevons la gloire du monde, mais sommes insensibles à ce qui fait sa honte ; nous soulignons les accomplissements humains mais négligeons de voir l’idolâtrie sous-jacente; bref, nous sommes frappés par ce qui impressionne les porteurs déchus de l’image divine, mais nous omettons de juger ces réalités à la lumière de la croix et de l’éternité. Nous ferions mieux de suivre l’exemple de Jésus et de Paul.

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