Le discours d’adieu, qui commence dans Jean 14, contient un enseignement particulièrement riche sur le Saint-Esprit. Faisons quelques remarques à ce sujet.
1° En grec, tout nom est grammaticalement défini comme étant masculin, féminin ou neutre. Le mot « esprit » est normalement neutre. Par conséquent, chaque fois qu’il est remplacé par un pronom personnel, il ne devrait s’agir que du pronom neutre. Or dans ce chapitre, ce pronom est parfois masculin, ce qui transgresse les règles grammaticales habituelles ; c’est déjà une façon de faire comprendre que le Saint-Esprit est une personne et non une simple chose.
2° Parmi ses titres figure celui de « Consolateur » (v. 16), traduit aussi par « Défenseur » ou « Avocat ». À l’origine, le verbe consoler, qui dérive du latin, signifiait « fortifier », « réconforter ». Aujourd’hui, le sens de ce terme a évolué, si bien que dans le langage courant, consoler, c’est entourer les personnes affligées ou endeuillées. C’est un sens beaucoup plus restrictif que celui que lui confère Jésus. Le terme grec revêt plusieurs sens, certaines versions ont ainsi préféré le conserver sous la forme transcrite Paraclet, plutôt que sous sa forme traduite. C’est certainement une personne qui vient à côté du chrétien, l’aide et le fortifie. L’aide qu’il procure est parfois de nature juridique ; il intervient comme avocat général (16.7-11) ; il peut être notre « Conseiller » juridique (le terme ne doit pas évoquer l’idée de conseiller psychologique ou politique).
3° Jésus déclare qu’il est « un autre Consolateur » (v. 16). Dans le grec ancien, l’adjectif traduit par « autre » désignait quelque chose de « même espèce ». À l’époque du Nouveau Testament, ce sens est plutôt rare ; il ne s’impose pas, mais on peut le déduire par l’examen du contexte. Dans ce cas, Jésus promet clairement d’envoyer quelqu’un qui le remplacera. Il vaut la peine de noter qu’en dehors du discours d’adieu de Jésus, le terme « Paraclet » ne se trouve que dans un seul endroit du Nouveau Testament, à savoir 1 Jean 2.1 où il est traduit par « avocat », celui qui prend notre défense devant le Père. Jésus est donc le premier Paraclet. Au moment où son départ est imminent, il promet d’envoyer le Saint-Esprit, l’autre Paraclet, pour ses disciples et auprès d’eux.
4° Il est encore appelé « l’Esprit de vérité » (v. 17). Cela ne signifie pas seulement qu’il dit la vérité par opposition aux mensonges, mais qu’il est le véritable Esprit, celui qui garantit la présence du Père et du Fils dans le croyant (v. 23).
5° Jésus promet que l’Esprit « vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit » (v. 26). Puisque le « vous » indique ceux auxquels l’Esprit doit rappeler ce que Jésus a dit, il s’agit avant tout des premiers disciples. L’Esprit les rendra capables de se rappeler l’enseignement de Jésus, et d’en saisir toute la signification après la croix et la résurrection. Comment l’enchaînement aurait-il pu être fiable sans l’œuvre de l’Esprit ?