2 Rois 19 ; Hébreux 1 ; Osée 12 ; Psaumes 135 – 136

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Certains psaumes nous donnent un aperçu du culte israélite d’autrefois ; le psaume 136 en fait partie. Il est probable que ce psaume était chanté en contrechant : une partie du chœur ou de l’assistance dans le Temple chantait la première ligne de chaque cycle, et toute la communauté répondait : « Car sa bienveillance dure à toujours ». La comparaison des versets 18 à 22 avec 135.10b-12 laisse supposer que d’autres psaumes étaient chantés ainsi. Dans la tradition juive, ce psaume est connu comme le Grand Hallel, « le grand psaume de louange ». Le refrain célèbre la « bienveillance » de Dieu : le mot hébreu correspondant est hesed difficile à rendre systématiquement par un seul mot français. La NEG traduit : « Car sa miséricorde dure à toujours » et la Segond 21 : « Oui, sa bonté dure éternellement ». Le mot se rattache à la fidélité de Dieu à l’alliance ; c’est pourquoi, selon le contexte, hesed est traduit par « amour », « bonté », « fidélité », avec des accents d’obligations réciproques.

Ce qui, dans ce psaume, stimule la réflexion, n’est pas la nature compacte du refrain, mais ses liens avec toutes sortes de preuves que l’amour de Dieu dure éternellement. Le psaume parle du caractère de Dieu (v. 1), de l’étendue de sa souveraineté (v. 2-3), de son pouvoir créateur (v. 4-9), de la manifestation extraordinaire de son pouvoir lorsqu’il racheta son peuple d’Égypte (v. 10-22), de sa compassion témoignée de la même façon à ses élus et à toute créature en quête de nourriture (v. 23-25). Comparez ce chant particulier à tous ces chœurs qui invitent à louer sans fin le Seigneur, sans dire pourquoi nous devons le louer, ou en indiquant seulement une ou deux raisons. Dans les chœurs modernes, l’accent porte sur l’adoration ; ici, il porte sur celui qui est adoré, si bien que l’adoration a la saveur d’une réponse inéluctable à un Dieu si grand. Les refrains à la mode insistent sur ce que l’homme fait, le psaume 136 sur ce que Dieu est et accomplit.

Quelques réflexions finales. 1° Le verbe « Célébrez », qui introduit les trois premiers versets et le dernier, signifie bien plus qu’un « Merci beaucoup » prononcé de façon décontractée. Il inclut le sens de « confesser », de « reconnaître » (par une réflexion centrée sur Dieu), et ce, dans une attitude d’adoration empreinte de gratitude. 2° Ce Dieu ne tolère aucun rival. Il est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs (v. 2-3). 3° Bombardées par le pluralisme, nos oreilles trouvent étrange d’associer le refrain : « Car sa bienveillance dure à toujours » au rappel que ce Dieu « frappa de grands rois » et « précipita le Pharaon et son armée dans la mer des Joncs ». Par ces interventions, Dieu exprimait son amour électif pour le peuple choisi. L’idée que Dieu aime tout le monde de la même façon à tous points de vue a peu d’appui dans l’Écriture.

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