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Si Romains 1 condamne toute la race humaine, Romains 2 s’intéresse plus particulièrement aux Juifs. Ils possèdent des avantages considérables en ce qu’ils sont les dépositaires de la loi, la révélation de Dieu transmise par Moïse sur le mont Sinaï. Mais là encore, Paul affirme que tous sont condamnés ; la possession de la loi ne sauve pas. Dans 3.19-20, l’apôtre insiste sur le fait que tous ceux qui sont « sous la loi » seront réduits au silence comme ceux qui sont sans loi : ils sont tous pécheurs. Tout cela ouvre la voie à la glorieuse solution qu’apporte l’Évangile.

Mais dans le chapitre de ce jour, un paragraphe a donné lieu à de nombreuses discussions (Romains 2.12-16). Au verset 12, Paul énonce le principe général suivant : Dieu traite les êtres humains d’après les connaissances qu’ils auront eues et non en tenant compte de ce qu’ils ne savaient pas. D’où : « Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché sous la loi seront jugés par la loi » (v. 12). Jésus avait déjà établi un lien entre la responsabilité et les privilèges reçus : plus notre connaissance est étendue, plus nous serons jugés sévèrement (Matthieu 11.20-24). La simple possession de la loi ne sert à rien. Sont justes les Juifs qui obéissent à la loi. C’est pourquoi Paul ajoute : « Quand les païens, qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi – eux qui n’ont pas la loi – ils sont une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs ; leur conscience en rend témoignage, et leurs raisonnements les accusent ou les défendent tour à tour » (v. 14-15).

Pour certains auteurs, cette parole signifie que des païens peuvent d vraiment être sauvés sans avoir jamais entendu parler de Jésus, puisque d’après Paul ils « font naturellement ce que prescrit la loi » et « leurs raisonnements […] les défendent ». D’autres commentateurs rejettent cette interprétation en déclarant que l’affirmation positive de Paul est purement hypothétique. Or Paul ne prétend pas qu’il existe une catégorie de païens qui sont tellement bons que leur conscience est toujours pure et qu’ils seront donc
tout naturellement sauvés. Il affirme plutôt qu’en tous lieux, les païens ont une certaine connaissance du bien et du mal même sans avoir la loi. Ils en donnent la preuve en faisant des choses en accord avec les exigences de la loi. Leur conscience les accuse à certains moments et les défend à d’autres. L’apôtre ne dit donc pas que certains païens sont assez bons pour être sauvés, mais que tous ont une notion intuitive du bien et du mal, une certaine connaissance des normes morales incontestablement ancrées dans l’image de Dieu, et qu’ils ont donc assez de connaissance pour être tenus responsables. Paul est désireux de montrer « que tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché » (3.9).

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