Ruth 1; Actes 26; Jérémie 36, 45; Psaumes 9

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Dans l’Écriture, il existe peu de personnages aussi attachants que Ruth. C’est une Moabite (Ruth 1.4). Elle vit à une période troublée et passe par un terrible chagrin. Elle-même et une autre Moabite, Orpa, avaient épousé des immigrants, Mahlôn et Kilyôn. Ces deux hommes et leurs parents s’étaient réfugiés dans le pays de Moab pour échapper à la famine qui sévissait dans leur pays à Bethléhem. Les années ont passé, et le père des deux hommes, Élimélek, puis ses deux fils, Mahlôn et Kilyôn, sont morts. Trois femmes se retrouvent donc veuves : Orpa et Ruth, les deux Moabites, ainsi que Noémi, leur belle-mère.

Ayant appris que la famine, à l’origine de leur installation au pays de Moab, avait pris fin, Noémi décide de rentrer chez elle. En ce temps-là, les liens familiaux étaient plus étendus et plus durables. Elle savait qu’à Bethléhem, sa famille prendrait soin d’elle et que le chagrin de sa solitude serait adouci. Elle encourage sagement ses deux belles-filles à rester dans leur pays, au milieu de leur peuple, de leur langue et de leur culture. Après tout, qui sait ? Peut-être finiraient-elles par trouver un autre mari. Il ne faut pas qu’elles s’attendent à ce que Noémi en mette au monde !

Orpa suit le conseil de Noémi et reste au pays de Moab ; nous n’entendrons plus parler d’elle. Mais Ruth, elle, s’attache à Noémi: « Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie » (v. 16-17). Elle va jusqu’à prononcer une malédiction sur elle-même : « Que l’Éternel me fasse d ceci et qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi » (v. 17).

Ruth ne prononce pas une parole héroïque. Elle laisse tout simplement s’exprimer son cœur. A-t-elle découvert la foi authentique en Dieu au cours des dix années de son mariage ? Quels étaient les liens qui s’étaient forgés entre Ruth et les membres israélites de cette grande famille, en particulier avec Noémi ?

Notre culture ne manque pas l’occasion de faire des remarques méprisantes, voire acerbes, à l’égard des belles-mères. Pourtant, de nombreuses belles-mères sont tout sauf égoïstes et ont tissé avec leurs bellesfilles des liens aussi pieux et profonds que les liens qui peuvent exister entre mères et filles. Ruth est donc apparemment décidée à abandonner son peuple, sa culture, son pays et même sa religion, pour pouvoir rester auprès de Noémi pour l’aider.

Elle ne pouvait évidemment pas savoir qu’en faisant ce choix, elle se retrouverait bientôt remariée. Elle ne pouvait pas savoir que ce mariage ferait d’elle une ancêtre non seulement de l’importante dynastie davidique, mais surtout du Roi des rois qui en sortirait des siècles plus tard.

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