Nombres 25; Psaumes 68; Ésaïe 15; 1 Pierre 3

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Il existe plus d’une façon de plonger le peuple de Dieu dans la défaite.

Balaq avait ardemment désiré que Balaam maudisse les Israélites (Nombres 22 – 24). Sous la menace de la sanction divine, Balaam avait tenu bon et n’avait prononcé que les paroles que Dieu lui avait confiées. Ici, dans Nombres 25, nous sommes en face d’une tactique tout à fait différente. Des femmes moabites avaient invité des hommes israélites à leur rendre visite. Quelques-unes de ces visites s’accompagnaient de festivités et de sacrifices offerts aux divinités moabites. Des liens se sont tissés entre Israélites et Moabites ; ils ont rapidement débouché sur des relations sexuelles immorales et sur le culte des idoles païennes (v. 1-2), notamment le culte de Baal-Peor (Baal signifie littéralement seigneur). « La colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël » (v. 3).

Le résultat est inévitable. À ce moment-là, Israël ne fait pas face à la colère de Moab, mais au courroux du Dieu Tout-Puissant. Un fléau décime le peuple d’Israël et provoque la mort de 24 000 personnes (v. 9). Phinéas prend une mesure drastique (v. 7-8). Si nous jugeons cette action à la lumière du pluralisme contemporain, ou même à celle de la sanction que l’Église est autorisée à prendre (p. ex. 1 Corinthiens 5), l’exécution de l’homme et de la femme par Phinéas évoque l’horreur et on pourrait accuser le sacrificateur de barbarie primitive. Mais si nous nous rappelons que selon les clauses de la grande alliance de cette nation théocratique, la sanction frappait de la peine capitale l’adultère avéré et l’idolâtrie, nous constatons qu’en obéissant aux termes de l’alliance, Phinéas a sauvé des milliers de vies en éloignant le fléau, et que son geste ressort davantage de la discipline que de la barbarie. Ce jugement, aussi sévère soit-il, n’est cependant rien comparé au jugement à venir.

J’aimerais toutefois faire deux remarques.

1° Moab a découvert le moyen de détruire Israël en poussant les Israélites à commettre des actions qui encouraient le jugement de Dieu. Israël était fort parce que Dieu l’était. Abandonné de Dieu, le peuple d’Israël n’était pas capable de grand-chose. D’après les oracles de Balaam, les Israélites formaient « un peuple qui a sa demeure à part, et qui ne fait point partie des nations » (23.9). Le péché que constituait cette transgression de l’alliance était justement qu’Israël avait voulu ne plus se différencier des nations païennes.

Qu’est-ce qui pourrait séduire l’Église d’Occident, et lui faire adopter une conduite qui attirerait immanquablement la colère de Dieu sur elle ? 2° Des passages ultérieurs montrent que ces événements n’étaient pas de simples amourettes de passage entre garçons et filles, mais une politique qui découlait des conseils de Balaam (31.16 ; cf. 2 Pierre 2.15 ; Apocalypse 2.14). Nous avons là le triste spectacle d’un prophète qui joue un double jeu : il préserve la fidélité officielle tout en offrant des conseils pervers, surtout s’il a l’espoir d’un gain personnel.

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