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Ecouter les chapitres du jour sur Audio Bible IBG : Genèse 16; Matthieu 15; Néhémie 5; Actes 15

Autant que je sache, dans toute la littérature du Proche-Orient ancien, Agar est la seule femme à laquelle la Divinité s’adresse en l’appelant par son nom (Genèse 16.8; 21.17). La femme en question n’est pas l’une de ces grandes matriarches de l’Ancien Testament, telles que Sara, Rachel ou Rébecca, mais une servante qui éprouve de l’animosité envers sa maîtresse et est en fuite. Pourtant, Dieu l’interpelle et lui dit de se soumettre à Saraï (v. 9), lui promet que le bébé qu’elle porte dans son sein sera un garçon; plus tard, il ajoutera que ce garçon engendrera une grande nation (21.18).

Le récit comprend plusieurs leçons. Placé après l’alliance de Dieu avec Abram (chap. 15), l’incident n’est élogieux ni pour Abram ni pour Saraï. Dans leur ardent désir d’enfant, ils se sont dit qu’ils avaient le droit de réaliser le dessein de Dieu, ainsi que leurs propres désirs, par des moyens légitimes mais quelque peu louches. Il en est résulté non seulement de l’hostilité dans leur foyer pendant des années, de l’hostilité qui a aussi empoisonné la génération suivante (chap. 21, 25), mais également les origines des peuples arabes dont l’animosité contre Israël subsiste encore de nos jours. L’une des grandes caractéristiques de la Bible est son honnêteté: elle décrit les grands personnages, aussi bien les hommes que les femmes, tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts. Nous vivons dans un monde brisé; les meilleurs des êtres humains sont déchus. Que cela nous mette en garde contre la vénération excessive des héros!

Notons encore un autre lien avec les chapitres précédents. Dieu avait promis à Abram que toutes les familles de la terre seraient bénies en A lui (12.3). L’élection d’Abram est le moyen d’atteindre cette fin. Même si cette promesse concerne avant tout la descendance d’Abram, Dieu reste le souverain de tous. Dans le livre de la Genèse, l’histoire d’Abram se situe dans le contexte plus général de la création de tous et de la chute de tous. Ici, dès le début de l’histoire de la nation israélite, Dieu manifeste son souci des méprisés, des laissés-pour-compte, des gens qui n’ont aucun lien organique
avec la lignée de la promesse.

Nous constatons le même souci chez le Seigneur Jésus. Dans Mat- thieu 15.21-28, il sait très bien que durant les jours de sa chair, sa mission était essentiellement centrée sur les « brebis perdues de la maison d’Israël » (v. 24). Le peuple historique de l’alliance avec Dieu a certes priorité, mais cela n’empêche pas le Seigneur Jésus de reconnaître la foi remarquable d’une autre femme, une Cananéenne, qui a eu la sagesse de changer sa demande. Elle ne s’adresse plus à Christ en tant que « Fils de David » (v. 22) duquel elle n’aurait rien à attendre ; elle implore tout simplement sa pitié (v. 27). En somme, une autre « Agar » a trouvé cette grâce abondante, comme beaucoup d’autres gens aujourd’hui.

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