Ecouter les chapitres du jour sur le site Audio Bible IBG : 1 Samuel 16 ; Romains 14 ; Lamentations 1 ; Psaumes 32
Avant d’aborder Lamentations 1, quelques remarques s’imposent à propos de l’ensemble du livre.
1° En hébreu, le premier mot du livre signifie : « Oh ! combien la ville est désertée ! » ; il est devenu le titre du livre dans la Bible hébraïque. Les auteurs juifs ultérieurs ont cité ce livre soit d’après son premier mot, soit d’après un autre mot hébreu signifiant « lamentations ».
2° Les premières traductions grecques et latines de ce petit livre l’ont attribué au prophète Jérémie. C’est tout à fait possible, mais l’œuvre est anonyme.
3° Le livre des Lamentations se compose de cinq poèmes, cinq complaintes, occupant chacune un chapitre. Les quatre premières sont acrostiches : chacun des vingt-deux vers de chacun des poèmes commence par l’une des vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu prises dans l’ordre (on note cependant des irrégularités dans les chapitres 2, 3 et 4). Dans les trois premiers poèmes, chaque strophe comprend trois lignes, présentant une certaine forme de parallélisme (à deux exceptions près : les strophes 1.7 et 2.19 comportent quatre lignes). Dans le troisième poème, chaque ligne de chaque strophe commence par la consonne hébraïque qui introduit la complainte. Le quatrième poème ne compte que deux lignes par strophe. Malgré sa forme poétique, le cinquième poème n’est pas acrostiche ; il compte cependant vingt-deux lignes et ressemble à certains psaumes de lamentation collective (Psaumes 44 ; 80).
4° Nous ne discernons aucun fil conducteur dans la pensée exprimée, ni dans chaque lamentation ni dans le livre tout entier, mais certains thèmes réapparaissent souvent. Dans l’ensemble, le livre est impressionniste ; il contient de nombreuses images fortes destinées à accentuer certaines vérités brûlantes.
Si Job s’interroge sur les calamités qui frappent un homme juste et aborde le problème de la souffrance sans cause apparente, le livre des Lamentations traite des calamités qui surprennent une nation coupable. Ceux qui sèment le vent récoltent la tempête. Tout en décrivant honnêtement et avec force les souffrances de la nation, les poèmes justifient Dieu : c’est lui qui contrôle le déroulement de l’Histoire, et non les êtres humains, et on ne se moque pas de lui. Dans le drame de l’Histoire, la justice finira par triompher parce que Dieu est juste.
Deux défis à relever : a) lisez le premier chapitre et soulignez les images très parlantes qu’évoque l’auteur ; demandez-vous ce qu’elles apportent au chapitre et comment elles se rattachent à d’autres passages bibliques (le cas échéant). Prenons un exemple : le verset 10 rappelle implicitement que seul le souverain sacrificateur avait le droit de pénétrer dans le lieu très saint ; or, maintenant, non seulement des païens sont entrés dans le Temple, mais de plus, ils l’ont ravagé. Sur le plan théologique, cet abandon est lié au fait que la gloire de Dieu a quitté le Temple (cf. Ézéchiel 8-11) ; il démontre qu’il faut chercher la présence de Dieu ailleurs que dans un édifice. b) En quoi les versets 21 et 22 sont-ils une marque de piété ?