Il n’est jamais facile de trouver une méthode d’enseignement de la Bible qui corresponde aux capacités et besoins des enfants de maternelle (3-6 ans). Doriane Biancheri, mère de famille, épouse de pasteur et médecin de profession a mis au point une méthode interactive qu’elle a pu commencer à mettre en pratique avec ses propres enfants. Le but de cette méthode est de générer chez l’enfant un émerveillement devant l’amour de Dieu. Anne-Sophie, mère de famille, enseignante et engagée dans l’école du dimanche depuis de nombreuses années nous partage son vécu dans la pratique de cette méthode.
Avant de découvrir la méthode Éveil à l’amour de Dieu en profondeur, je la présentais comme « une méthode d’enseignement de la Bible pour les 3-6 ans ». Raconter des récits de la Bible, apprendre aux enfants des vérités sur Dieu, sur l’être humain, sur Jésus. Ce qui est bien sûr primordial ! Mais son objectif va en réalité plus loin que simplement enseigner des vérités.
J’ai eu l’occasion d’observer plusieurs séances, dans le cadre de la prise en charge des enfants pendant le culte le dimanche matin mais aussi durant un club d’éveil à la foi auprès d’enfants qui découvrent la Bible. J’ai été impressionnée par l’efficacité de cette méthode et de la façon dont elle aide à faire grandir la foi des petits ! Voilà un aperçu de ce que j’ai découvert avec la méthode Éveil à l’amour de Dieu.
Éveil à l’amour de Dieu
Doriane BIANCHERI
Comment faire découvrir la personne de Dieu aux enfants de 3 à 6 ans ? Que sont-ils en mesure de comprendre ? Comment leur permettre de saisir des vérités bibliques abstraites mais capitales ? Comment les conduire à s’émerveiller de l’amour de Dieu ?
Cette méthode innovante vise à enseigner aux enfants de 3 à 6 ans une théologie complète qui suscitera en eux une profonde confiance en Dieu. Elle a pour objectif de les conduire à s’émerveiller de l’amour de Dieu pour eux et à goûter combien il est bon. Basée sur la conviction qu’une juste théologie donne une juste vision du monde, elle souhaite que les enfants développent une foi relationnelle et d’amour avec leur Dieu, qui soit le centre de leur compréhension du monde.
Elle a recours à de nombreux supports manipulables permettant de mettre en scène les textes bibliques. Cette pédagogie très visuelle a pour but de favoriser la transmission de vérités spirituelles difficiles à décrire et à expliquer à de jeunes enfants. Une nouvelle approche par le jeu et la manipulation d’objets à découvrir !
1. L’objectif de la méthode
L’objectif est que les enfants apprennent à s’émerveiller de Dieu. Le but de notre vie est d’adorer et glorifier Dieu, n’est-ce pas ? Ce qui n’est pas toujours chose aisée, même pour nous adultes. Avec la méthode Éveil à l’amour de Dieu, les enfants apprennent à tirer des vérités du texte biblique raconté, avec l’accompagnement de l’adulte. Ils apprennent à savourer ces vérités, à s’émerveiller de Dieu et de ce qu’ils ont appris sur lui. Ils apprennent à tirer eux-mêmes les applications du récit et à se poser la question : « Qu’est-ce que je veux dire à Dieu après avoir compris cela ? ». Ils apprennent à passer un moment avec Dieu, à lui exprimer leur reconnaissance, leur amour, leur adoration.
Beau programme, me direz-vous… Mais comment faire ?
2. Le matériel : des figurines en bois et en tissu
Les scènes bibliques sont racontées à l’aide de supports en bois et en tissu. Cela demande un certain investissement pour l’Église qui souhaite adopter cette méthode : un bon millier d’euros pour ceux qui veulent acheter la totalité du matériel sur la boutique[1] consacrée à la méthode. Mais une fois que cet investissement est réalisé, il n’y aura plus besoin d’achats supplémentaires. Le matériel est rangé sur des plateaux selon les récits bibliques illustrés. Ces plateaux sont à la disposition des enfants lors du temps des ateliers autonomes, dont je parlerai plus loin. Ces supports permettent aux enfants de mieux visualiser les scènes et captent leur attention. Entre 3 et 6 ans tout particulièrement, l’enfant a besoin de manipuler pour s’approprier des apprentissages. C’est rendu possible par ce matériel : ils peuvent rejouer eux-mêmes les récits autant de fois qu’ils le souhaitent. Enfin, ces supports rendent concrètes des vérités abstraites. Par exemple, le péché est représenté par un habit cramoisi. Lors d’une séance, l’animatrice a présenté le temple et le lieu très saint, où résidait la présence de Dieu et que personne ne pouvait approcher à cause de son péché, mis à part le grand-prêtre une fois par an. Un enfant a alors réagi vivement : « Mais ça veut dire que moi non plus, je ne peux pas m’approcher de Dieu à cause de mon péché ! ». Cette vérité était devenue évidente pour lui. Lorsque Jésus meurt à la croix, on enlève tous les habits cramoisis des disciples pour les mettre sur le personnage de Jésus : les enfants comprennent alors ce que signifie le fait que Jésus ait porté nos péchés à la croix.
3. Le temps de discussion
C’est un moment essentiel de la séance. Il vient juste après avoir raconté l’histoire biblique. L’animateur pose des questions aux enfants, questions qui nous sont proposées pour chaque séance dans le livre de la méthode :
- « Qu’as-tu vu dans cette histoire ? Où aimerais-tu être ? » permettent de dégager la vérité biblique de l’histoire.
- « Qu’as-tu aimé le plus ? » amène les enfants à s’émerveiller de cette vérité.
- « Qu’aimerais-tu dire à Dieu ? » va les conduire à l’adoration.
Dans la séance sur la Pentecôte, la conclusion des enfants était : « Je veux dire merci à Jésus d’avoir envoyé le Saint Esprit ! ».
Néanmoins, les fruits ne sont pas toujours visibles. Chaque enfant ne réussira pas forcément à s’exprimer selon son âge ou selon son cheminement. Il peut arriver que les enfants se focalisent sur un détail qui a peu d’importance ou n’arrivent pas là où l’animateur le souhaiterait. Le public des 3-6 ans n’est pas toujours simple à appréhender… Mais le Saint-Esprit agit malgré tout et on peut se rendre compte plus tard qu’ils avaient finalement bien compris la vérité. Cela demande en tout cas de la persévérance et de la répétition. Les enfants qui ont l’habitude d’appliquer cette méthode dimanche après dimanche arrivent ensuite beaucoup plus facilement à exprimer leur amour pour leur Seigneur ! Et cela devient même naturel pour eux.
Les différents supports proposés sont adaptés à l’âge des enfants et leur permettent de parler à Dieu, de réécouter ou rejouer une histoire biblique, de représenter une vérité apprise avec différents supports.
4. Le temps d’ateliers autonomes
Ce temps vient après le temps de discussion. Les enfants peuvent choisir l’atelier qu’ils ont envie de faire, tout en respectant un cadre très précis : prendre un tapis, aller chercher un plateau, choisir une activité, ranger le tout quand on a terminé. D’un point de vue purement pratique, ce fonctionnement permet de maintenir le calme, puisque les enfants réalisent des activités qu’ils ont choisies eux-mêmes. Et surtout, les différents supports proposés sont adaptés à leur âge et leur permettent de parler à Dieu, de réécouter ou rejouer une histoire biblique, de représenter une vérité apprise avec de la pâte à modeler, par le dessin… Une enfant avait dessiné la croix de Jésus dans un coin de la feuille et rempli le reste de la page de cœurs. Pour elle, cela représentait à quel point la croix montrait l’immense amour de Dieu pour nous. Encore une fois, les enfants ne s’emparent pas toujours de ce temps privilégié avec Dieu. Certains vont simplement jouer avec la pâte à modeler ou dessiner ce qu’ils ont envie. Mais peu à peu, ils prennent plaisir à passer ce temps avec Dieu et apprennent à lui parler, à revenir sur ce que la vérité apprise évoque pour eux. Pendant ce temps, l’animateur peut accompagner les enfants individuellement, voir où ils en sont de leur cheminement, raconter à nouveau une histoire à ceux qui le souhaitent.
5. Le programme annuel et les séances
Un programme de récits bibliques est proposé pour une année. Les jeunes enfants aiment la répétition, et le fait que le même programme soit répété chaque année n’est pas un problème pour eux. Les récits sélectionnés permettent d’une part de retracer le Plan de réconciliation de l’être humain avec Dieu. D’autre part, elles présentent à quel point notre union avec Christ est merveilleuse. Les récits racontés collent avec le calendrier : Noël est raconté à Noël, Pentecôte est enseigné le jour de la Pentecôte, etc.
Cette méthode n’a pas pour seul objectif d’enseigner des vérités bibliques, ce qui est bien sûr très important. Elle amène les enfants à réfléchir sur les récits de la Bible qu’ils entendent, à s’émerveiller de Dieu, à passer du temps avec lui, à le voir comme leur plus grand trésor.
La séance est très structurée, ritualisée, ce qui est tellement important pour cette tranche d’âge. Le temps collectif est très court : les récits bibliques durent entre 5 et 10 minutes. Autant que possible, les passages sont lus directement dans la Bible, qui reste toujours ouverte. Les enfants comprennent alors que l’histoire racontée vient vraiment de la Bible.
Des versets illustrés par des gestes sont proposés, ainsi qu’un temps de chant. J’ai été impressionnée par les définitions proposées pour des concepts difficiles. En effet, il est parfois complexe de simplifier une définition sans qu’elle ne devienne fausse théologiquement.
Conclusion
Cette méthode n’a pas pour seul objectif d’enseigner des vérités bibliques, ce qui est bien sûr très important. Elle amène les enfants à réfléchir sur les récits de la Bible qu’ils entendent, à s’émerveiller de Dieu, à passer du temps avec lui, à le voir comme leur plus grand trésor. Un beau challenge qu’elle permet d’atteindre à travers les supports proposés et la structure des séances, tout en comptant sur l’Esprit de Dieu, qui agit dans les cœurs de ces jeunes enfants !
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