James Hely Hutchinson, directeur de l’Institut Biblique de Bruxelles, a animé un atelier sur la théologie biblique lors de la conférence Évangile 21. Il a expliqué que la théologie biblique se concentre sur le déroulement progressif du plan salvateur de Dieu, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, et peut être étudiée à l’échelle d’un seul livre biblique. Cette approche est utile pour les chrétiens car elle libère du légalisme et montre que la justification vient par la foi seule, non par les œuvres de la loi. James recommande des ouvrages comme “Panorama de la Bible” de Vaughan Roberts pour approfondir cette discipline.
Transcription
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James Hely Hutchinson, tu es directeur de l’Institut Biblique de Bruxelles et tu es avec nous ici à la conférence Évangile 21 sur 1 Pierre.
Tu as animé un atelier sur la théologie biblique et je voulais te proposer simplement qu’on puisse en rediscuter un petit peu ensemble.
Déjà, qu’est-ce que la théologie biblique ?
Oui, par opposition à la théologie systématique où on synthétise les données des Écritures par rapport à tel ou tel sujet, dans la théologie biblique on s’intéresse au déroulement progressif du plan salvateur de Dieu depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse et l’intérêt que j’avais dans mon atelier c’est d’expliquer qu’on peut faire ça pas simplement à l’échelle de tout le canon mais aussi à l’échelle d’un seul livre biblique parce que les auteurs ont des réflexes biblico-théologiques, s’intéressent à la chronologie, ont cette sensibilité concernant le parcours du plan de Dieu et donc livrent des propos concernant la théologie biblique à l’intérieur de leurs livres individuels et donc ça c’était le sujet de l’atelier.
La théologie biblique, est-ce que tu dirais que c’est quelque chose qui est utile pour nous en tant que chrétiens, est-ce qu’on devrait faire vraiment attention à ce développement de la chronologie ?
Je pense que oui parce que tu l’as très bien expliqué, c’est dans la Bible mais un peu plus de savoir quelle pourrait être l’utilité pour moi en tant que chrétien.
Oui donc c’est dans la Bible, c’est pratiqué dans la Bible aussi donc les auteurs bibliques qui parcourent l’histoire du salut. Les psaumes et les chroniques sont tous deux des survols de l’Ancien Testament dans une certaine mesure et donc pratiquent la théologie biblique par exemple mais des psaumes individuels aussi, le psaume 136, le psaume 105, le psaume 106 mais est-ce que c’est utile pour notre vie, pour notre ministère ?
Absolument parce que la Bible insiste là-dessus.
On a parlé dans l’atelier de Luc 24, verset 32, le coeur de Cléopas et son compagnon qui a brûlé au-dedans d’eux lorsque le maître Jésus ressuscitait, a donné un cours de théologie biblique sur le chemin des maïs et je pense que c’est normal, je pense qu’il y a une certaine dynamique lorsqu’on commence à comprendre le panorama du grand plan salvateur de Dieu de A à Z et l’utilité au plan pastoral on a vu aussi dans l’atelier hier à partir de Galates, les faux docteurs qui sont en passe de dire mais pour aller jusqu’au bout de la course chrétienne pour atteindre la justification finale, il faudrait se replacer sur la loi de Moïse, respecter la loi et même si dans nos églises nous ne faisons pas forcément exactement cela, il y a une fâcheuse tendance à trouver d’autres règles.
On a vu dans Galates 2.12 que ça peut être par crainte d’autrui, qu’on vit la vie chrétienne de façon à cocher un certain nombre de cases en fonction des attentes des autres, ça peut être le pasteur, on doit aller à la ligne près, on doit et puis ça c’est le résumé de la vie chrétienne alors que la théologie biblique nous libère de cela.
On voit dans l’argumentation de Paul que Abraham est justifié par la foi seule avant même que la loi entre en vigueur et que l’ordre, l’alliance abramique qui précède l’alliance synaïtique est d’une importance capitale pour son raisonnement, pour son argumentation et si on a compris que la façon dont on vit en vue de la justification finale c’est exactement la même que la façon dont on commence la vie chrétienne comme expliqué dans Galates 3.1.5 donc par la foi seule, par la grâce seule, par l’esprit, non pas par les oeuvres de la loi, par le Christ.
Alors c’est extraordinairement libérateur.
Galates 5.1 qui donne la conclusion de l’argumentation jusqu’à ce point dans l’épître, c’est pour la liberté que Dieu nous a libérés et donc on tient ferme dans cela et on a parlé du fait que si on vit comme cela chaque jour sachant que Dieu sourit à notre égard parce que nous sommes en Christ, non pas parce que nous cochons quelques cases, alors nous pouvons être des chrétiens blasés.
En Christ nous avons le bonheur, la libération, l’assurance, notre identité, notre sécurité et notre estime de nous-mêmes en Christ.
Donc très pratique et pour notre vie en effet la théologie biblique dans cette partie des Écritures.
C’est quelque chose que j’ai trouvé très fort dans l’atelier de voir que finalement c’était l’intention de Paul ici de montrer la théologie biblique peut nous sauver du légalisme.
Exactement.
Tous ces efforts qu’on fait pour être plus aimé de Dieu et d’oublier en fait que c’est juste par Christ en fait qu’on est blasés, c’était très fort et ça a montré très concrètement que la théologie biblique est utile pour le ministère.
Si moi j’ai envie d’aller un peu plus loin dans la théologie biblique, par où je pourrais commencer en fait pour développer, être plus conscient en fait de cette chronologie, de ce développement de l’évangile dans la Bible?
Un bon point de départ c’est le livre de Vaughan Roberts, Panorama de la Bible.
C’est assez introductif et axé sur la thématique du règne de Dieu.
Pour les personnes qui voudraient approfondir un peu, ça correspond à un manuel d’institut publique première année, mon livre La nouveauté de la nouvelle alliance qui est plutôt axé sur les rapports entre les alliances publiques.
Ce sont des ouvrages qui me viennent à l’esprit en tout cas sur le champ.
Oui, super.
Merci beaucoup pour ce temps qu’on a pu passer ensemble et j’espère qu’on va pouvoir progresser dans notre compréhension de la théologie biblique.
Amen, merci Aurélien.
Que Dieu te bénisse.
Originaire d’Irlande, James Hely Hutchinson est marié avec Myriam et père d’une jeune Clara. Formé au Moore College de Sydney (Australie), puis titulaire d’un doctorat de Vaux-sur-Seine sur les Psaumes, il assume la direction de l’Institut Biblique de Bruxelles depuis 2007.
Aurélien Lang a suivi une formation en théologie à l’Institut Biblique de Genève (IBG) et obtenu un master de recherche à la faculté Jean Calvin de Aix-en-Provence après des études de droit à Toulouse, . Il travaille actuellement à l’implantation de l’Église Grenoble-Est. Il enseigne également une partie du cursus d’herméneutique à l’IBG. Avec Chloé, ils ont trois garçons.