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J’ai lu une fois un article où l’auteur disait que si l’on plaçait le mot « ado » derrière un autre mot, le premier terme deviendrait automatiquement négatif.

On essaye ? « Conducteur ado » Alors ? C’était le cas ?

Drame d’ado. Hormones d’ado. Fête d’ado. Prises de décisions d’ado. Choix d’ado. La technologie et les ados… Vous voyez le principe.

Cette négativité, ou ces associations négatives, sont partout : à la télévision, au cinéma, dans des podcasts, des reportages et même dans les statistiques. Tristement, on les retrouve aussi dans certains livres chrétiens ou dans des prédications sur la famille.

Je ne sais pas comment le formuler autrement : les parents semblent vivre dans la crainte des ados.

J’assistais une fois à une conférence où j’ai vu un jeune parent présenter, tout fier, son nouveau-né à ses amis. L’un d’eux, qui était plus âgé, lui a dit en plaisantant : « Tu le trouves trop mignon maintenant, mais attends une fois de voir ce que ça va donner à l’adolescence ! »

Je devrais peut-être lui accorder le bénéfice du doute et dire que c’était une remarque innocente, faite à la légère, mais j’étais à la fois triste et en colère. Pourquoi sommes-nous si cyniques sur cette période de la vie ?

Je suis convaincu qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans notre manière de voir l’adolescence. Il y a quelque chose qui cloche quand un parent n’essaye plus qu’une chose : survivre à l’adolescence de leurs enfants. Est-ce une manière biblique de voir les choses ? En quoi notre façon de penser a-t-elle un impact sur la manière dont nous éduquons nos adolescents ?

Dans 2 Timothée 2 : 22, Paul exhorte Timothée à « [fuir] les passions de la jeunesse et [à rechercher] la justice, la foi, l’amour, la paix avec ceux qui font appel au Seigneur d’un cœur pur. »

Cette courte phrase est intéressante. Elle nous appelle à être mesurés dans notre manière de voir les ados et de comprendre cette période de la vie. D’un côté, la Bible nous rappelle qu’il ne faut pas être naïfs. Il y a des défis et des tentations qui touchent seulement les jeunes. On ne peut pas les ignorer.

D’un autre côté, Paul utilise le terme « jeunesse » parce que chaque étape de la vie a ses propres challenges. Les tentations des enfants, ados, jeunes adultes, adultes et aînés ne sont pas les mêmes. On ne peut donc pas dire que seules les tentations des ados sont mauvaises et graves.

Toute personne qui cherche à plaire au Seigneur doit, à chaque « saison » de sa vie, rester éveillée, prier, tenir bon et résister pour ne pas tomber dans la tentation. De la même façon, ne sommes-nous pas appelés à « rechercher la justice, la foi, l’amour, la paix » à chaque pas de notre vie chrétienne ?

Mes quatre enfants ont dépassé le stade de l’adolescence, mais à l’époque, et longtemps après qu’ils ont quitté la maison, je suis devenu de plus en plus convaincu que cette période regorge de d’opportunités.

Parents, abordez ces années critiques avec espérance : ne partez pas en courant et ne vous imaginez pas toutes sortes de scénarios catastrophe. Voyez plutôt ce temps comme une occasion de vous jeter dans la bataille et de vous rapprocher de votre enfant au lieu de le fuir.

C’est l’occasion d’interagir, de discuter et de vous engager dans la relation avec vos enfants. Vous pouvez y trouver du sens et une vocation !

Imaginez si tous les parents chrétiens disaient : « Je suis parent d’un enfant ado. C’est le travail le plus important que j’ai jamais eu. Tout le reste passe après. Je n’ai jamais eu un travail si passionnant, si rempli d’opportunités. Tous les jours, j’ai un rôle à jouer. Tous les jours, je fais des choses importantes qui en valent la peine et qui auront un impact dans la durée. Pour rien au monde je n’abandonnerais ce travail ! »

Que Dieu vous bénisse

Paul David Tripp


POUR ALLER PLUS LOIN

Si vous n’avez pas d’enfant adolescent à la maison, pensez à un ado que Dieu a mis sur votre chemin et que vous pouvez accompagner comme un mentor.

  1. Où avez-vous vu ou entendu une idée reçue négative sur un ado ? Avez-vous d’une manière ou d’une autre participé à ce cynisme culturel, même en privé ? Comment pouvez-vous encourager d’autres parents à aborder cette période de la vie avec optimisme ?
  2. Rappelez-vous votre propre adolescence et transformations biologiques. Était-ce une période difficile physiquement, émotionnellement ou socialement ? Est-ce que le souvenir de ces années peut vous aider à compatir avec votre enfant (ou un autre ado que vous connaissez) ?
  3. Quels défis votre ado a-t-il vécu et qui ont été difficiles pour lui et pour vous ? Avez-vous abordé cela comme une parenthèse frustrante dans le confort de votre vie ou comme une vraie chance ?
  4. En quoi votre ado manque-t-il d’assurance ? Comment pouvez-vous le soutenir, l’encourager et lui rappeler son identité d’enfant de Dieu ?
  5. Comment votre ado s’est-il rebellé récemment ? Qu’est-ce qui a pu motiver cette rébellion ? Que pouvez-vous faire pour traiter le fond du problème plutôt que les comportements visibles ?
  6. En quoi vous, en tant qu’adultes, vous rebellez-vous encore contre votre Père céleste ? Ressemblez-vous plus à un adolescent rebelle que vous ne voulez l’admettre ? Réfléchissez aux progrès qu’il pourrait y avoir si vous confessiez votre rébellion contre Dieu à votre enfant.
  7. Qu’est-ce qui vous empêche de suivre l’appel de Dieu d’être un parent investi ? Où avez-vous besoin de revoir vos priorités, emplois du temps ou gestion des finances pour profiter au maximum de cette opportunité que Dieu vous donne ?
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