Nombres 19 ; Psaumes 56-57 ; Ésaïe 8.1-9.6 ; Jacques 2

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« Car nous comptons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi » (Romains 3.28). C’est ce qu’écrit Paul. Jacques rétorque : « Mais veux-tu comprendre, homme vain, que la foi sans les œuvres est stérile ? […] Vous le voyez, c’est par les œuvres que l’homme est justifié, et non par la foi seulement […] Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2.14-26, en particulier v. 20, 24 et 26).

Paul et Jacques semblent tellement se contredire qu’ils ont fait naître des discussions interminables au cours des siècles. De nombreux critiques contemporains, qui doutent que Dieu ait vraiment parlé par la Bible, estiment que les passages ci-dessus sont inconciliables et qu’ils démontrent l’existence, dès l’origine, de courants différents au sein du christianisme, s’appuyant sur des interprétations distinctes et même mutuellement contradictoires. D’autres chrétiens pensent cependant que Paul et Jacques sont parfaitement d’accord l’un avec l’autre, mais qu’ils revêtent le mot « œuvres » d’un sens différent.

Plusieurs synthèses explicatives ont été proposées ; la place nous manque pour les passer toutes en revue. Il me paraît cependant utile de réfléchir aux points suivants :

1° Paul et Jacques font face à des problèmes très différents. Paul a en face de lui des gens qui prétendent que les œuvres, bonnes ou mauvaises, jouent un rôle fondamental pour celui qui veut devenir chrétien (voir l’une des réponses de l’apôtre dans Romains 9.10-13). Il réplique que les œuvres ne jouent aucun rôle et ne le peuvent pas, car la grâce de Dieu se reçoit par la foi seule. Jacques a devant lui des gens qui affirment qu’il suffit de déclarer, par exemple, que Dieu existe (v. 19) pour avoir la foi qui sauve. Il rétorque que cette foi est vaine ; la vraie foi produit des œuvres bonnes, autrement c’est une foi morte.

2° C’est l’ordre entre la foi et les œuvres qui est en jeu. Paul affirme que les œuvres ne peuvent faire d’une personne un chrétien ; Jacques, de son côté, déclare que le chrétien doit produire des œuvres bonnes. Sur ce point, Paul ne peut qu’être d’accord ; voir par exemple 1 Corinthiens 6.9-11.

3° Le mot « justification », si fréquent chez Paul, désigne pour l’apôtre l’acte par lequel Dieu, en raison de l’œuvre accomplie par Christ sur la croix, déclare acquittés et justes à ses yeux des pécheurs coupables. C’est une justification par pure grâce (Romains 3.20 ; Galates 2.16). Jacques envisage plutôt la « justification » devant les autres (v. 18), et le jugement final. Pour lui, une vie chrétienne authentique doit être une vie transformée. Là encore, Paul ne peut qu’acquiescer : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal du Christ, afin qu’il soit rendu à chacun d’après ce qu’il aura fait dans son corps, soit en bien, soit en mal » (2 Corinthiens 5.10). L’attribution des récompenses peut résulter de la grâce puisque même nos œuvres bonnes découlent en fin de compte de la grâce divine. Cela dit, elles n’en sont pas moins nécessaires.

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