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Le début du premier verset du psaume 127 est souvent cité de nos jours : « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ». Mais à une époque de surpopulation, nous citons moins souvent le verset 3 : « Voici que des fils sont un héritage de l’Éternel, le fruit des entrailles est une récompense ». Nous aurons une perspective plus juste en observant quatre choses.

1° En hébreu, le psaume s’appuie sur deux jeux de mots partiellement intraduisibles en français. Le mot maison (v. 1) peut désigner à la fois la construction, mais aussi, dans un sens métaphorique, la ville (v. 1b-3). De plus, comme en français, la « maison » désigne la famille, la maisonnée, comme dans l’expression « la maison des Bourbons ». Dans ce cas, elle inclut les enfants qui sont une bénédiction (v. 3-5). Par ailleurs, en hébreu les mots « bâtisseurs » (Colombe : « ceux qui […] bâtissent ») et « fils » se prononcent presque de la même façon.

2° Ce qui précède suggère le thème unificateur des parties apparemment disparates de ce psaume : dans toutes les sphères de l’existence, seules la bénédiction et la providence divines garantissent la réussite. C’est vrai au niveau le plus littéral, celui de la construction d’une maison. Dieu accorde la force aux ouvriers, il les soutient dans la vie ; il veille à ce que ne survienne pas une tempête violente qui renverserait les murs en construction ; en leur épargnant d’innombrables surprises (mauvais matériaux, soussol marécageux, accidents dont les ouvriers pourraient être victimes, et bien d’autres choses encore). Le même principe s’applique à la défense des murs F de protection d’une ville, ou à la défense d’une nation grâce à une surveillance radar : si Dieu est avec vous, vous serez bien défendu ; en revanche, s’il n’est pas de votre côté, aucun moyen, aussi perfectionné et coûteux soit-il, ne peut garantir votre sécurité. Dans la maison, la procréation est une fonction naturelle, mais dans un monde providentiellement orchestré par Dieu, les enfants sont un héritage de l’Éternel. Cette vérité n’a pas pour but d’encourager la paresse ! Au contraire, elle incite à la confiance et à la sérénité, le renoncement à un travail frénétique (v. 2).

3° Le psaume 127 figure parmi les cantiques des montées justement parce que le pèlerinage à Jérusalem pour y célébrer les fêtes prescrites par l’alliance fournissait une excellente occasion de réfléchir aux généreuses provisions de Dieu dans tous les domaines de la vie (cf. chap. 128).

4° De tous les cantiques des montées, seul celui-ci est attribué à Salomon. Malheureusement, Salomon est un personnage qui n’a pas toujours appliqué sa grande sagesse dans sa vie personnelle : dans un sens physique et métaphorique, son programme de construction a été insensé (1 Rois 9.10-19), son royaume une ruine (1 Rois 11.11-13 ; cf. la méditation du 8 octobre) et sa maisonnée (avec ses nombreuses épouses païennes) un rejet des prérogatives du Dieu vivant (1 Rois 11.1-9). Combien il importe de demander à Dieu la grâce de vivre en accord avec ce que nous comprenons !

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