Josué 23 ; Actes 3 ; Jérémie 12 ; Matthieu 26

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Au VIIIe siècle avant notre ère, le prophète Osée fit l’amère expérience de la trahison de la part d’une femme à laquelle il s’était marié, et qui s’adonnait à la prostitution. Il apprit ainsi ce que Dieu pouvait ressentir devant la prostitution spirituelle du peuple auquel une alliance le liait. D’une manière assez semblable, Jérémie avait connu le rejet de ses amis et de ses proches (Jérémie 11.18-23 ; voir la méditation d’hier). La détresse et la colère qui résultaient de cette situation permettent de comprendre la réaction de Dieu face au rejet de son peuple (Jérémie 12).

Jérémie soulève une question liée à ses expériences décrites dans les versets qui précèdent. Il a pris part à l’instauration des réformes, et vient pourtant d’être menacé de mort par ses proches et les habitants de son propre village. Tout en s’attachant à la justice de Dieu, Jérémie proteste : « Je veux néanmoins te parler sur tes jugements : Pourquoi la voie des méchants est-elle une réussite ? Pourquoi vivent-ils tous tranquillement ? » (v. 1). Plongé dans le désespoir et envahi par le sentiment de l’extrême injustice de la situation, Jérémie demande à Dieu pourquoi il ne supprime pas tout simplement le méchant en se débarrassant de lui.

Dieu ne répond pas directement à la question de Jérémie (v. 5-6). Il déclare au prophète qu’en fait il n’a encore rien vu. Si Jérémie souffre de l’attitude des habitants de son petit village, qu’en sera-t-il dans l’atmosphère plus lourde et plus perverse de Jérusalem ? « Si tu cours avec des piétons et qu’ils te fatiguent, comment pourras-tu lutter avec des chevaux ? » (v. 5). Si tu trébuches dans l’arène relativement sûre d’Anatoth, « que feras-tu lors de la crue du Jourdain ? » (Avant l’exil, la plaine du Jourdain était couverte d’une végétation luxuriante qui protégeait beaucoup d’animaux sauvages, notamment le lion sauvage d’Asie.) Beaucoup de responsables chrétiens ont dû apprendre que les premières souffrances auxquelles ils ont fait face n’étaient que le prélude à des souffrances plus nombreuses et plus vives.

Après ce dialogue, Jérémie est au moins capable de comprendre ce que Dieu veut dire par ces paroles : « J’ai abandonné ma maison, j’ai délaissé mon héritage, j’ai livré aux mains de mes ennemis celle que chérit mon âme. Mon héritage a été pour moi comme un lion dans la forêt, il a contre moi donné de la voix ; c’est pourquoi je l’ai pris en haine » (v. 7-8). Les versets qui suivent dépeignent donc le jugement qui s’approche inexorablement.

Cependant, même dans cette situation, la grâce de Dieu transparaît. Après les avoir « arrachés », il ramènera les habitants de Juda dans leur héritage (v. 14-15). Si le péché est la cause de l’exil inévitable, le rétablissement suivra à cause de la compassion de Dieu. Même les nations païennes prendront part à la bénédiction de l’Éternel, dans la mesure où elles répudient les Baals et jurent par le Dieu vivant (v. 16).

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