Genèse 42 ; Marc 12 ; Job 8 ; Romains 12

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La réponse de Job à Éliphaz scandalise Bildad de Chouah qui lui décoche de violents reproches (Job 8).

« Jusques à quand tiendras-tu ces propos, et les discours de ta bouche seront-ils un vent impétueux ? » demande-t-il à Job (v. 2). Nous dirions que « ce sont des paroles en l’air ». Pour Bildad, Job accuse Dieu de fausser la justice. « Dieu fausserait-il le droit ? » (v. 3). Or, Bildad ne formule pas cette question rhétorique pour que les théologiens en débattent, mais pour en tirer des implications sous forme d’une assertion qui a dû atteindre Job au plus profond de son être : « Si tes fils ont péché contre lui, il les a livrés à leur crime » (v. 4). Autrement dit, si la tornade a emporté les dix enfants de Job (1.18-19), c’est qu’ils le méritaient. Pour Bildad, prétendre le contraire serait accuser Dieu d’être injuste, de pervertir le droit. Job n’a donc qu’une seule chose à faire : rechercher Dieu et implorer « le Tout-Puissant » (v. 5). Si Job s’humilie, s’il est vraiment pur et droit, Dieu le rétablira dans sa condition initiale. Bildad va même jusqu’à dire à Job que ses richesses d’autrefois n’étaient que des futilités comparées aux récompenses que Dieu lui accordera (v. 6-7).

Pour justifier son autorité, Bildad fait appel à la longue tradition ancestrale « des générations précédentes ». Ses opinions et celles de ses amis ne sont pas des idées du dernier cri ; elles ont le poids de la tradition en leur faveur. Quel que soit leur âge, Bildad et ses amis soutiennent leur thèse non pas par l’expérience d’une seule vie, mais par la tradition accumulée au fil du temps. Selon elle, les impies et ceux qui oublient Dieu périssent comme des roseaux privés d’eau ; ils s’appuient sur une toile d’araignée (v. 11-19). En revanche, « Dieu ne rejette pas l’homme intègre, et il n’affermit pas la main de ceux qui font le mal » (v. 20).

Tel est en gros le raisonnement de Bildad, présenté peut-être de façon brutale. Si Éliphaz a fait appel aux visions nocturnes, Bildad en appelle à la tradition reçue. Une fois encore, tout n’est pas faux. À l’échelle de l’éternité, il est juste de conclure que Dieu justifie la droiture et condamne la méchanceté. Dans son discours, Bildad donne cependant l’impression de connaître les agissements de Dieu mieux qu’il ne les connaît en réalité (ni lui ni Job ne savent ce qui s’est tramé dans les coulisses au chapitre 1). Pire même, il applique sa doctrine de façon mécanique et à court terme, et finit par condamner un homme juste.

Pensez-vous à des cas où une application prématurée et non équilibrée de vérités bibliques s’est révélée foncièrement erronée ?

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