Genèse 38 ; Marc 8 ; Job 4 ; Romains 8

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Le premier discours d’Éliphaz occupe deux chapitres. Dans le premier (Job 4), il donne forme à son argumentation.

1° Les premières lignes (v. 2-4) sont séduisantes. Nous serions presque amenés à penser qu’Éliphaz demande respectueusement la permission de donner des conseils utiles à Job, comme celui-ci l’avait fait autrefois pour les autres. Pourtant, la réalité est très différente. Il ne demande aucune permission. Au contraire, il reproche à Job son découragement. Il déclare en somme que le grand Job qui avait aidé les autres n’est même pas capable de faire face à quelques ennuis (v. 5).

2° Le verset suivant fait entrer le lecteur dans le cœur du raisonnement d’Éliphaz : « Ta crainte de Dieu n’est-elle pas ton soutien ? Ton espérance, n’est-ce pas l’intégrité de tes voies ? » (v. 6). Autrement dit, si Job était aussi pieux et intègre que les autres le croient, soit il ne serait pas dans ce pétrin, soit il serait en mesure de surmonter son découragement. Selon Éliphaz, ces catastrophes ont surpris Job, et ses réactions prouvent bien qu’il dissimule quelque chose de honteux ou de coupable qu’il faut mettre en lumière.

3° En somme, Éliphaz soutient que, dans l’univers de Dieu, l’être humain a ce qu’il mérite (v. 7). Dieu est aux commandes, et Dieu est bon ; c’est pourquoi on récolte ce qu’on sème (v. 8).

4° Éliphaz ne revendique rien moins qu’une révélation pour justifier son raisonnement (v. 12-21). Au cours d’une vision nocturne, dit-il, un esprit est passé devant son visage (v. 15) et a prononcé des mots d’une importance capitale : « Un mortel serait-il juste devant Dieu ? Un homme serait-il pur devant celui qui l’a fait ? » (v. 17). Dieu est d’une puissance et d’une justice tellement transcendantes que même les anges qui l’entourent paraissent stupides et indignes de confiance à ses yeux. Combien moins importants et fiables sont les êtres humains « qui demeurent dans des maisons d’argile, eux dont les fondements sont de la poussière » (v. 19) ! Job devrait donc en tirer la conclusion et admettre tout simplement sa fragilité, ses erreurs, son péché, et cesser de déclarer qu’il ne mérite nullement ce qui lui arrive. Pour Éliphaz, Job s’entête de telle manière qu’il court le danger de contester Dieu dont la justice est bien au-delà de l’appréciation ou de la compréhension humaines.

Évaluons le raisonnement d’Éliphaz. D’un côté, il a raison : Dieu est d’une justice parfaite, d’une sainteté transcendante. La Bible confirme ailleurs que l’homme récolte ce qu’il a semé (p. ex. Proverbes 22.8 ; Galates 6.7). Ces vérités peuvent cependant en elles-mêmes masquer deux éléments. 1° Le facteur temps dans l’exercice de la justice de Dieu est parfois très long. Éliphaz semble défendre un système de récompense ou de rétribution plus expéditif dans lequel Dieu rend immédiatement à l’homme la monnaie de sa pièce. 2° Il n’y a aucune place dans son système pour la souffrance injuste, si bien qu’il suit une voie qui condamne un homme innocent.

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