Genèse 11 ; Matthieu 10 ; Esdras 10 ; Actes 10

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En gros, Esdras 10 donne lieu à deux interprétations.

1° Le phénomène qui se produit s’apparente à un réveil spirituel. Les larmes et la prière d’Esdras sont tellement émouvantes que les chefs du peuple, bien que s’étant eux-mêmes compromis par des mariages avec des femmes païennes, signent un pacte par lequel ils s’engagent à divorcer et à renvoyer leurs femmes dans leurs peuples respectifs, avec les enfants issus de ces unions. Ceux qui contesteront cette décision seront exclus de l’assemblée des exilés (v. 8) et donc traités comme des étrangers. Les instances nécessaires se mettent en place et commencent leur travail. C’est une décision remarquablement courageuse que prennent ces Juifs, un signe sûr de la bénédiction de Dieu, car cette résolution prouve que ces gens aiment davantage Dieu que leur propre famille. La pureté de l’assemblée revenue d’exil est ainsi sauvegardée, et la colère de Dieu détournée. La leçon à tirer est qu’il faut extirper le péché de façon radicale.

2° D’après l’autre interprétation, même si la prière d’Esdras (Esdras 9) est tout à fait juste et fondée, les décisions qui la suivent sont pratiquement toutes mauvaises. Après tout, le mariage est une institution établie lors de la création. Il ne peut donc être défait à la légère ; si la loi proscrit le mariage avec des païens, elle interdit aussi le divorce facile. Et que dire du sort des enfants ? Doivent-ils retourner chez leurs grands-parents païens, privés d’accès au peuple de l’alliance et de la connaissance du seul Dieu de toute la terre ? Sans compter les problèmes psychologiques qu’ils connaîtront immanquablement. N’y avait-il pas d’autres mesures à prendre ? Par exemple, interdire formellement tout nouveau mariage avec une étrangère sous peine d’exclusion de l’assemblée. Il y avait également moyen de décharger les sacrificateurs coupables de leurs droits et de leurs fonctions. La repentance globale engendrée par ces sanctions aurait pu être canalisée vers une étude fidèle de la loi, notamment pour ces familles mixtes. Qu’est-ce qui justifie des mesures aussi inhumaines que celles prises dans ce chapitre ?

À vrai dire, le texte lui-même ne tranche pas entre ces deux interprétations, même si la première paraît un peu plus naturelle à la lumière du reste du livre. Pourtant, c’est bien l’ensemble du canon vétérotestamentaire, voire du canon biblique tout entier, qu’il faut prendre en compte.

Sans vouloir esquiver la difficulté, je pense que les deux interprétations sont justes dans une grande mesure. Il y a quelque chose de noble et de courageux dans l’initiative prise ; mais celle-ci est également impitoyable et réductrice. C’est là l’un des résultats mitigés qui abondent dans la Bible. Pensons à la vie de Gédéon, de Jephté ou de Samson. Certains péchés ont des ramifications tellement complexes que les solutions préconisées par des pécheurs repentants sont elles-mêmes entachées d’erreur.

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