Exode 22 ; Jean 1 ; Job 40 ; 2 Corinthiens 10

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Vers le milieu de son long discours, Dieu donne à Job l’occasion de répondre. Après une question rhétorique (« Le discutailleur va-t-il faire un procès au Tout-Puissant ? »), Dieu ajoute : « Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réponse à cela ? » (Job 40.2).

Pour comprendre ce livre, il est important de ne pas se méprendre sur l’enjeu. Dieu ne revient pas sur l’estime qu’il porte à Job depuis le début (1.1, 8). Même sous les coups les plus meurtriers de Satan et de ses trois « consolateurs pénibles », Job n’a pas faibli dans son intégrité ni renoncé à sa loyauté fondamentale envers le Tout-Puissant. Il n’a suivi ni sa femme éprouvée qui l’enjoignait de maudire Dieu et de mourir, ni ses amis qui lui conseillaient de reconnaître simplement qu’il souffrait à cause de péchés qu’il n’avait pas reconnus jusque-là, et de se repentir. Mais il était arrivé au point de reprocher à Dieu ses souffrances ; plus exactement, il avait insisté pour paraître devant le tribunal de Dieu afin de pouvoir se justifier. Implicitement, et parfois explicitement, Job avait accusé Dieu d’être injuste, ou d’être tellement éloigné que les individus, justes et injustes, semblaient connaître le même destin. Dans ses meilleurs élans, Job recule un peu devant les excès de sa rhétorique, mais il estime que Dieu lui doit pour le moins une explication.

Or maintenant, Dieu déclare que celui qui conteste un point particulier ne doit pas commencer par affirmer que Dieu se trompe ni accuser le Tout-Puissant de ne pas faire les choses correctement. Tel était le sens des questions des chapitres 38 et 39 : Job n’a ni la connaissance ni la puissance lui permettant de juger Dieu.

Job semble avoir compris la leçon : « Voici, je suis peu de chose ; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche. J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; deux fois, je n’ajouterai rien » (v. 4-5). Nous pouvons cependant nous poser la question : Job est-il vraiment convaincu d’avoir fait fausse route ? Croit-il sincèrement que malgré toute sa justice, il n’avait pas le droit de parler sur ce ton à Dieu ? Ou encore, en homme d’une grande piété, s’est-il résolu au silence ? Dieu ne laisse rien au hasard : il abreuve Job de deux nouveaux chapitres de questions sans réponses (chap. 40-41). Il l’invite à ceindre ses reins « comme un (vaillant) homme » (v. 7) avant de poursuivre : « Veux-tu réellement annuler mon jugement ? Me condamneras-tu pour te justifier ? » (v. 8). C’est comme si Dieu attendait quelque chose de plus de Job, quelque chose que celui-ci ne reconnaîtra qu’au dernier chapitre du drame.

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