Exode 16 ; Luc 19 ; Job 34 ; 2 Corinthiens 4

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Dans Job 34, Élihou semble à première vue reprendre à son compte les arguments des trois consolateurs. Il résume la pensée de Job (v. 5-9). Celui-ci déclare être innocent, n’avoir rien fait de mal et accuse Dieu de ne pas lui rendre justice. Il est donc « inutile » de vouloir plaire à Dieu (v. 9). De ce point de vue, Élihou se range du côté des trois interlocuteurs de Job, et il insiste : « Loin de Dieu la méchanceté, loin du Tout-Puissant l’injustice ! » (v. 10) et : « Non certes, Dieu ne commet pas de méchanceté ; le Tout-Puissant ne fait pas fléchir le droit » (v. 12).

Les versets suivants énumèrent des pensées du même genre si bien qu’Élihou semble tomber dans le piège de la théologie réductrice du mérite qu’ont défendue ceux qu’il réprimande. Cependant, il y ajoute un élément qui situe son discours dans un cadre légèrement différent des leurs. Élihou laisse de la place au mystère. Tout en insistant sur l’absolue justice de Dieu, il ne conclut pas comme les trois autres consolateurs que la souffrance est dans tous les cas la conséquence directe du juste châtiment de Dieu. Élihou s’interroge : « S’il donne le repos, qui prononcera une condamnation ? S’il cache sa face, qui pourra le regarder ? » (v. 29). Alors que Job évoque l’idée qu’à cause de son silence Dieu s’expose à l’accusation d’injustice, Élihou, lui, défend l’idée de la justice de Dieu même s’il n’en tire pas les mêmes conséquences que les trois misérables consolateurs. Il laisse de la place au mystère, au silence divin qui n’en est pas moins un silence juste.

Certaines parties du discours d’Élihou sont difficiles à saisir. Pourtant, dans l’ensemble du livre de Job, deux facteurs dominent. 1° Lorsque Dieu prend finalement la parole, il corrige Job (comme nous le verrons) et il reprend sévèrement les trois consolateurs parce que « vous n’avez point parlé de moi avec droiture comme (l’a fait) mon serviteur Job » (42.7). En revanche, il n’adresse aucun reproche à Élihou, peut-être parce que ce dernier n’intervient qu’accessoirement dans le drame, mais certainement aussi parce qu’il adopte une position fondamentale juste, même si elle est légèrement teintée de propre justice. 2° Par des suggestions voilées, Élihou annonce qu’il peut y avoir en Dieu des réalités mystérieuses et des raisons cachées qui nous sont inaccessibles, et aborde certains des arguments que Dieu dévoilera du milieu de la tempête dans les derniers chapitres du livre (chap. 38-41).

La révélation biblique apporte beaucoup de propos compréhensibles, même si plusieurs nécessitent toute une vie pour être saisis. Elle nous rappelle cependant aussi que Dieu n’a pas tout dévoilé (Deutéronome 29.28). À un certain moment, il demande notre confiance et notre obéissance, pas seulement notre appréciation et notre compréhension.

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