Deutéronome 30 ; Psaumes 119.73-96 ; Ésaïe 57 ; Matthieu 5

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Matthieu 5.17-20 marque le début du développement du sermon sur la montagne. C’est une section complexe qui évoque de riches concepts.

Jésus dit : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir » (v. 17). Cette parole a donné lieu à des interprétations populaires mais sujettes à caution. 1° Certains estiment que le verbe « accomplir » signifie le contraire d’« abolir », puisque la construction de la proposition (« non pour abolir, mais pour accomplir ») semble exiger une opposition. Pour eux, Jésus dit en somme : « Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour la maintenir, la préserver ou l’observer ». Or, Jésus voyait-il réellement sa mission dans ces termes, en particulier si le maintien ou l’observance de la loi se résumait à honorer ses commandements et ses prescriptions ? Dans les antithèses qui suivent (v. 21-48), n’est-il pas manifeste que Jésus introduit au moins quelques modifications ? Dans Matthieu 15.1-20 (cf. Marc 7.1-23), n’apporte-t-il pas des changements aux lois alimentaires ? 2° C’est pourquoi, d’autres commentateurs pensent que Jésus ne vise ici que la loi morale. Or, il n’est pas du tout évident que les chrétiens du Ier siècle faisaient la même distinction que nous entre loi morale, loi civile et loi cérémonielle. De toute façon, le verset 18 qui évoque « un seul iota, […] un seul trait de lettre » semble trop concerner l’ensemble de la loi pour permettre une telle restriction. 3° D’autres encore comprennent « accomplir » dans le sens de « valoriser » ou de « révéler la vraie signification de ». Cependant, ce verbe n’est jamais utilisé dans ce sens-là.

Dans le Nouveau Testament, le verbe « accomplir » concerne le plus souvent l’eschatologie. Autrefois, Dieu avait annoncé certaines choses ; maintenant, il « accomplit » sa Parole, il réalise ce qu’il a promis. C’est toujours le sens que Matthieu confère au verbe « accomplir » (qu’il utilise fréquemment). Jésus déclare donc ici qu’il n’est pas venu pour abolir la loi, mais plutôt pour mettre en œuvre tout ce que la loi prédisait. Cet accomplissement ne s’achèvera qu’à la fin des temps, lorsque tout ce que la loi avait prédit sera réalisé (v. 18). Cette interprétation suppose : 1° que la loi avait une dimension annonciatrice (chose courante dans le Nouveau Testament) ; 2° que Jésus indique la vraie signification de la loi et des prophètes, pas dans quelque sens abstrait, mais dans leur accomplissement prophétique, la vraie direction vers laquelle ils pointaient ; 3° que Jésus interprète sa propre mission comme l’accomplissement prophétique des promesses inhérentes à la loi et aux prophètes. Il ne se conçoit pas comme un personnage qui vient détruire tout ce qui l’a précédé pour reconstruire quelque chose sur les décombres, ni comme un personnage qui vient simplement maintenir une tradition antérieure. En fait, toute la révélation précédente oriente vers lui ; il est celui qui réalise toutes les attentes passées.

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