Deutéronome 21 ; Psaumes 108-109 ; Ésaïe 48 ; Apocalypse 18

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Dieu a beau susciter un Cyrus qui permettra aux Juifs de retourner à Jérusalem, le voudront-ils seulement ? Et s’ils acceptent de rentrer au pays et de rebâtir Jérusalem, seront-ils disposés spirituellement à renoncer au péché qui avait été la cause première de leur exil ? (Ésaïe 48).

Il semble que non. Officiellement, les Juifs prêtent serment au nom de l’Éternel. Malheureusement, ils invoquent le Dieu d’Israël, « sans vérité ni justice » (v. 1). Certes, les captifs se considèrent citoyens « de la ville sainte » (v. 2), c’est-à-dire de Jérusalem qui, au VIe siècle avant notre ère, n’était qu’un tas de décombres. Si Dieu avait prédit ces choses, y compris le retour du peuple, c’est qu’il savait très bien que de nombreux Juifs seraient tellement pris par l’idolâtrie babylonienne qu’ils seraient tentés d’attribuer aux idoles le mérite de leur retour (v. 3-6). Comme leurs ancêtres, ils sont têtus (v. 4), traîtres et rebelles (v. 8). Ils ont très peu appris du « creuset de l’adversité » (v. 10) et si Dieu ne les a pas entièrement exterminés, c’est par souci de l’honneur de son nom (v. 9-11). Il faut que le monde sache que c’est Dieu qui commande, pas Babylone. Il va donc de l’avant, même si le grave problème du péché parmi son peuple n’est pas résolu, pas même par l’exil.

Le tragique de la situation est que, même en exil, le peuple de Dieu n’a pas voulu écouter (v. 1, 12, 16-18). Toute l’histoire du peuple aurait été différente, riche de bénédictions inouïes, s’il avait prêté attention aux commandements de Dieu (v. 18-19). Sa « paix » aurait été « comme un fleuve », sa « justice comme les flots de la mer » (v. 18). Ce dont les exilés ont le plus besoin en ce moment même, c’est de quitter Babylone, pas physiquement, évidemment, puisque Cyrus n’est pas encore apparu dans l’Histoire et n’a pas ordonné leur retour, mais moralement et spirituellement. Si le peuple demeure dans son péché après avoir quitté Babylone, sa liberté retrouvée sera empoisonnée : « Il n’y a point de paix, dit l’Éternel, pour les méchants » (v. 22). Cet avertissement de validité permanente est tout aussi pertinent pour notre époque.

Cyrus, le serviteur de Dieu, ne fournira pas la réponse ultime. Il pourra certes libérer les Juifs de leur exil, mais ne parviendra pas à les affranchir de leur péché. Le décor est ainsi planté pour une nouvelle présentation du Serviteur de l’Éternel au chapitre 49. En fait, il réapparaît déjà de façon énigmatique au verset 16, car celui qui s’exprime là est revêtu de l’Esprit (comme en 42.1) et il est appelé par Dieu (comme en 49.1). Sa présence ne fait aucun doute au chapitre 49. C’est en lui seul que réside le secours du peuple de Dieu.

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